Un bon point pour le Petit livre rose
Grande est la peur des dérapages et des noms d'oiseaux qui se prendraient dans la toile, donnant une image déplorable du PS. Pour beaucoup, dès que deux socialistes débattent, ils se déchirent. Cette absurdité colportée depuis une bonne quinzaine d'années par la presse atrophie notre capacité à débattre et c'est bien dommage. Sur le blog du Petit livre rose un billet amusant brocarde une initiative bien pensée mais un peu nunuche, celle de mon ancien complice de la campagne de 2002, Valerio Motta qui propose un "label" "blog socialiste respectant tous les socialistes". Comme le dit l'auteur du Petit livre rose, "me trimballer avec ce badge hurlant mes bons sentiments en bandoulière, je m’y refuse. Les lecteurs sont assez grands pour juger, et le cas échéant me signaler que je vire borderline, l’étiquetage n’est pas mon truc, et j’ai toujours le sentiment qu’un affichage par trop voyant, à quelque chose de jésuistique : je ne peux pas être méchant, puisque j’ai ma pancarte de gentil."
Pour moi la politique comprend aussi l'art du débat et donc de la controverse. C'est l'honneur d'un débatteur de débusquer un imbécile, de l'isoler ou au contraire de l'inciter à relever le niveau de la discussion. Cette manie du lissage a priori est agaçante. Je revendique le droit d'avoir des colères contre mes camarades. Cela dit, je ne tiendrais pas ce blog pour parler des socialistes si je ne devais en dire que du mal...
Au nom du "aimons nous tous", on a fait avaler pas mal de couleuvres aux militants. Le meilleur service qu'on puisse rendre à quelqu'un avec qui on n'est pas d'accord, c'est de le lui dire. Il est tant de retrouver les grands discussions, les grands débats qui démontrent que le PS n'a pas peur de se coltiner aux sujets qui fâchent et de trancher après, quitte à perdre trois points dans les sondages dans le quart d'heure qui suit.
Sly Stone et Prince sont deux musiciens que tout le monde doit connaître. Ils ont tous les deux, des timbres de voix très proches, ils mélangent avec bonheur les couleurs musicales (funk, rhythm and blues, rock et jazz) et tous les deux ont cogité pendant 3 minutes sur des 45 T sur la "starification". "Baby I'm a Star" pour Prince au temps du génial Purple rain, et "Everyboby is a Star" pour Sly Stone à la grande époque du psychédélisme triomphant, quand les blancs avaient les cheveux longs et les noirs des coupes afros. Ce sont de belles chansons et j'y pense alors que la blogosphère politique s'étend et que tout porte à croire que la campagne 2007 va être ouvrir une nouvelle étape de l'utilisation des blogs, on peut quelque temps s'amuser des effets que cela produit. Notre époque voit naître une nouvelle conquête démocratique où chacun peut avoir son moment de célébrité. Sortir de l'anonymat. Être reconnu dans la rue, être admiré...
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