Y a pas photo... baby I'm a star
Sly Stone et Prince sont deux musiciens que tout le monde doit connaître. Ils ont tous les deux, des timbres de voix très proches, ils mélangent avec bonheur les couleurs musicales (funk, rhythm and blues, rock et jazz) et tous les deux ont cogité pendant 3 minutes sur des 45 T sur la "starification". "Baby I'm a Star" pour Prince au temps du génial Purple rain, et "Everyboby is a Star" pour Sly Stone à la grande époque du psychédélisme triomphant, quand les blancs avaient les cheveux longs et les noirs des coupes afros. Ce sont de belles chansons et j'y pense alors que la blogosphère politique s'étend et que tout porte à croire que la campagne 2007 va être ouvrir une nouvelle étape de l'utilisation des blogs, on peut quelque temps s'amuser des effets que cela produit. Notre époque voit naître une nouvelle conquête démocratique où chacun peut avoir son moment de célébrité. Sortir de l'anonymat. Être reconnu dans la rue, être admiré...
C'est vrai pour la "pipolisation" comme on dit, de la vie publique. La vie privée devient un objet d'intérêt de l'opinion publique. Les frasques de stars bien sûr, mais aussi la banale médiocrité de telle fille ou garçon qui prend plaisir à se pavaner dans une maison truffée de caméra. Où tel célébrité en mal de notoriété qui passe quelques jours, loin de l'assemblée régionale où elle s'est pourtant fait élire par des citoyens, pour s'enfermer avec des humains qui quand on leur demander d'aller chercher un seau de fumée... Y vont sans avoir jamais rien lu de Breton d'ailleurs. C'est surréaliste l'époque où l'on vit.
Ceux qui regardent ça, ceux qui s'y exhibent, sont-ce les mêmes qu'on appelle ailleurs des citoyens experts ?
A mon humble niveau, je sait combien c'est dur d'être harcelé dans la rue par des fans en furie : "j'ai vu ton blog", etc... Plus une réunion sans qu'un camarade ou une amie, voir un responsable politique m'en parle. Signe de reconnaissance ? M'en fous, par contre, ça pose des exigences. Dire des choses intelligentes, bref, respecter les lecteurs.
Cette "notoriété" du militant anonyme, sans mandat et sans partisan est assez amusante si on la perçoit dans ce contexte où la figure politique se donne à voir, se met en scène, utilisant toutes les ressources des médias de masse, on peut désormais, avec un site web ou un blog se mettre aussi en scène. Mais les internautes ne sont pas tous des citoyens ou des militants, et tous les citoyens ou militants ne sont pas des internautes. Amusant de voir que désormais, un blogueur n'a pas grand chose à envier à un politique ou un journaliste dans sa capacité à s'exprimer "publiquement". C'est un commentateur... Exercice assez nombriliste, qui n'a d'intérêt que lorsqu'il permet de passer à l'action. La citoyenneté c'est s'intéresser à ce qui se passer bien sûr, à condition de s'engager pour y participer ou pour le changer quand il faut.

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