Classement Wikio

  • Wikio - Top des blogs

mai 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  

Recherchez sur ce blog

  • Google

    ailleurs
    pek.blogs.com

Bye Chuck !

Que faut-il retenir d'un homme qui reste dans les mémoires comme un acteur hors pair et un militant conservateur très engagé ? Cette question revient souvent, mais il faut être juste, la vie d'un homme c'est un tout et les grandes actions des hommes demeurent pour l'éternité. Choisir de les relativiser par des choix plus controversés c'est, pour le coup, un choix politique. Pour moi, Charlton Heston, c'est avant tout, un acteur. Un grand acteur. C'est comme ça. Je garde plus volontiers l'image du Moïse des Dix Commandements, du Judah de Ben-Hur, de Gordon Pacha dans Khartoum, de Major Dundee... Sans oublier Le Cid, la Bataille de Midway, Taylor dans la Planète des Singes. Charlton "Chuck" Heston, pas à sa place au XXe siècle. Il paraît. Pour le coup, voilà un de ces acteurs qui incarnait une forme de démesure à taille humaine du cinéma car le cinéma c'est "la caméra qui explore le temps", l'épopée, la grandeur. Camper des personnages historiques c'est donner à rêver aux spectateurs et en même temps les inciter à penser tout ce qu'un homme peut accomplir. A l'instar d'un Victor Mature, Charlton Heston a eu de la classe dans ses costumes de patriarche hébreu, d'aurige juif ou de chevalier chrétien combattant, malgré lui, les Maures.

Il y avait chez lui cette puissance, cette prestance tout en muscles, cette manière d'éteindre sans jamais s'abandonner, cette mâchoire inférieure qui mimait si bien la souffrance. Un héros intégral car, la force ne signifie pas forcément invincibilité. Même dans les Dix commandements qui ont tout du film puritain qui aurait pu mal vieillir dans ce nouveau siècle, surtout en France où rien n'est sacré, la force demeure, la spiritualité continue de bien passer, même quand on n'est pas croyant...

Quand il incarna Gordon Pacha, c'est aussi pour tenter de faire triompher une certaine idée de l'humanité contre la barbarie. En même temps, le conservateur, conseiller politique Ronald Reagan aurait-il endossé le même rôle, en faveur du "dialogue des civilisations" avec Bush jr, on ne le saura jamais. Mais puisque l'Histoire ne s'arrête jamais, il a aussi incarné le pessimisme face à la modernité. le Taylor de la Planète des singes ou le détective Thorn de Soylent Green font tous les deux de terribles découvertes, mais dans les deux cas, ils ne peuvent plus ouvrir la Mer rouge. Ils assistent, impuissance à l'autodamnation de l'espèce humaine.

Est-ce cela qui conduisit l'homme, hors écran à des positions que la plupart des gens découvrirent à travers Bowling for Columbine ? J'ai été déçu par cet Heston-là alors que je me contentais même de ses rôles moins brillants comme celui de l'architecte époux d'une Ava Gardner vieillissante dans Earthquake. C'est un peu comme cette belle tirade inspirée de Sacha Guitry je crois quand, une femme éconduit son amant trop tôt en lui expliquant les raisons de sa rupture prématurée : "je préfère me souvenir".

Les films de Charlton Heston ont souvent eu une forme de ferveur, même quand ils ne traitaient pas de sujet bibliques. Ils n'en auront que plus de force à mes yeux, maintenant qu'il nous a quitté.

Rosa Luxemburg

En ce moment sur les chaînes câblées, un film rare sur Rosa Luxemburg réalisé par Margarethe von Trotta en 1985 à qui on devait déjà le fameux Honneur perdu de Katharina Blum dix ans plus tôt.

Les films sur les grandes figures du mouvement ouvrier sont rares et quand ils existent, vieillissent souvent mal. Ici, aucun problème de ce genre. Il s'agit de raconter le cheminement de Rosa Luxemburg, figure plurielle dans une période qui devait déboucher sur un avenir radieux et qui se termine d'une manière extrêmement brutale.

Une femme, polonaise, socialiste, révolutionnaire, juive et éduquée, cela faisait beaucoup pour le régime du Tsar dans la Pologne occupée. Allemande par adoption si on peut dire - elle contracta un mariage blanc pour l'occasion au grand dam des prédécesseurs de notre Hortefeux national - elle ne put être mère aussi, s'acharna t-elle à accoucher de la révolution. C'est en substance ce que tenta de lui faire passer son amour de toujours Leo Jogiches avec qui elle a fondé le Parti social-démocrate du royaume de Pologne.

Dans le film, on perçoit la dimension particulière de la social-démocratie de ce début de siècle. La scène où on fait connaissance avec Bebel, Kautsky, Bernstein et Zetkin, c'est à l'occasion d'un bal. Par manque de moyens ou par parti pris, rien dans le film ne permet de saisir le rôle historique de ces hautes figures. Elles apparaissent plutôt comme des notables bourgeois qui s'accommodent des situations politiques les plus tragiques. En effet, alors que le régime militarisme de Guillaume II conduit l'Europe à la guerre, il se trouvera beaucoup de députés du SPD pour voter la guerre. A l'autre bout du cycle, Ebert et Noske sont au pouvoir à la chute du régime. Le premier gouverne et c'est sur ordre du second que les chefs du mouvement spartakiste sont liquidés.

Le radicalisme d'une passionaria qui veut aller plus loin que les dirigeants modérés d'un parti qui se bureaucratise ? Probablement qu'en réalité Luxemburg et ses contradicteurs du SPD étaient confrontés au même problème : comment réussir l'émancipation du mouvement ouvrier sans se tromper alors même que la république démocratique qui était le meilleur des régimes pour y parvenir imposait des compromis voir le risque de la défaite momentanée du fait de la règle des élections...

Un bon récit, sobre et intéressant. Même s'il s'adresse à un public averti car on n'y apprend rien. En revanche l'évocation du SPD et de la situation allemande entre 1899 et 1919 valent le détour.

Un air de Black Caesar

Americangangster11 Bien qu'on soit pour la justice et contre les méchants, le crime a toujours payé dans la littérature et dans les films ou les feuilletons télévisés. Il y a un style, une esthétique et parfois même une éthique, un code de l'honneur chez les bandits dont le caractère négatif peut être relativisé quand on constate combien la justice peut être imparfaite ou les flics eux-mêmes, parfois corruptibles...

Qui n'a pas été séduit par la sophistication d'un Don Corleone ou par la gouaille d'un Tony Montana...

Ces deux chefs d'œuvre du genre viennent vite à l'esprit quand on regard l'affiche du dernier Ridley Scott. Même choix d'un noir et blanc stylisé où seul le rouge est mis pour souligner le tragique qui va se jouer.

Rien que l'affiche d'ailleurs donne envie. Ridley Scott qui a réussi aussi bien la science fiction que le film de geurre ou le péplum. Russell Crowe qui touche autant en gladiateur qu'en flic musclé de Los Angeles... Quand à my main man Denzel W, depuis Training Day, on sait qu'il sait aussi y faire, avec le même charisme qu'il avait développé dans Malcolm X ou plus récemment dans Remember the Titans.

American gangster, qui sort ce 14 novembre sur les écrans français, n'est pas sans rappeler certains des films que l'on a fait dans les années 70 du temps de la fameuse  "blaxploitation". Un cinéma calibré pour le public afro-américain, avec des héros noirs qui mènent la vie dure à des méchants blancs.

Lire la suite "Un air de Black Caesar" »

Goodbye Bafana

Arton11516 Le dernier film de Bille August, Goodbye Bafana, est inspiré des mémoires du gardien de captivité de Nelson Mandela. Si le film n'a pas la force de Cry freedom et si finalement, il demeure assez plat, il porte un regard assez intéressant sur la manière dont la société blanche fut confronté à la réalité de l'apartheid et à l'obligation du changement...
Les héros ne sont pas toujours des êtres exceptionnels ou prédestinés. Il peut s'agir d'hommes et de femmes ordinaires qui, au moment opportun, savent, sans forcément prendre conscience des choses, se montrer à la hauteur de l'Histoire.
James Gregory, le "maton" de Robben Island, sembla condamné à suivre le prisonnier Mandela durant la majorité de la détention du leader du mouvement noir. Il dut choisir entre sa carrière et sa conscience. Un des intérêts d'ailleurs du film c'est en effet comme un blanc, élevé dans la haine du noir, doit se résoudre, finalement à voir en lui un être humain...

Lire la suite "Goodbye Bafana" »

Des filles de rêve pour une musique de rêve...

Dreamgirls Annoncé depuis longtemps comme un événement - l'évocation de la carrière de Diana Ross, Dreamgirls fait partie avec La Môme, Blood Diamond ou Letters from Iwo Jima des grands films de ce début d'année.

Le film de Bill Condon n'est pas à proprement parler une "biopic". C'est une comédie musicale par certains aspects, c'est moins l'histoire d'une personne en particulier que cette de toute une époque, celle où dans les années 50-60 ont émergé dans les grandes villes de centaines de groupes partis de rien et qui ont fait le bonheur de toute une génération. Par la suite, ils ont peut-être perdu eur âme parfois dans les méandres de la célébrité avant de trouver une forme de rédemption. De ce point de vue, la structure du film est académique, elle suit le cheminement de Ray ou des autres grands films du même genre.

D'où l'intérêt du personnage incarné par Eddie Murphy. C'est à la fois James Brown et Marving Gaye. Il campe bien ces stars du rhythm and blues, bêtes de scènes, roublard et coquins, séducteurs mais sensibles à leur popularité. Certains passant les étapes plus difficilement que d'autres, qui n'y survivent pas toujours...

Quand au trio, d'une classe suprême, si on peut oser ce jeu de mots. Les Dreamettes sont une évocation des Supremes. Curtis Taylor c'est Berry Gordy, jr et Rainbow records c'est... Tamla Motown. Tout se passe, dans le film comme dans le réel à Detroit.

Berrygordy Sans raconter toute l'Histoire, la vraie, les similitudes sont là. Gordy a fondé Motown - Mo'town pour motortown est le surnom de Detroit dans le Michigan. Cette ville industrielle abritait les usines General motors et notamment Ford. Les Noirs montés du Sud pour fuir la ségrégation et pour trouver du boulot émigrent souvent vers les grandes métropoles du nord comme Chicago ou Detroit. Là, en marge des chaînes de montage, les églises, les salons de coiffure ou les coins de rue sont les lieux où les jeunes apprennent à chanter. Souvent au sein de formations vocales à trois ou à quatre avec des noms qui font rêver.

L'enjeu pour Berry Gordy était de créer une maison de disques pour des Noirs et tenue par des Noirs. Motown ce n'est pas Atlantic, un grand label blanc qui produit de grands noms grâce au flair de Jerry Wexler et Ahmet Ertegun, récemment disparu. Ni Stax, une maison de disque mixte, mais qui est très enracinée dans l'identité noire du sud. La Motown va vouloir rester longue "the music of young America" et être confrontée au racisme dans le métier. Les fameuses "covers" où des Blancs reprennent des tubes pour qu'ils se vendent mieux et surtout, les pochettes retravaillées pour qu'aucune "face d'aubergine" n'apparaisse... La pop doit beaucoup au pillage systématique du rhythm and blues. Quelques artistes ont assumé cependant leur admiration pour cette musique et c'est tant mieux.

Gordy voulait tout contrôler. Production composition, interprétation. Seuls Smokey Robinson et Stevie Wonder purent être leurs propres auteurs. Il faut attendre la fin des années 60 pour que, cédant à la mode psychédélique (le génial Norman Whitfield et son travail avec les Temptations) le son bouge. L'étau se déserre à partir des années 70. Marvin Gaye et à nouveau Stevie Wonder en furent les plus beaux fleurons...

Quand Motown bouge vers Hollywood, c'est la fin d'un époque. On s'essaie au cinéma, mais la mission est finie. Motown fut pionnère dans les années 60, elle ne pouvait plus innover, mais demeurer une référence. Dreamgirls et avant lui le documentaire sur les Funk brothers, les musiciens maisons sont d'excellents hommages.

James Blond

Bobond Le dernier James Bond est sur les écrans français depuis quelques jours. C'est une autre époque. Il faut avoir qu'on se laisse séduire par l'agent 007. Avec le dernier opus on est passé à autre chose. Il n'y a pas que les diamants qui soient éternels avec le personnage imaginé il y a plus de quarante ans par Ian Fleming. Je suis un grand fan. L'espionnage, la frime, la séduction, le kitsch... Rien de mal à rêver et à faire croire à une vie facile ! Après tout, c'est aussi ça la politique : se battre contre les méchants pour une vie meilleure. Mais évidemment, au cours d'une mission (une élection par exemple), on a peu d'opportunité d'aller passer la nuit entre les cuisses d'une belle espionne de l'UMP ! Si si, il y en a !

Dans Casino Royale, on réinvente tout pour coller au siècle nouveau, car James Bond n'est pas OSS 117. Il ne s'agit pas de recréer l'univers si particulier des films des années 60, mais d'en perpétuer l'atmosphère de sorte qu'elle reflète "l'ère du temps" (comme dit imprudemment Mauroy pour expliquer son soutien improbable à Royal).

On évolue donc. Q est mort depuis quelques épisodes déjà donc, plus de gadgets. L'improbable liaison sans fin, jamais abouie avec Moneypenny a disparu avec la secrétaire qui a du faire les frais de la DRH du Mi6 - et pourtant, elle devait être adhérente du Labour.

Judi Dench en M depuis la période Brosnan était une vraie trouvaille. Là, on la découvre une fois de plus, humaine. A croire qu'on avait anticipé cette humanisation froide des personnages. Il est vrai que depuis Roger Moore, le surhomme 007 a fait du surplace.

Quant à Craig, il fait penser, avec son regard d'acier au Yul Brynner de Mondwest. Un robot. Mais justement, comme Lazenby, on ne vit pas que deux fois... Il serait parfait pour incarner un jour prochain un général ou un empereur romain. Si un jour un esprit éclairé réussissait le tour de force d'adapter Murena à l'écran...

L'intrigue est beaucoup plus complexe que les opus précédents. On est tellement dans une autre époque que même M ne s'y fait pas. Pire, elle regrette la guerre froide.

Enfin, pour le cocorico, on est heureux de voir autant de Français dans ce film ! Vivement le prochain...

Mort d'un grand homme

Altman Robert Altman est mort hier. Comme pas mal de monde, j'ai vu ses grands films : M.A.S.H., Short cuts, Kansas city ou Prêt à porter. Mon favori rest Cookies' fortune. Glenn Close, Charles S. Dutton y sont excellent et puis c'est l'une des dernières apparitions de Rufus Thomas. Il y a aussi bien sûr, the Player.

Short Cuts a été un des meilleurs films des années 90. Une carte postale toute en nuance des Etats-Unis avec une palette d'acteurs plus brillants les uns que les autres. Le cinéma de Robert Altman reste un cinéma actuel, acide et irrévérencieux sans emphase. Il n'avait pas la prétention d'un Oliver Stone, mais il avait le génie d'un Kubrick tout en faisant un cinéma accessible. Bref, un pédagogue du grand écran. Il nous manquera.

Mon colonel

Le dernier Costa-Gavras a peu fait parler de lui, vu l'importance de l'actualité. Surtout, on se passionne plus ces jours-ci pour Borat dont les coups de griffe au "politiquement correct" font plaisir, comme si la seule transgression constituait un acte exceptionnel.

Le film, produit par le metteur en scène de l'Aveu touche donc, une fois de plus à un passé qui ne passe pas. Après l'assassinat d'un ancien colonel qui a servi en Algérie, une jeune femme, qui enquête sur le meurtre, reçoit un journal, celui d'un sous lieutenant qui a servi à Saint-Arnaud, sous les ordres du colonel. Là, il y a perdu ses illusions en devant un rouage du système, malgré lui.

Le sous-lieutenant est un juriste et il va tenter, avec la mise en place des pouvoirs spéciaux en 1957, de rendre légal ce qui est illégal - la torture notamment.

Un film à voir...

Ô Jérusalem : images d'Epinal pour une guerre sans fin...

Il y a un point commun entre Ô Jérusalem et Indigènes. Ce sont des films pionniers sur des pages d'histoire oubliées ou sensibles. Très peu de films parlent en effet de l'histoire du conflit du Proche-Orient. Exodus d'Otto Preminger bien sûr, qui est une réécriture d'un fait réel et la romance Pour Sacha d'Alexandre Arcady.

Affiche Le film de Chouraqui, adaptation du roman éponyme des fameux Lapierre et Collins raconte l'amitié déchiré entre un juif américain et un Palestinien sur fond de naissance de l'Etat hébreu. Comme pour Paris brûle-t-il, c'est l'occasion de raconter les événements entre l'attentat contre le King David et le cessez-le-feu de juin 48. Entre temps, on relate le vote de l'ONU sur le partage le 29 novembre 1947, la proclamation de l'Etat hébreu, la bataille de Latroun, le massacre de Deir Yassin. Une belle leçon d'histoire, mais à l'ancienne. La poignée de Palmachniks et de soldats de la Haganah, les terroristes de l'Irgoun qui luttent contre les Palestiniens abandonnés par les nations arabes. C'est l'occasion de voir le roi Abdallah de Jordanie, qui paiera de sa vie sa volonté de conciliation avec les Israéliens, la forte Golda Meir et le vieux lion, "BG", David Ben Gourion.

Comme toujours, l'Histoire est moins épique. L'ouverture, il y a quelques années, des archives de Tsahal sur cette période montre que les choses furent légèrement différentes. Des historiens comme Tom Segev ou Ilan Greilsammer ont restitué les expropriations et les exactions. Après tout le sionisme est un nationalisme et la guerre c'est la guerre.

On peut trouver planplan le traitement de Chouraqui qui se fait plaisir en jouant un petit rôle dans le film avec en plus la fadeur de Bruel - ce rôle de chef de la Haganah rappelle celui qu'il tenait, comme chef de l'ETA dans El Lobo. On peut trouver de la naïveté dans cette manière de rappeler que Jérusalem est une ville trois fois sainte et la fraternisation entre les Israéliens et les soldats de la Légion arabe quelques minutes après le cessez-le-feu ne convainc pas. Mais il faut reconnaître une certaine intelligence à montrer plus facilement ce que fut le terrorisme juif que faire des parallèles anachroniques entre la cause palestinienne de l'époque et l'islamisme de notre temps. Au passage, Chouraqui règle ses comptes en faisant dire à un de ses personnages à l'adresse du Grand Mufti de Jérusalem - El Hadj Amin El Husseini - "tu as combattu au côté des nazis".

Il est bon de rappeler cette histoire à condition qu'on la mette en perspective avec l'actualité d'aujourd'hui. Surtout quand on entend logiquement les soldats juifs dans le film partir à l'assaut en disant "kadima! " - "en avant"...

Bref, un film à voir et à discuter. Le Monde diplo propose une version actualisée du récit à la lumière des travaux des "nouveaux historiens" israéliens.

United 93

United_93_99873cQuand on s'est pris Bloody sunday dans la face, on demeure attentif à l'œuvre de Paul Greengrass. En attendant le film d'Oliver Stone, World trade center, on doit voir ce film qui permet de "vivre" le 11 septembre pour ainsi dire de l'intérieur et des airs.

A l'été 2001, les studios américains avaient sorti Pearl Harbor. Une fresque romantique très "années 50" produite par Bruckheimer - donc avec dégeulis de cordes, d'explosions et de sentiments basiques. Le film très "américain" rendait bien le choc des Etats-Unis attaqués par les japonais. La succession d'images de la tranquille prospérité souillée par les hordes venues du ciel faisait mouche. Un jour marqué par l'infâmie avait dit FDR. Cruelle ironie, soixante ans après, le remake eut lieu avec le détournement de quatre avions dont deux s'écrasèrent contre les tours du WTC et un sur le Pentagone.
Nous avons tous vu ces terribles images, irréelles, atroces. Quand on est branché sur LCI ou CNN, on en voit des choses dures, mais là... Je salue au passage le professionalisme de Thierry Guerrier qui animait la tranche de l'après-midi de ce mardi de septembre. Comment on fait dans ces cas là ? Quand il faut occuper l'antenne en gérant l'émotion, quand, l'Histoire mord plus que la nuque... Thierry est un grand journaliste.

On pouvait dire que les Etats-Unis frappés au cœur de la sorte par des gens armés de couteaux en plastique donnaient le sentiment d'être un géant aux pieds d'argile. On pouvait dire que la première puissance de la planète subissait ce qui était la rançon d'une diplomatie de l'ombre souvent immorale dont un autre 11 septembre, celui de 1973 était un symbole, notamment pour la gauche. Mais l'acte odieux qui se produisait sous nos yeux ramenait la population américaine au niveau des peuples opprimés.

Quand on est à Washington, ce qui frappe c'est le ballet continuel des avions. Ils volent pas car les aéroports Dulles et Reagan ne sont pas très loin. On ne peut s'empêcher de penser à l'un de ses avions qui a atterri ailleurs dans l'objectif de tuer.

A New York, le visiteur peut encore voir Ground zero. J'ai eu pour ma part l'occasion de rencontrer un monsieur qui travaillait à la New York Port Authority. Au cours de la conférence que nous avions au sujet de l'activité portuaire et aéroportuaire de New York il nous a raconté "son" 11 septembre. Il se trouve que les gens de cette structure travaillaient dans les tours jumelles. Lui, arriva en retard parce qu'il avait emmené sa fille à l'école dans le New Jersey ce matin-là... Tous ces gens connaissent quelqu'un qui est mort dans les Tours...
Peu de commentaire à faire, si ce n'est que rien ne prépare jamais au pire des drames.

Européennes 2009 : c'est notre affaire !

  • button
Blog powered by TypePad