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Mai 68 : une filiation particulière

C'est en 1981 que j'ai découvert "Mai 68". Mon père m'en avait parlé. Passionné d'histoire, j'avais saisi en regardant la télé que certains des acteurs de cette époque, Dany Cohn-Bendit en l'occurrence étaient toujours en vie et en activité. J'en avais tiré la conclusion que la politique était la continuation de l'Histoire. Et puisque le mot d'ordre était "révolution", eh bien, oui, il fallait être révolutionnaire. Mais révolutionnaire pour entrer en politique, sans désigner d'ennemi... Un peu court en effet. En 1986, j'avais dévoré le livre de Dany, aujourd'hui épuisé, "nous l'avons tant aimée la révolution" et le documentaire diffusé à l'époque. On y voyait des images des années 60 et 70. Je me souviens en partie de Jimi Hendrix et Joe Cocker à Woodstock et Won't get fooled again des Who qui illustrait une séquence de violences policières.

Bobby Seale, Abbie Hoffmann, Jerry Rubin, Serge July, Michel Chemin, Fernando Gabeira, Andriana Faranda, Jeane Alpert, Adam Michnik... voilà quelques premiers noms qui sont restés dans ma mémoire. Pêle-mêles, ce sont des "ex" révolutionnaires, gauchistes, brigadistes, journalistes, dissents...

Récemment, dans la foultitude des publications parues pour "commémorer" les événements de Mai 68, j'en ai choisi deux. Le livre d'Alain Geismar et celui de Virginie Linhart. 9583443 Geismar, on le croise volontiers dans les réunions du Parti socialiste. Ce petit homme poivre et sel n'a rien dans son apparence qui permette de penser qu'il fut le troisième homme de la troïka qui a "animé" le mouvement, ni plus tard, un des dirigeants de la Gauche prolétarienne. Voilà un cas d'école sur le décalage qui existe entre le statut de figure historique et le "physique".  Plus présent dans nos rangs socialistes que d'autres, Geismar ne vit pas à la hauteur de sa propre histoire. Homme libre, il s'en est émancipé et quand on l'entend prendre la parole lors des réunions, on l'écoute, mais il ne fait pas d'effets de manche. D'une certaine manière, "il a déjà donné". Son livre en ce sens était donc un événement. Mais au final, il se raconte trop vite. A-t-il cédé à la facilité éditoriale du moment ? Dommage en tout cas... Cela dit, c'est un document distancié sans négation ni regret sur une période que pour le coup, beaucoup regrettent ou diabolisent. Et tel que le livre est écrit, on se dit qu'on avait tort de penser à l'époque que "tout est politique"... LinhartVirginie Linhart, je l'ai rencontrée lors de la campagne interne du Parti socialiste en 2006. Elle réalisait avec Hugues Nancy que j'avais connu dans les rangs du MJS un documentaire sur la primaire. Elle avait déjà réalisé Histoires de gauche quelques années auparavant. "Fille de", elle devait bien un jour ou l'autre mettre sa propre filiation en images et en mots. Elle a publié "le jour où mon père s'est tu". Un livre dans lequel elle raconte sa relation avec son père, Robert Linhart, le chef de fil des ulmards qui sont passé de l'althusserisme au maoïsme monastique dans les années 1966-1973 environ. C'est aussi un livre d'entretien dans lequel elle est partie à la rencontre des enfants, aujourd'hui anonymes, des héros d'hier. Un premier signe intéressant c'est que dans la grande majorité des cas, ces enfants ne se connaissaient pas forcément. Ils n'ont pas grandi ensemble. Ayant subi la jeunesse de leurs parents, ils en ont gardé un sens aigu de l'individualisme, mais ils ne sont pas nécessairement dans le rejet. S'il n'y a aucune raison de tirer des caractères communs, on peut néanmoins y voir une réflexion sur l'articulation entre une vie militante et une vie de famille.

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Toutes les France

Ttfce Lundi 5 novembre, j'étais l'invité d'Ahmed El Kheiy dans son émission Toutes les France, diffusée à 19h45 sur France Ô. L'émission est maintenant aussi disponible sur le site de la chaîne. Elle dure 52 minutes.

Ce programme a l'intérêt d'être le seul de ce genre dans le service public où l'on peut débattre de divers sujets sans qu'il s'agisse des éternels experts abonnés aux plateaux télé. Puisque nous sommes dans une société médiatique, le fait de donner la parole à des personnalités plus diverses est un élément d'enrichissement du débat démocratique.

J'y participe avec Karim Zeribi, Gaston Kelman et la démocraphe France Guerin-Pace sur le thème "Qui sont les Français ?"

Un sujet intéressant, truffé de lieux communs si on n'y fait pas attention. L'approche de France -Guérin-Pace, qui travaille à l'INED me plaît particulièrement car cette chercheuse qui est géographe de formation, a décidé de travailler sur la notion de territoires. En étudiant les parcours des gens qu'elle interroge, elle constate une diversité des trajectoires qui fait qu'on s'identifie certes à des origines, à une histoire, mais aussi aux lieux où l'on vit, où l'on a vécu, voire à ceux où l'on souhaite vivre, même sans jamais y avoir mis les pieds.

Le territoire est donc un lieu d'identification, un facteur de fierté comme de discrimination aussi. les migrations choisies ou subies créent une transversalité des parcours qui permettent de tordre le coup aux réflexes trop fréquents de "renvoi aux origines".

Le sentiment d'appartenance ne se construit pas de la même manière selon que l'on se sent intégré sur le plan économique, social ou culturel, selon que l'on se sent exclu ou non. L'éducation joue ici, une fois encore un rôle majeur.

Selon notre capacité à objectiver les rapports à l'identité, notre capacité à trouver notre place dans une société multiculturelle qui ne s'assume pas, nous pouvons plus ou moins facilement nous émanciper d'une histoire que certains comme Kelman peuvent penser comme "contraignante". Pour l'écrivain à succès qui a justifié la création du ministère de l'identité nationale et de l'immigration, l'identité c'est ce qu'on est et pas ce que l'on nous renvoie. Je ne crois pas que les choses soient si simples.

Avec Karim Zeribi, nous convergeons sur le rôle de la République. La nation est un concept de gauche à l'origine qui n'a rien à voir avec une quelconque notion ethnique. Il faut que la République continue de fonctionner dans une société tiraillée par toutes sortes de replis à cause de la mondialisation, à cause du doute dans le "génie français".

C'est de nouveaux héros, de nouveaux modèles, de nouveaux mythes fondateurs dont on a besoin pour que les Français banalisent la réussite de ceux qui ne ressemblent pas au "groupe majoritaire". Le malheur est que les élites se reproduisent selon les mêmes rites et que l'on pense le "métissage" de manière superficielle, en étant l'otage des conventions morales et des risques électoraux. On parle donc de "diversité républicaine", on fait dans l'image, mais rien n'infuse. Si on ne s'attaque pas à l'éducation à tout ce qui forme les imaginaires, on n'y parviendra pas et les constats d'échec nourriront les replis identitaires.
Il s'agit de dépasser l'Histoire qui peut expliquer beaucoup de choses, mais qui ne doit rien justifier. La question doit devenir politique : veut-on construire un projet commun ? Si oui, comment ?

On ne peut pas non plus penser cette question sans dire un mot sur l'individualisme. Par le passé, l'engagement se faisait dans des causes politiques totalisantes car il existait encore des messianismes idéologiques et parce que l'on pensait que l'intégration économique et politique étaient le moyen de réussir l'intégration sociale. Aujourd'hui, chacun retire ses billes. On recommence à faire le tri. "Puisque la France ne veut pas de moi, je ne veux pas d'elle", "la France aimez-là ou quittez-là", on fait de "l'immigration choisie" un programme politique...

Bref, si on parvient pas à créer les conditions d'une communauté de projet, on nourrira les bases d'une société du rejet.

Pharaon

Pharaon_affjpg
Ce soir, sur Histoire, la chaîne de télévision du câble, un rare film polonais de Jerzy Kawalerowicz, Pharaon. Une fresque historiques qui évoque le règne de Ramsès XIII aux prises avec le clergé thébain pour asseoir son pouvoir dans une Egypte déclinante. On va vers ce que les historiens appellent d'ailleurs la "Basse époque.

Ce film est probablement la meilleure fiction sur l'Egypte ancienne.

Pour une analyse bien fouillée du film...

Rome - saison 2 - vers le Principat

Rome La saison 2 de Rome a été diffusée au début de l'année aux Etats-Unis. La série, produite par HBO et la BBC devrait être diffusée bientôt sur Canal plus. La première saison a recueilli bien des acclamations. Lucius Vorenus et Titus Pullo, légionnaires de la XIIIe légion ont combattu dans la Guerre des Gaules. Démobilisés, ils sont les témoins ou les acteurs malgré eux des derniers soubresauts de la République romaine confrontée à l'agrandissement de l'Empire et aux ambitions des uns et des autres. La société romaine bouge, mais le sénat s'obstine à maintenir un ordre ancien. Jules César veut profiter de ses lauriers pour gouverner. Pompée se laisser persuader qu'il faut éliminer son ancien allié. Après l'assassinat de César, Antoine assure une forme de régence puisqu'il conteste le pouvoir du jeune Octave, successeur désigné de César. Le conflit grandissant entre les deux hommes pousse Antoine à s'allier à Cléopâtre, espérant pouvoir battre Octave et revenir à Rome en sauveur. Mais, Octave a restauré la paix et les valeurs romaines et face à Antoine, devenu un "oriental", manipulé par Cléopâtre, il finit par vaincre.

Ca c'est pour la "grande histoire", revisitée avec une certaines liberté par les scénaristes. Pour la petite, les deux saisons demeurent comparable sur la description de la vie quotidienne, de la vie familiale ou de la place de la religion.

Les quelques anachronismes dans le langage ou dans certaines pratiques (on se drogue en fumant) n'altèrent pas trop la qualité du travail qui est une excellente introduction à la Rome antique et un bon sujet de politique, étonamment contemporain. Même si Cléopâtre n'échappe pas à la vision romantique classique d'une intrigante, intelligente et dépravée.

L'émergence d'un nationalisme juif, la place grandissante des affranchis, le combat pour la moralité, l'austérité comme vertu, la question de l'identité confrontée à l'ouverture... Tout cela est restitué avec cette vision intéressante vieille comme le monde : les despotes ou les hommes puissants s'imposent toujours par une forme de violence face à des groupes d'hommes qui sont lâches ou animées d'intentions justes, mais qui ont une étrange capacité à s'impuissanter.

Après le triomphe d'Octave, devenu Octavien, on l'appelera Auguste et ce sera le Principat, c'est-à-dire, que désormais Rome sera gouvernée par des empereurs. Mais c'est une autre histoire.

Tropiques amers : mi mangé cochon !!

Quel foutoir ! La diffusion, depuis le 10 mai de la série Tropiques amers sur France était pleine de promesses. Pour la première fois, le service public produisait un feuilleton sur l'esclavage. D'emblée, on se plaisait à dire, dans cette bonne vieille république, les choses vont lentement, mais on y arrive. Les films de Guy Deslauriers, sur Delgrès ou les autres révoltes d'esclaves passant trop inaperçus dans l'hexagone.

On pouvait aussi comparer cela à Racines ou Amistad, qui ont une valeur pédagogique incomparable sur ce sujet. Et là, la déception est grande.

Tropiques amers est truffé d'inconséquence. O bien sûr, le film parfait, qui ne soulèvera aucun critique n'existe pas. Mais quand même.

Les bonnes choses d'abord. Le mérite d'exister. L'évocation de la Martinique esclavagiste sur fond de révolution française avec les bouleversements que l'île a connus lèvent un pan de voile sur cette terrible époque. Et l'on perçoit un peu ce que fut le système abject de la déportation et de l'esclavage des nègres.

Les mauvaises choses. Mais voilà. Tout est gâché par une logique de banalisation qui laisse voir des nègres au fort bel accent de France, relativement bien éduqués dans l'ensemble. Tel femme aux rondeurs bien présente laisse penser qu'elle mange plus qu'à sa fin, tel autre sait lire et écrire, tel autre encore est tout simplement un Caraïbe. Et surtout, quand vient se greffer sur cette histoire sanglante, des intrigues amoureuses dignes d'un Dallas tropical, on se dit qu'on nous mène en bateau vers des mirages bien éloignés des rivages de la vérité ou de la conscience. Tropiques amers va-t-il aider à mieux informer ou éduquer sur l'esclavage ? Si on se fait fort d'une diffusion le jour de la commémoration, que va-t-on retenir dans les chaumières du Berry ? L'horreur ou les parties de jambes en l'air sous l'oeil des zombies et autres soucougnans ?

Rome, la saison 2

La saison 2 de la série Rome débute aux Etats-Unis sur HBO le 14 janvier avec comme titre : Servilia est une meutrière. La première série de douze épisodes nous avait mené de la fin de la guerre des Gaules aux Ides de Mars. Le meurtre de César, tout en correspondant à des mobiles politiques clairs, est aussi le vœu de Servilia, la maîtresse éconduite du défunt et la mère de Brutus, le chef des conjurés. Présentée comme la chronique des événements contemporains de la chute d'une république et de la naissance d'un empire, la série qui vient d'être rediffusée sur Canal plus pendant les fêtes va donc revenir sur les écrans américains avant d'arriver en France probablement à l'été.

Octavien devient un homme et le chef de file de ceux qui veulent venger César. Il sera intéressant de voir comment ce précieux garçon, cruel et inexpressif sous ses airs frêles va devoir s'entendre avec Antoine dont le caractère de feu, alcool et dépravé ne lui correspond pas du tout. C'est une des grandes réussites de la série de bien restituer ainsi la psychologie des personnages.

Episode 20 - Pourquoi nous combattons

Les Rotman méritent une place à part. Depuis des années, des brûlures de l'Histoire aux documentaires sur Arte ou France télévision, les productions de la société Kuiv, ils font un travail formidable. A l'heure où la télévision prend le part sur l'écrit, ils contribuent à façonner une mémoire militante excellente.

Le dernier opus, Chirac vient d'être diffusé sur France 2. L'occasion de revenir sur ces quarante ans de politique rythmés par les trahisons, les excès et les moyens les plus ingénieux pour ne faire qu'une chose : durer.

Voir ce documentaire permet de se rendre compte de l'ampleur de l'avilissement de la fonction présidentielle. C'est cela qu'il faut changer. Un président qui soit un acteur, un décideur et un visionnaire.

Qu'on ne se laisse pas piéger par la promesse de "la France d'après" de Sarkozy. En 1995, on avait tenté de nous avoir avec "la France pour tous". On a vu, dès l'automne ce que cela avait donné.

Nicolas Sarkozy, le meilleur clone de Chirac, la véhémence en plus sera le pire cauchemard pour le pays. C'est pour cela aussi qu'il faut que la gauche gagne. C'est un des éléments de la campagne interne. Qui des trois candidats socialistes à l'investiture est le mieux armé pour battre cette droite-là ? Qui est le mieux armé pour décimer par son programme, par sa dynamique, par le rassemblement qu'il pourrait inspirer la droite qu'on a en face ? Qui, sur un plateau télé sera capable de prononcer une de ces petites phrases qui font bouger l'histoire parfois ? Qui saura rabattre son caquet à ce roquet de Sarkozy ?

C'est pour trouver le meilleur candidat capable de battre la droite que nous combattons.

Rome : Vivement la deuxième saison

Rome3 La saison 1 de Rome vient de s'achever. Doublement tragique. Vorenus a découvert le terrible secret de Niobe et dans un accès de folie, alors qu'il avait retrouvé l'amour de sa femme, il la tue. Ce faisant, il manque à son devoir, puisqu'il ne peut protéger César... Les ides de mars 44 avant Jésus-Christ ont eu lieu, César a été assassiné par les sénateurs emmenés par Brutus et Cassius.

Une autre série de douze épisodes sera en production en mars 2007.

Ce sera une période encore plus troublée. Antoine devient l'homme fort du régime et avec Octave, ils pourchassent les conjurés pendant deux ans. Entre temps, les proscriptions déciment les patriciens au premier rangs desquels Cicéron donc les mains et la tête seront clouées sur les Rostres en 43. L'année suivante, la bataille de Philippes sonnera la fin de la guerre civile. Le deuxième Triumvirat (Octavien-Antoine-Lépide) permet de ramener la paix dans l'Empire, mais une fois les ennemis battus, rien ne résiste au conflit montant entre les deux héritiers politiques de César. On connaît la suite. Antoine s'allie avec Cléopâtre, défie Rome et affronte sans succès Octavien à Actium en 30.

La victoire d'Actium qui assure à Rome la conquête de l'Egypte, grenier de l'Empire, va permettre à Octave de réussir là où son grand oncle avait échoué : faire évoluer la République romaine vers un régime monarchique qui n'est pas la royauté. Le temps des empereurs romains est venu.

On le voit dès la fin de la saison 1, le problème politique de l'évolution du régime se heurte aux conservatismes. On pourrait croire les républicains simplement opposés à la tyrannie d'un seul homme. Ils sont hostiles aux évolutions que Rome doit connaître à mesure que l'Empire s'étend. On entend Cicéron s'opposer à la nomination d'un plébeien comme sénateur lançant à César : "bâtis un temple, tue quelqu'un, mais pas ça !".

C'est ce conservatisme social et ethnique qui a tué la République. Déjà la Guerre sociale de 90-88 avait été provoquée par le refus du Sénat d'accorder la citoyenneté romaine aux Italiens. Dans la série, on voit un César désireux de faire rentrer des Celtes à la Curie, provoquant l'ire des sénateurs qui y verront un acte de tyrannie et un prétexte de plus pour le tuer.

Avec l'Empire, c'est le syncrétisme qui sera à l'honneur : la religion, acte public et politique, intègre les cultes des provinces conquises et les Empereurs vont chercher à intégrer autant que possible les Barbares jusqu'à l'édit de Caracalla de 212 qui accorde le droit de cité à tous les hommes libres qui vivent dans l'Empire.

Comme quoi, la question de l'intégration est vieille comme le monde...

Rome

En ces temps où la politique est pipolisée, la série Rome, diffusée depuis fin juin sur Canal + est un vrai bonheur. J'en avais déjà parlé il y a quelques mois sur ce blog. Un bonheur d'autant plus grand que le premier tome de la deuxième époque de Murena est lui aussi disponible.

Une vision brutale, glauque et crue de la république déclinante avec ses intrigues, ses héros et ses monstres...

Ce qui est très bien montré c'est le caractère éminemment politique de la religion. Elle se présentait en effet comme l'occasion pour les citoyens de montrer publiquement leur dévotion. Pas étonnant que le titre de pontife soit très prisé dans les carrières politiques et que plus tard, à l'époque impériale, la déification des césars soit quasi-automatique. On peut s'interroger sur le paradoxe qui fait que la religion romaine avec ses rites coexiste avec une culture nourrie de philosophie grecque dont certaines idées conduisent au scepticisme à l'égard de la religion.

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Le personnage de César a finalement quelque chose de toujours très actuel. Ce patricien a pris le parti du peuple et il lutte donc contre les conservateurs, majoritaires au Sénat. Ceux-ci organisent leur ralliement à mesure que Pompée s'affaiblit, mais tout s'arrête au désir de la curie de garder ses prérogative. Souvent gouvernée par la peur, la curie adore ce qu'elle a abhoré et vice versa. Pompée pourra lâché par les siens et trahi par le jeune Ptolémée qui croyait bien faire. César mourra aux portes de la fonction suprême, poignardé par ceux-là même qui au nom d'une pureté des institutions qu'ils ne veulent même pas débarrasser de leur faiblesse n'ont plus d'autre choix que l'élimitation du dictateur...

"Vox populi, vox dei" dit le vieux proverbe latin, mais ce même peuple que l'on achète avec du pain et des jeux, est déraisonnablement humain : versatile, ingrat et amnésique !

Retour sur Goldman

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France 3 a diffusé un documentaire controversé sur un sujet controversé qui met un scène un personnage... controversé. Mickaël Prazan, déjà auteur d'un livre sur Pierre Goldman revient avec un documentaire sur son assassinat en 1979.

Avec un peu de recul, quand on repense à Goldman, faut-il retenir uniquement la manière dont il est mort surtout quand on sait qu'on ne saura jamais la vérité ? Avant de voir ce film, c'est la réflexion que je me fais. En tout cas, c'est n'est pas ce qui m'intéresse chez ce "juif polonais qui parlait créole" et qui a fait beaucoup pour l'introduction de la musique sud-américaine en France.

Il est bon de se souvenir "convenablement" de ce camarade qui fut sans le souhaiter aussi, une icône. Et à l'heure où Libé traverse une crise importante, tout ça ne laisse pas indifférent. Tant pis pour les esprits chagrins qui n'y verront que de la nostalgie. Au passage, Soutenez les salariés de Libé.

Après avoir vu ce documentaire, le sentiment est partagé. D'abord, on est content qu'il existe. Mais la frustration vient vite. Comme je l'ai dit, Goldman ça ne se résume pas au banditisme. Evoquer Goldman sans obtenir un témoignage de Kravetz, Grumbach, Debray, July, Péninou, Prisca Bachelet etc... Et pourtant, il a trouvé un producteur, et non des moindres, Michel Rotman (Kuiv productions) qui avait déjà eu de meilleures idées (Générations, Histoires de gauche, la foi du siècle etc...). Si cela permet de rouvrir un débat qui restitue l'essentiel sur Goldman, au moins, le livre et le film auront servi à quelque chose. Mais je suis pessimiste !

Lire ma note sur la bio de Goldman

Européennes 2009 : c'est notre affaire !

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