Bye Chuck !
Que faut-il retenir d'un homme qui reste dans les mémoires comme un acteur hors pair et un militant conservateur très engagé ? Cette question revient souvent, mais il faut être juste, la vie d'un homme c'est un tout et les grandes actions des hommes demeurent pour l'éternité. Choisir de les relativiser par des choix plus controversés c'est, pour le coup, un choix politique. Pour moi, Charlton Heston, c'est avant tout, un acteur. Un grand acteur. C'est comme ça. Je garde plus volontiers l'image du Moïse des Dix Commandements, du Judah de Ben-Hur, de Gordon Pacha dans Khartoum, de Major Dundee... Sans oublier Le Cid, la Bataille de Midway, Taylor dans la Planète des Singes. Charlton "Chuck" Heston, pas à sa place au XXe siècle. Il paraît. Pour le coup, voilà un de ces acteurs qui incarnait une forme de démesure à taille humaine du cinéma car le cinéma c'est "la caméra qui explore le temps", l'épopée, la grandeur. Camper des personnages historiques c'est donner à rêver aux spectateurs et en même temps les inciter à penser tout ce qu'un homme peut accomplir. A l'instar d'un Victor Mature, Charlton Heston a eu de la classe dans ses costumes de patriarche hébreu, d'aurige juif ou de chevalier chrétien combattant, malgré lui, les Maures.
Il y avait chez lui cette puissance, cette prestance tout en muscles, cette manière d'éteindre sans jamais s'abandonner, cette mâchoire inférieure qui mimait si bien la souffrance. Un héros intégral car, la force ne signifie pas forcément invincibilité. Même dans les Dix commandements qui ont tout du film puritain qui aurait pu mal vieillir dans ce nouveau siècle, surtout en France où rien n'est sacré, la force demeure, la spiritualité continue de bien passer, même quand on n'est pas croyant...
Quand il incarna Gordon Pacha, c'est aussi pour tenter de faire triompher une certaine idée de l'humanité contre la barbarie. En même temps, le conservateur, conseiller politique Ronald Reagan aurait-il endossé le même rôle, en faveur du "dialogue des civilisations" avec Bush jr, on ne le saura jamais. Mais puisque l'Histoire ne s'arrête jamais, il a aussi incarné le pessimisme face à la modernité. le Taylor de la Planète des singes ou le détective Thorn de Soylent Green font tous les deux de terribles découvertes, mais dans les deux cas, ils ne peuvent plus ouvrir la Mer rouge. Ils assistent, impuissance à l'autodamnation de l'espèce humaine.
Est-ce cela qui conduisit l'homme, hors écran à des positions que la plupart des gens découvrirent à travers Bowling for Columbine ? J'ai été déçu par cet Heston-là alors que je me contentais même de ses rôles moins brillants comme celui de l'architecte époux d'une Ava Gardner vieillissante dans Earthquake. C'est un peu comme cette belle tirade inspirée de Sacha Guitry je crois quand, une femme éconduit son amant trop tôt en lui expliquant les raisons de sa rupture prématurée : "je préfère me souvenir".
Les films de Charlton Heston ont souvent eu une forme de ferveur, même quand ils ne traitaient pas de sujet bibliques. Ils n'en auront que plus de force à mes yeux, maintenant qu'il nous a quitté.
Bien qu'on soit pour la justice et contre les méchants, le crime a toujours payé dans la littérature et dans les films ou les feuilletons télévisés. Il y a un style, une esthétique et parfois même une éthique, un code de l'honneur chez les bandits dont le caractère négatif peut être relativisé quand on constate combien la justice peut être imparfaite ou les flics eux-mêmes, parfois corruptibles...
Le dernier film de Bille August, Goodbye Bafana, est inspiré des mémoires du gardien de captivité de Nelson Mandela. Si le film n'a pas la force de Cry freedom et si finalement, il demeure assez plat, il porte un regard assez intéressant sur la manière dont la société blanche fut confronté à la réalité de l'apartheid et à l'obligation du changement...
Annoncé depuis longtemps comme un événement - l'évocation de la carrière de Diana Ross, Dreamgirls fait partie avec La Môme, Blood Diamond ou Letters from Iwo Jima des grands films de ce début d'année.
Sans raconter toute l'Histoire, la vraie, les similitudes sont là. Gordy a fondé Motown - Mo'town pour motortown est le surnom de Detroit dans le Michigan. Cette ville industrielle abritait les usines General motors et notamment Ford. Les Noirs montés du Sud pour fuir la ségrégation et pour trouver du boulot émigrent souvent vers les grandes métropoles du nord comme Chicago ou Detroit. Là, en marge des chaînes de montage, les églises, les salons de coiffure ou les coins de rue sont les lieux où les jeunes apprennent à chanter. Souvent au sein de formations vocales à trois ou à quatre avec des noms qui font rêver.
Le dernier James Bond est sur les écrans français depuis quelques jours. C'est une autre époque. Il faut avoir qu'on se laisse séduire par l'agent 007. Avec le dernier opus on est passé à autre chose. Il n'y a pas que les diamants qui soient éternels avec le personnage imaginé il y a plus de quarante ans par Ian Fleming. Je suis un grand fan. L'espionnage, la frime, la séduction, le kitsch... Rien de mal à rêver et à faire croire à une vie facile ! Après tout, c'est aussi ça la politique : se battre contre les méchants pour une vie meilleure. Mais évidemment, au cours d'une mission (une élection par exemple), on a peu d'opportunité d'aller passer la nuit entre les cuisses d'une belle espionne de l'UMP ! Si si, il y en a !
Robert Altman est mort hier. Comme pas mal de monde, j'ai vu ses grands films : M.A.S.H., Short cuts, Kansas city ou Prêt à porter. Mon favori rest Cookies' fortune. Glenn Close, Charles S. Dutton y sont excellent et puis c'est l'une des dernières apparitions de Rufus Thomas. Il y a aussi bien sûr, the Player.
Le film de Chouraqui, adaptation du roman éponyme des fameux Lapierre et Collins raconte l'amitié déchiré entre un juif américain et un Palestinien sur fond de naissance de l'Etat hébreu. Comme pour Paris brûle-t-il, c'est l'occasion de raconter les événements entre l'attentat contre le King David et le cessez-le-feu de juin 48. Entre temps, on relate le vote de l'ONU sur le partage le 29 novembre 1947, la proclamation de l'Etat hébreu, la bataille de Latroun, le massacre de Deir Yassin. Une belle leçon d'histoire, mais à l'ancienne. La poignée de Palmachniks et de soldats de la Haganah, les terroristes de l'Irgoun qui luttent contre les Palestiniens abandonnés par les nations arabes. C'est l'occasion de voir le roi Abdallah de Jordanie, qui paiera de sa vie sa volonté de conciliation avec les Israéliens, la forte Golda Meir et le vieux lion, "BG", David Ben Gourion.
Quand on s'est pris Bloody sunday dans la face, on demeure attentif à l'œuvre de Paul Greengrass. En attendant le film d'Oliver Stone, World trade center, on doit voir ce film qui permet de "vivre" le 11 septembre pour ainsi dire de l'intérieur et des airs.
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