Toute la presse le dit, le PS aura vu passer quelques lettres cet été. Après l'échange Aubry-Valls, voilà l'échange Cambadélis "militants du PS". Un texte d'une douzaine de pages qui propose de répondre aux questions qui énervent le plus en proposant les réponses les plus justes. Le député de Paris a beau passer pour un "apparatchik" au yeux d'adversaires qu'il a nombreux, chacun lui reconnaît un sens de l'analyse fort utile. Comme il le dit, en bon observateur des mœurs du moment, "tout le monde parle, mais personne ne répond". Dans la période actuelle, pas très bonne pour le Parti socialiste, il faut en effet distinguer ce qui relève de la responsabilité du parti, de l'inadaptation de ses idées, de l'imbécilité de certains de ses dirigeants et de l'acharnement de la presse...
Le "militant qui n'en peut plus", c'est celui qui continue, malgré les cris et les chuchotements quotidiens, de croire à la mission historique du socialisme et du rôle que doit jouer le parti qui revendique encore fièrement ce beau nom. C'est celui qui la rénovation est possible pour peu que l'on soit sincère et patient. Car un des problèmes majeurs du PS c'est son électoralisme. Il est très facile de renvoyer aux calendes grecques telle ou telle entreprise d'aggiornamento parce qu'il y a une élection qui vient.
Du texte de Jean-Christophe Cambadélis, la presse a retenu essentiellement sa position sur les Primaires et sur le non cumul des mandats. Sur le deuxième point, c'est probablement la première fois qu'un dirigeant de premier plan du PS prend position sur le sujet. Sur le premier, la position de Cambadélis est regardée qu'à travers une seule grille de lecture : les arrières pensées qui pourraient exister au sujet d'un retour de Strauss-Kahn. Mais ici, on se trompe. La motion de Martine Aubry, soutenue par Montebourg et Cambadélis militait pour ces primaires. Moscovici les demande aussi depuis le début. Mais les primaires ne sont pas une fin en soi, l'occasion d'un concours de beauté. C'est un moyen... Qu'il faille être "pour" des primaires aujourd'hui au point que ce soit le consensus à la mode ne dit pas comme faire pour les réussir car il faut les lier à une seconde bataille.
Le PS n'attire plus. Il ne fait pas envie. Il faire rire ou pitié aujourd'hui. C'est probablement d'être "anti PS" de nos jours, mais il y a bien évidement du vrai dans le scepticisme qui existe à l'égard du parti socialiste. Peut-être parce que certains socialistes ne croient plus des masses à ce qu'ils sont sensés portés et qu'ils sont trop dans la tactique, le calcul ou le scepticisme. C'est que nous vivons aussi à l'heure d'un zapping médiatique qui fait que les débats de fond ne peuvent se calibrer à la taille d'une petite phrase qui fera le "Téléphone rouge" du Nouvel Obs, encore que l'hebdomadaire de Jean Daniel dit vrai lorsqu'il considère que si le PS était tant à la ramasse que cela, on ne lui piquerait pas ses idées.
De là à penser qu'au doute à l'égard du PS se superpose le doute sur sa capacité à se réformer ou à être réformé, il n'y a qu'un pas que plusieurs ont déjà franchi aisément.
Le militant socialiste d'aujourd'hui n'en peut plus de la guerre d'usure que se mènent les dirigeants socialistes entre eux, mais depuis le congrès de Reims, les choses ont changé. Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë ne sont plus dans la défiance à l'égard de Martine Aubry. Ils ne se trompent pas de moment. D'autres dirigeants, par l'usage qu'ils font de leur liberté de parole, ne contribuent pas à la clarté des débats. Par exemple sur l'affaire de l'alliance avec le Modem. Les socialistes qui la veulent n'avouent pas que c'est pour rester à flot, mais ils cachent mal que le Modem n'en veut pas, sauf dans le cas par cas de quelques situations locales...
Le militant qui n'en peut plus est également lassé du peu de jeu collectif. D'ailleurs, s'il y avait eu plus de jeu collectif, la dynamique aurait probablement été du côté du PS autant qu'elle le fut pour d'autres formations politique lors de la campagne pour les élections européennes. A la place, on a montré un PS peinant à surmonter la difficulté des investitures et un engagement des cadres insuffisants durant la campagne.
Tout n'est pas de la faute des responsables politiques que l'on entend dans les médias. Ceux-ci jouent un rôle duquel les militants devraient apprendre à s'émanciper. Il y a en effet un paradoxe à intégrer dans le regard que l'on porte sur sa propre formation politique, l'information telle qu'elle est rapportée, sans distance par des médias parfois "tenus" par des amis du pouvoir actuel.
Il faut donner le sentiment que "la maison est tenue". Qu'une certaine discipline, oui le mot gène, collective, y règne, sans qu'elle ne rogne la créativité et la capacité de ce parti à bouger. C'est un véritable défi que de faire en sorte qu'un parti doté d'autant d'élus soit dynamique et inventif car les élus, même quand ils sont très compétents, et cela est au moins quelque chose que l'on reconnaît pour nos nombreux élus locaux - sont très préoccupés par les moyens de gagner les élections qui les concernent...
Partant du postulat que tout dirigeant politique est un menteur par nécessité, par vice ou par nature, la presse moque le "tournant" qu'elle pense que "Camba" a pris... Mais, avant de juger à cause de ses préjugés au sujet de l'auteur, il faut lire ce texte pour en penser quelque chose...

Sly Stone et Prince sont deux musiciens que tout le monde doit connaître. Ils ont tous les deux, des timbres de voix très proches, ils mélangent avec bonheur les couleurs musicales (funk, rhythm and blues, rock et jazz) et tous les deux ont cogité pendant 3 minutes sur des 45 T sur la "starification". "Baby I'm a Star" pour Prince au temps du génial Purple rain, et "Everyboby is a Star" pour Sly Stone à la grande époque du psychédélisme triomphant, quand les blancs avaient les cheveux longs et les noirs des coupes afros. Ce sont de belles chansons et j'y pense alors que la blogosphère politique s'étend et que tout porte à croire que la campagne 2007 va être ouvrir une nouvelle étape de l'utilisation des blogs, on peut quelque temps s'amuser des effets que cela produit. Notre époque voit naître une nouvelle conquête démocratique où chacun peut avoir son moment de célébrité. Sortir de l'anonymat. Être reconnu dans la rue, être admiré...
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