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Le sectarisme, maladie sénile du trotskisme

Une minute d'émotion après la lecture dans Politis de l'entretien que Christian Picquet accorde à Michel Soudais suite à sa "dépermanentisation", c'est-à-dire son licenciement de la LCR... Dans une colonne à côté, Krivine donnait "la ligne officielle" du Parti. Picquet, l'éternel minoritaire, je l'avais vu, jeune militant au Manifeste contre le front national venir avec ses polo Lacoste à manches longues venir ferrailler contre Alain Bergounioux il y a un peu moins de quinze ans. Un esprit vif et clair. C'est fou d'ailleurs le nombre d'historiques de la Ligue qui ne se retrouvent pas sur la ligne d'Olivier puisqu'il y avait aussi, d'une certaine manière Bensaïd.

Picquet qui a toujours été sur une orientation d'unité de la gauche radicale dans un rapport de "poil à gratter" avec la social-démocratie. Son courant "unir" a un blog dont tous les articles sont signés du même auteur... Il tance Besance sur son affaire de collectifs unitaires de la gauche anticapitaliste car il a bien perçu la contradiction de la Ligue qui est celle de toute organisation léniniste : comment être "dedans" tout en contrôlant. Dur !

Alors la Ligue, celle qui a pignon sur rue est à la croisée des chemins : l'ouverture et la modernisation au risque de la dissolution puisque les jeunes qui viennent à la Ligue considère que l'Histoire commence avec le Che, ou alors la crispation sur les vieilles manies. Ca ne l'éloigne pas tant que cela de LO qui s'est allié, lisez bien, allié avec la social-démocratie à l'occasion des élections municipales ce qui va poser des questions sérieuses aux hardis camarades talibans du trotskisme jésuitique.

Et puis la troisième voie, celle des orphelins du lambertisme qui ont lancé l'idée d'un Parti ouvrier indépendant (POI), près de 18 ans après l'apparition du Parti des travailleurs. Indépendant de quoi ? des autres courants du mouvement ouvrier ? Probablement car à y regarder de près, les vieilles querelles du passé, celles sur Ta Thu Thau, sur le pablisme, la scission de 1952, la nature de l'Union soviétique, etc...

D'ailleurs, il y a déjà eu un parti ouvrier internationaliste entre 1936 et 1939, le temps d'une guerre civile comme les trotskistes en ont virtuellement connu. Fondé avant la création de la IVe Internationale, il réunissait des exclus de la SFIO qui finirent par rejoindre le parti pivertiste, PSOP. Si reconnaît dans le nouveau POI la traditionnelle filiation des lambertistes aux origines, force est de constater que la filiation demeurera également dans le caractère groupusculaire du mouvement. Il ne peut en être autrement, à moins de renouer avec la culture unitaire, autre gène structurant du mouvement ouvrier. Mais les vieilles manies ont la vie dure.

Pourquoi ne pas faire un seul grand parti ?

"Du passé faisons table rase" chante-t-on encore dans ces partis vieillissants, mais par contre, le Front unique c'est toujours pas pour demain. A croire que sur bien des points, ce que les trotskistes sages lecteurs des bons textes de Lénine et Trotsky ont parfois rêvé, la social-démocratie l'a fait.

Bien sûr, on aura droit à un procès en trahison, mais c'est là que vient la limite de l'idée de révolution qui est pour eux une raison d'être. On ne fait pas la révolution dans une démocratie et surtout, pour défendre ses positions et avancer, l'idée est d'occuper le plus de positions dans le plus d'endroits possibles. C'est pourquoi les socialistes eux, arrivent à gouverner et à passer des slogans aux actes, même si le bilan est insuffisant, ils sont plus utiles à la classe ouvrière quand ils sont au pouvoir que ceux qui ne font que se payer de mots au propre comme au figuré.

Journalistes, profitez des congés payés, ça nous fera des vacances !

Alors que Lionel Jospin a passé le cap des 70 ans jeudi et que vendredi 13 tout le monde ou presque a joué au loto ou repassé ses médailles pour un beau 14 juillet, on ne peut lacher la souris. Elle se ballade sur le site, au hasard de Libé et au hasard toujours, elle effectue un arrêt sur image avec le billet de Schneiderman au sujet de la compatibilité de la libido de DSK avec non pas l'étalon or mais la bonne morale anglo-saxonne...

Que de monde subitement dans le slip de DSK ! De Quatremer à je ne sais qui, Libération, oui, le bien nommé se surprend à un mélange des genres assez débile. C'est un principe machiste de croire que lorsqu'une femme gouverne, on peut la gouverner elle par le cul. C'est une dérive assez détestable qui veut tenter de faire de la sexualité d'un dirigeant politique un sujet d'actualité. Certes, il n'y a peut-être plus grand chose à se mettre sous la plume, mais quand même.

Il y a exactement un an, d'autres avaient tenté le coup avec Sexus politicus - on a fini avec au deuxième tour de la présidentielle deux cornards comme dit Cheval dans le dîner de cons. Deux candidats qui ont exhibé leur vie privée et exploités leurs déboires conjugaux...

Alors amis journalistes, faites nous plaisir ! Partez en vacances ! La gauche a inventé les congés payés, profitez-en !

Rue89 à la rue...

Sarkothatcherrue89 Dans le monde du journalisme en ligne, voici un nouveau venu. Rue89. Lancé par des anciens de Libé; rue89 a vu le jour le 6 mai dernier. Le journal en ligne annonce que le JDD disposait d'une info de première. Cécilia Sarkozy n'aurait pas voté le 6 mai et que l'actionnaire majoritaire, Lagardère, du journal aurait censuré l'info. Depuis, le serveur hébergeant le site de Rue 89 est en rade. Coïncidence, attaque ou fréquentation excessive du site ?

Question noire et problème blanc

L'édition de Libé d'hier porte sur le malaise qui règne chez les noirs en France face à la mollesse des réactions suite aux propos de Georges Frêche et Pascal Sevran. Le soutien que Frêche a reçu de la part d'élus languedociens et que Sevran a reçu de la part de Bertrand Delanoë et Jack Lang aggrave le constat, surtout quand on sait qu'à l'autre bout, la visite de Dieudonné à la fête des BBR et la candidature de Claude Ribbe à Sarcelles face à Strauss-Kahn ne facilitent pas les choses.

Alors que tout le monde ne pense qu'à la présidentielle et que surtout, il ne faut pas diviser, la questio noir et le problème blanc sont relativisés et leur solution renvoyée aux calendes grecques. Les uns s'en débarrassant comme d'une patate chaude en réduisant la chose à une question de communautarisme et les autres mettant en avant que les Noirs entre eux ne sont pas clairs - si on peut dire - et qu'il y en a marre de la culpabilisation.

Avant tout, faisons en une question politique puisqu'elle est aussi sociale et culturelle avant qu'elle ne devienne une question uniquement identitaire.

Beaucoup a déjà été dit et écrit sur le sujet. Il existe une contradiction fondamentale pour commencer. Il faudra bien tenter de résoudre sans violence ce problème puisqu'il est né de la violence, celle de de l'esclavagisme et du colonialisme et qu'il a été perpétué par le racisme. En effet, l'esclavage ne procède pas que d'un choix économique. Il fut aussi théorisé par des intellectuels de même que le racisme fut légitimé par des représentations dont certaines, au nom de l'humour subsistent encore - la réapparation des pubs "Banania Y'a bon" en est le dernier exemple. Dans les années 80, on se souvient du succès d'un humoriste comme Michel Leeb.

Dans notre société ultra-laïque, la réticence à la repentance est compréhensible. Mais il est difficile d'aborder l'avenir en faisant comme si de rien n'était. L'amnésie ne vaut pas amnistie. La majorité blanche en France en a marre de devoir se remettre en cause, mais c'est un retour de bâton normal. Après des siècles de domination où l'occident a imposé son modèle au reste du monde, il était prévisible qu'à l'heure de la mondialisation, il se produise une sorte de désir de régulation généralisée. On le réclame sur le plan économique. Elle est sensée exister sur le plan politique. Un Français catholique blanc et gaulois n'a pas de mémoire blessée. Il n'a pas la même conscience de son humanité qu'une personne dontt l'identité constitue à un moment où à un autre un frein. Pour être plus cru, l'homme occidental est le seul individu de la planète qui n'a pas eu à nourrir le désir d'être un autre et de se détester lui-même à cause de l'hégémonie d'une autre civilisation et d'un autre modèle.

Tout est là. La revendication ne sera jamais assez satisfaite pour les uns et elle sera toujours exaspérante pour les autres. On a le sentiment qu'il faut finalement "se faire une raison et ne plus trop la ramener, parce que ça va, on a compris".

Alors comment en sortir ? Il faut d'abord des icônes. Des exemples à suivre. Ensuite un projet politique : savoir ce qu'on veut tout en revendiquant sa contribution à l'aventure de la maison France. Enfin, il y a un combat de chaque instant pour imposer la réalité de la société métissée dans toutes ses composantes. On l'aura compris, c'est un combat culturel qui doit s'imposer. Mais qu'on ne s'y trompe pas, il est condamné à être de longue haleine. On ne résoud pas en quelques années un préjudice de plusieurs siècles.

Une tribune à lire...

Je livre ici un texte écrit par Yann Kukucka, un camarade du PS dans Libération.

Pour répondre à la crise de la représentativité politique que traverse la France, la "démocratie participative" ne suffit pas.
Un contre-pouvoir à l'opinion: l'engagement

Par Yann Kukucka, publicitaire, militant socialiste

Il y en a qui voudraient inventer un genre nouveau de communication politique (pour la "débrider" disent-ils dans Le Figaro du 15 novembre) : la publicité. Cette nouvelle espèce de propagande n'est
pourtant pas l'outil le plus révolutionnaire qui soit. Nous connaissons cet instrument par coeur, le préféré des empereurs, des rois et des dictateurs. Pour sûr, l'impact qu'auront les affiches 4x3 UMP, les billboards Désirs d'Avenir et les bannières flash Front National sera énorme. Mais, au-delà même des dérapages possibles, ce qu'implique ce type de communication politique se résume en deux mots : populisme et démagogie.
Les professionnels du marketing que nous sommes le savent bien. Car c'est notre métier d'abuser de l'image, de packager un produit pas toujours vendable, de le transcender en une envie incontournable. Et en vérité : mentir. Ça marche, c'est propre et inodore. Pourtant, ce n'est pas en ces termes que nous répondrons à la crise démocratique que traverse la France. Bien au contraire : ce serait irresponsable.

D'autres, plus aguerris, prennent acte d'une sorte de « démocratie participative » naissante. La modernité que voilà : donner à chacun, citoyen expert, les moyens de contribuer au débat public. Certes, cela permettrait, comme le soulignait il y a quelques semaines dans son blog Jacques Attali d'éviter que les Français « expriment un jour de façon brutale [ce qu'ils ont visiblement à dire] ». L'idée : développer les blogs citoyens, les forums publics, les sites coopératifs, les réunions de quartiers, etc.
Cependant, encore une fois : où cela nous conduit-t-il ? Au même titre que les sondages, ces instruments de « démocratie participative » risquent à terme de substituer l'impression à la conviction, le sentiment d'une société au combat politique, et l'opinion d'aujourd'hui aux idées de demain. Vive le progrès !

Le débat sur l'infléchissement à donner à la communication politique est en cela passionnant qu'il cherche à placer le curseur entre trois visions de l'engagement. D'une part, ceux qui pensent que l'homme politique - en l'occurrence Nicolas Sarkozy - a forcément raison. De l'autre ceux qui dotent le peuple d'une confiance absolue : les citoyens-experts-en-tout de Ségolène Royal. Et enfin, les troisièmes qui remettent toutes leurs forces dans les idées : les militants ou citoyens engagés.

La campagne présidentielle de 2007 sera sans doute celle des échanges frontaux, violents, pour l'essentiel télévisés, entre deux candidats légitimes des sondages. Ainsi, c'est naturellement que l'opinion sera prise à partie, jour après jour. Resteront les troupes militantes, de gauche comme de droite, au ban de ce combat sinueux. L'enjeu de la communication politique aujourd'hui n'est donc pas d'imprimer plus d'affiches (même géantes) ou d'imaginer de nouveaux sondages d'opinion (même sur YouTube, DailyMotion ou SkyBlog) mais bien de repenser la fonction militante des partis, sans laquelle ils ne sont plus rien. Uniquement des relais radios d'une France triée sur le tas. Utiles et indispensables mais faisant presque double emploi avec les pages Faits Divers de nos quotidiens régionaux et les dossiers Société de nos newsmagazines.

Après avoir lutté, à juste titre, contre la confiscation de la parole par les hommes publics comme l'a fait Ségolène Royal en donnant un sentiment de « démocratie participative », il est aujourd'hui urgent d'inventer un nouveau contre-pouvoir : cette fois à l'opinion. Et redonner aux minorités, aux idées d'avant-garde et à l'action militante - des partis, des syndicats, des think tanks ou des associations - toute la puissance médiatique et de communication qu'elles méritent.

La famille royale et les paparazzi : c'est la fête du slip !

Il y a quelques étés, on avait pleuré à la mort de Lady Di. Un peu plus tard, c'était les photos de Chirac à poil au fort de Brégançon en train de mater des filles à la jumelle qui avaient été prises, mais pas diffusées. On découvre qu'un journal écoutait la famille royale britannique je crois... Et, par chez nous, entre deux "unes" sur la crise libanaise, le dossier des expulsions et les histoires d'attentat - le monde est cruel - on apprend que VSD a pris des photos de Ségolène en maillot de bain et qu'elle va les poursuivre, mais comme elle risque de ne pas les attraper, finalement, elle abandonne.

Tous les abonnés de la lettre électronique de Désirs d'avenir ont reçu ce mail. Pendant l'été, quand on reçoit un mail "politique", on se dit qu'il y a un scoop. Que tel leader politique ne chôme pas. Lolo réfléchit, Jack donne de sa personne en allant jouer les missi dominici en Syrie au sujet du Liban - son chemin de Damas d'ailleurs ne lui inspire aucun renoncement - et Dominique, lui, écrit au Premier ministre au sujet des agissements honteux de Nicolas à propos de la question scandaleuse des expulsions...Au lieu de ça, "monsieur fume du hakik avec les Beatniks". Non, pardon, c'est François et Ségolène qui sont sur un bateau. Elle en maillot, lui avec un bouquin - l'Histoire de France pour les nuls. Donc, les camarades reçoivent un mail qui leur apprend que Ségolène s'est fait prendre par un photographe de VSD, qu'elle n'a pas aimé, et qu'elle va attaquer le journal. Et puis quelques minutes après, mails de rectification pour dire qu'elle retire sa plainte... Il y a un an, elle posait avec ses enfants dans Paris Match et c'était, pour ainsi dire le point de départ de la Ségomania. On va dire que ce sont là les effets du soleil qui tape sur la tête...

En tout cas, il y a des moments où on se dit : la politique est une affaire trop sérieuse pour la laisser à certains...

Non, je n'ai pas été lambertiste !

L'autre jour, je tombe sur un numéro d'Informations ouvrières - IO pour les intimes, "l'hebdomadaire de la lutte des classes", comprenez le canard du Parti des travailleurs, la formation trotskiste de Pierre Lambert, héritière de la désormais légendaire OCI. Dans ce journal, un Pierre K. a signé un papier sur les comités d'étudiants révolutionnaires de la Sorbonne !

J'ai bien été étudiant à la Sorbonne, militant de l'UNEF-indépendante et démocratique, mais jamais passé par l'extrême gauche. Mon camarade Jean-Christophe doit peut-être, entre la fin du Tour de France et le début de l'Université d'été du PS penser à ce grand divorce, il y a exactement vingt ans quand, en avril, il quitta l'organisation lambertiste. l'histoire est connue, JCC a quitté Kostas pour devenir Camba en emmenant avec lui 400 militants, pour l'essentiel, le secteur étudiant du groupe lambertiste.

Ce passé n'est pas le mien, mais contrairement à beaucoup, je ne nourris pas le sbonisme qui consiste a s'enorgueillir de ne pas s'être trompé et d'avoir toujours été un bon socialiste propre, ni la frustration d'être né trop tard ou encore la fascination pour un style dont on réprouve la dureté quand on en est victime, mais dont on goûte l'esthétique quand on en bénéficie...

Un des aspects positifs de la polémique sur le passé de Jospin est qu'on aura enfin pu rendre justice aux trotskistes et à leur donner leur place dans l'Histoire. Bien sûr, on ne s'intéresse qu'à l'écume. L'entrisme, la violence ou la culture groupusculaire. Mais précisément, le mot est lâché. "Culture". Pourquoi la production livresque et intellectuelle est plus féconde dans l'extrême gauche française que chez les socialistes ? Allez savoir... Pourquoi un militant de la LCR voire du PCF a plus de "classiques" chez lui qu'un socialiste ?

Timeo danaos et dona ferentes

ou alors "timeo journalos et ecrivem articuli" comme aurait dit Jean Yanne dans la suite d'un sketch célèbre. Une fois n'est pas coutume, je lis le papier de François Bazin dans l'Obs de cette semaine, intitulé "DSK, dur dur". Bazin est, avec Askolovitch un des journalistes les plus brillants de France. Mais là quelle mouche l'a piqué. Alors que Marie-Antoinette s'affiche sur nos écrans et Ségolène dans nos journaux, voici que l'on signe la fin de ce qui n'est pas une récréation et qu'on se prostèrne devant l'arbitraire des sondages, le néo absolutisme royal... DSK en nouveau Rocard ? Grosso modo, l'intelligence c'est bien, les réponses encore mieux, mais bon non. Pas vous. Pourquoi ? Parce que...

Bien sûr ce n'est qu'une photographie du moment. En effet, pas mal de militants se disent "A quoi bon ce casser le cul". Ce n'est pas le cas des quelques centaines de jeunes strausskistes qui se réunissent ce week-end dans le Val d'Oise en séminaire ou des milliers de socialistes qui ont choisi d'autres candidats que la présidente de Poitou Charente. On verra dans un an. Ou dans six mois.. En attendant, excusez-nous de ne pas céder et de rester fermes dans nos convictions.

Les journalistes sont une espèce spéciale. Censeurs, procureurs, dénonciateurs... Ils savent qu'ils "font l'opinion". Il n'y a qu'à voir tel journaliste du Monde dans les réunions socialistes, toujours cassant et distant conscience de son magistère. Quand le Monde éternue, c'est la presse française qui s'enrhume...

Les hommes politiques, surtout les nouveaux adorent se faire draguer par la presse. Ils ont l'air importants. Conscients d'être en mesure de donner des scoops... Et pourtant, la presse, n'informe pas toujours comme elle pourrait le faire. Combien de fois as-t'on vu des évenements relatés dans les journaux qui n'avaient rien à voir avec ce que à quoi on avait assisté ?

Les journalistes sont maniaques. Quand ils ont une idée quelque part, dur de les convaincre à en démordre. Ils sont accros aux figures imposées. Parfois, ça confine au ridicule. Exemple. DSK fait une réunion avec des socialistes. Anne Sinclair est présent, c'est sa femme. Elle est encartée au PS. Ca n'empêche pas d'écrire "banquet ou réunion people"... Il devrait divorcer et épouser une standardiste d'Emmaüs non ?

Mais les journalistes sont comme tout le monde ou presque. Ils ne savent pas ce qu'ils veulent. Tout en dénonçant l'absence de politique, ils n'en finissent pas de l'ensevelir sous des tonnes de futilités.

Exemple encore les Etats généraux du projet. On n'arrête pas de dire que le PS n'a pas de projet. Il s'y met, mais la presse ne le couvre pas sauf pour dire que les présidentiables ne sont pas là ou qu'ils ne sont pas d'accord... Comment voulez-vous qu'on en sorte ?

Heureusement il y a Mélissa. Jolie comme un cœur (si tant est qu'un cœur soit beau), elle a fait la "une" en refusant d'aller sur TF1. C'est vrai qu'à LCI ou sur ITV elles sont jolies les présentatrices du JT. Alors Mélissa elle a fait un blog comme ses collègues de LCI et du coup, ses post sur l'actualités n'attirent que des compliments d'internautes ravis. Certains lui envoient même des fleurs.

Robert Bidochon se lève le matin avec la gaule et elle se maintient quand, au lieu de mettre Télématin ou les émissions de fitness ou encore de télé achat mal doublées, il zappe sur LCI... Toujours bon le matin de voir le joli sourire de Mélissa et d'entre les bons éditos de Séguillon, l'ex du PSU.

On vit une époque formidable...

Ecrire dans l'Hebdo des socialistes...

Une357Depuis quelques jours j'écris dans l'Hebdo des socialistes. L'occasion de laisser driver son esprit et sa plume sur le métier de journaliste partisan.

L'Hebdo des socialistes tire a 150 000 exemplaires. C'est l'organe officiel du Parti socialiste. Il succède d'une certaine manière à une presse socialiste qui fut riche en titres. L'Huma fut le journal de la SFIO, puis le Populaire, enfin l'Unité. Plus d'autres titres comme Combat socialiste ou Tribune... A une époque où la presse ne connaissait pas la crise qui la touche depuis plus de dix ans, on trouvait ces titres en kiosque. Il faut rajouter à cela un journalisme d'opinion proche des socialistes. Depuis 1950, l'Observateur, Le Matin de Paris et l'éphémère Quotidien de la république.

A quoi sert un journal et pourquoi lit-on la presse ? Rechercher de l'information. La démocratisation de l'accès aux médias a fait que la recherche de l'information dans un temps le plus court possible entre l'événement et sa médiation est devenu un enjeu de compétitition économique car il ne faut pas oublier que vendre des journaux est un objectif incontournable. Les médias transmettent l'information, c'est étymologique. Aujourd'hui, l'activité économique fait que c'est la production de l'information qui s'est substitué à sa transmission. Quand les médias ne parlent pas d'un événement, celui-ci n'existe pas, même s'il s'est produit.

Mais la presse c'est aussi un élément de formation de l'opinion. Il ne s'agit pas de "faire l'opinion", mais de fournir des éléments à sa formation. Un média politique a vocation à donner une information politique. Ecrire dans l'Hebdo ce n'est pas écrire pour la Pravda, ce n'est pas concurrencer non plus Le Monde, ce n'est pas se substituer aux textes "officiels" du Parti socialiste. Il s'agit de rendre compte d'une information en donnant des clés de lecture aux adhérents pour qu'ils soient aussi capables d'avoir une perception "socialiste" du monde. Car la politique c'est aussi une question de vision du monde. Ce qui fait un mouvement politique, c'est la convergence de personnes aux parcours et aux vécus divers qui partagent les mêmes visions, les mêmes préférences et une stratégie commune.

P.S. : ceux qui sont des lecteurs assidus ont le devoir de faire part de leurs critiques, c'est important...

La défaite de sa pensée...

Le texte a circulé ces derniers jours. Le philosophe Alain Finkielfraut s'exprimait dans le quotidien israélien Ha'aretz cette semaine pour y expliquer qu' "On voudrait réduire les émeutes des banlieues à leur dimension sociale, y voir une révolte de jeunes contre la discrimination et le chômage. Le problème est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une identité musulmane. En France, il y a d'autres émigrants en situation difficile. Ils ne participent pas aux émeutes. Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux". Plus dans le même texte, il explique qu'il y a trop de noirs dans l'équipe de France de football. Cette ethnicisation de la crise des banlieues, ce refus réactionnaire d'apréhender un problème qui peut en effet déboucher sur cette révolte est dramatique de la part d'un intellectuel qui s'est penché sur la guerre en Yougoslavie, qui s'intéresse au conflit israélo-palestinien, qui suit la montée de l'islam radical. Redoute-t-il ou souhaite-il le choc final ?

Finkielkraut s'est fait connaître par son livre sur la défaite de la pensée en 1987, osant déjà interroger la modernité. Mais l'anticonformisme de l'homme ne peut rien justifier, et notamment le racisme. Car, Finkielkraut est devenu raciste en ce qu'il stigmatise et qu'il fait de l'appartenance ethnique un facteur d'explication, pire, un facteur de cause. Lui qui s'est posée en vigie contre le "nouvel antisémitisme" commet le crime qu'il dénonce chez les autres.

Ce faisant, il devient le meilleur allié, improbable d'un Dieudonné qui n'attendait que cela : un prétexte venu d'un juif pour continuer à déverser sa haine imbécile.

Soit Finkielkraut était en RTT, soit il glisse vers une pensée conservatrice qu'il ne questionne plus. Si les discriminations trouvent leur maître à penser, le combat n'en sera que plus rude car dès lors, elles trouveront une justification venue d'un homme qui est devenu, à me yeux un ayatollah de la réaction.

Cet homme qui a placé sa pensée dans le sillage d'Hannah Arendt, qui sait ce que le mot "extermination" veut dire est donc devenu raciste. Désormais, c'est un négrier.

Européennes 2009 : c'est notre affaire !

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