Une défaite politique...
Cruelle déception ce soir. pas de mots pour dire le sentiment de gâchis après la défaite des Bleus face aux Pumas. Le félin argentin a plumé la volaille gauloise sur un résultat sans appel, la plus lourde défaite des Français face aux Argentins. Tout d'abord une vraie tristesse quand on pense que c'était la fin de la carrière internationale de Pelous, de Villiers et Dominici. C'est une époque qui s'achève sur une amertume. On peut battre la meilleure équipe du monde, mais on a du mal à s'en remettre pour transformer l'essai...
Dommage aussi pour Elissalde, Martin, Marty, Thion ou Dussautoir qui ont fait un très bon match. Alors que le rideau se referme sur une fête gâchée, le vent de la colère va se lever pour chercher des têtes. Cette défaite clôt une semaine sombre pour Sarkozy qui a donné le sentiment que l'arrogance du pouvoir touchait ses limites. On dira que cela n'a rien à voir avec le sport, mais si Sarkozy a tenté de surfer sur la coupe du monde de rugby. C'est raté.
L'impopularité de Laporte n'est pas nouvelle. Il y a comme un paradoxe dans cet homme. Il n'a pas laissé un souvenir impérissable en tant que joueur dans le grand public, même si on lui doit en partie la renaissance du Stade français. Homme de communication, il a probablement accompagné la fin du cycle de professionalisation du rugby français si on considère que maintenant, les joueurs français sont souvent des stars. Même les profanes se souviennent mieux de certains noms. Les Michalak ou Chabal en sont les symboles. On a souvent critiqué ses choix. Maintenant, on va tourner la page. Son entrée dans le gouvernement sera pour lui l'occasion de démontrer une autre dimension. Ironie de l'Histoire, le stade français a donné un autre joueur à la politique, il y a longtemps. Lui aussi était passé par Bordeaux. c'était Jacques Chaban-Delmas...
Je n'ai rien écrit sur ce qu'on peut appeller "l'étrange défaite du XV de France" la semaine dernière face aux Anglais en demi-finale de la Coupe du monde de rugby. L'envie de penser à autre chose probablement. On y croyait quand même un peu. A notre rendez-vous traditionnel au Bérêt basque, à côté de la Gare du Nord, nous avons pourtant rodé nos slogans. Notamment, quand les Anglais ont entonné leur fameux "Swing low swing chariot", quelques gars leur ont lancé une riposte que les Gallois leur avaient appris à Cardiff : "you can put your fucking chariot in your ass" sur l'air de "je descends de la montagne à cheval" ! Ils étaient bien plus surpris que choqués... Eux-mêmes avaient détourné notre Marseillaise en une chanson paillarde où il était question de Français allant "aux lieux" et en sortant sans papier toilette... 
La victoire des Bleus contre les Irlandais n'a qu'un mérite. Celui d'exister car le match ne fut pas du niveau qu'il faudra pour aller au-delà des quarts. On ne va pas chipoter, la France ne devait pas perdre et elle n'a pas perdu. Mais on va quand même rejoindre la cohorte des 62 millions de sélectionneurs - au passage moins fort en gueule quand il s'agit de rugby que de foot. Le match a montré quelques éléments pathogènes du XV de France qui risquent de nous coûter cher. D'abord, Chabal. Finalement, il n'a pas changé de look, malgré ce qu'il avait laissé croire hier. On a fait des louches sur le fait qu'il jouerait dès le début du match. Mais "The Cave Man" n'a pas brillé par sa puissance physique sur le terrain. Sa capacité de motivation a joué pleinement, mais pour le show, ce n'était pas la même chose que la semaine dernière. Une preuve supplémentaire, que l'homme peut être l'ombre de son image. Un enseignement à tirer pour ceux qui aiment jouer aux cow-boys et aux indiens en faisant de la politique.
Certes, c'était la Namibie. Comme dit Laporte, "le plus dur, le plus beau reste à faire". Mais bon, il fallait un match comme celui-là pour se dire que la défaite face à l'Argentine, ce n'était pas une fatalité. La question était moins de savoir si le XV gagnerait que de savoir comment. Ce fut fait en beauté et dans les grandes largeurs. Elissalde est probablement le numéro 9 qu'il faut. A condition que Laporte cesse ses changements intempestifs. Heymans jouant à sa place ou Chabal utilisé autrement que pour "doper" et voilà le résultat.



Dans un mois exactement, la sixième coupe du monde de rugby va changer la forme de la Terre pour quelques semaines et pour la plus grande joie des amateurs de ce sport qui est plus qu'un autre, un art de vivre.
Les commentaires récents