Le sectarisme, maladie sénile du trotskisme
Une minute d'émotion après la lecture dans Politis de l'entretien que Christian Picquet accorde à Michel Soudais suite à sa "dépermanentisation", c'est-à-dire son licenciement de la LCR... Dans une colonne à côté, Krivine donnait "la ligne officielle" du Parti. Picquet, l'éternel minoritaire, je l'avais vu, jeune militant au Manifeste contre le front national venir avec ses polo Lacoste à manches longues venir ferrailler contre Alain Bergounioux il y a un peu moins de quinze ans. Un esprit vif et clair. C'est fou d'ailleurs le nombre d'historiques de la Ligue qui ne se retrouvent pas sur la ligne d'Olivier puisqu'il y avait aussi, d'une certaine manière Bensaïd.
Picquet qui a toujours été sur une orientation d'unité de la gauche radicale dans un rapport de "poil à gratter" avec la social-démocratie. Son courant "unir" a un blog dont tous les articles sont signés du même auteur... Il tance Besance sur son affaire de collectifs unitaires de la gauche anticapitaliste car il a bien perçu la contradiction de la Ligue qui est celle de toute organisation léniniste : comment être "dedans" tout en contrôlant. Dur !
Alors la Ligue, celle qui a pignon sur rue est à la croisée des chemins : l'ouverture et la modernisation au risque de la dissolution puisque les jeunes qui viennent à la Ligue considère que l'Histoire commence avec le Che, ou alors la crispation sur les vieilles manies. Ca ne l'éloigne pas tant que cela de LO qui s'est allié, lisez bien, allié avec la social-démocratie à l'occasion des élections municipales ce qui va poser des questions sérieuses aux hardis camarades talibans du trotskisme jésuitique.
Et puis la troisième voie, celle des orphelins du lambertisme qui ont lancé l'idée d'un Parti ouvrier indépendant (POI), près de 18 ans après l'apparition du Parti des travailleurs. Indépendant de quoi ? des autres courants du mouvement ouvrier ? Probablement car à y regarder de près, les vieilles querelles du passé, celles sur Ta Thu Thau, sur le pablisme, la scission de 1952, la nature de l'Union soviétique, etc...
D'ailleurs, il y a déjà eu un parti ouvrier internationaliste entre 1936 et 1939, le temps d'une guerre civile comme les trotskistes en ont virtuellement connu. Fondé avant la création de la IVe Internationale, il réunissait des exclus de la SFIO qui finirent par rejoindre le parti pivertiste, PSOP. Si reconnaît dans le nouveau POI la traditionnelle filiation des lambertistes aux origines, force est de constater que la filiation demeurera également dans le caractère groupusculaire du mouvement. Il ne peut en être autrement, à moins de renouer avec la culture unitaire, autre gène structurant du mouvement ouvrier. Mais les vieilles manies ont la vie dure.
Pourquoi ne pas faire un seul grand parti ?
"Du passé faisons table rase" chante-t-on encore dans ces partis vieillissants, mais par contre, le Front unique c'est toujours pas pour demain. A croire que sur bien des points, ce que les trotskistes sages lecteurs des bons textes de Lénine et Trotsky ont parfois rêvé, la social-démocratie l'a fait.
Bien sûr, on aura droit à un procès en trahison, mais c'est là que vient la limite de l'idée de révolution qui est pour eux une raison d'être. On ne fait pas la révolution dans une démocratie et surtout, pour défendre ses positions et avancer, l'idée est d'occuper le plus de positions dans le plus d'endroits possibles. C'est pourquoi les socialistes eux, arrivent à gouverner et à passer des slogans aux actes, même si le bilan est insuffisant, ils sont plus utiles à la classe ouvrière quand ils sont au pouvoir que ceux qui ne font que se payer de mots au propre comme au figuré.
Dans le monde du journalisme en ligne, voici un nouveau venu. Rue89. Lancé par des anciens de Libé; rue89 a vu le jour le 6 mai dernier. Le journal en ligne annonce que le JDD disposait d'une info de première. Cécilia Sarkozy n'aurait pas voté le 6 mai et que l'actionnaire majoritaire, Lagardère, du journal aurait censuré l'info. Depuis, le serveur hébergeant le site de Rue 89 est en rade. Coïncidence, attaque ou fréquentation excessive du site ?
Depuis quelques jours j'écris dans l'Hebdo des socialistes. L'occasion de laisser driver son esprit et sa plume sur le métier de journaliste partisan.
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