C'était le buzz d'hier.
Nathalie Kosciusko-Morizet déserte sa ville de Longjumeau pour tenter sa chance à Paris. C’est la confirmation de la profonde crise de leadership des conservateurs parisiens depuis bientôt quinze ans qui sont incapables d’inventer l’après-Tiberi.
Déjà, en 2001, l’affrontement avait opposé un local de l’étape corrompu jusqu’à l’os à un parachuté impuissanté par ses propres amis. La défaite fut amère, mais les cassures et les déchirures perdurèrent.
En 2008, la candidature Panafieu provoqua la fuite de quelques élus vers le centre et la défaite de la droite s’illustra par la perte de quelques conseillers de Paris.
A l’évidence, le contexte de 2014 n’est pas le même. Mais la situation de la droite parisienne demeure : division, usure, échec dans le renouvellement des têtes et du projet.
On objectera nos collègues comme Bournazel et ses amis. Si jeunes, mais déjà cumulards d’ailleurs ! Outre leurs outrances à la Région Ile-de-France, ils n’apportent rien au débat de fond.
Fillon, de son parachutage doré dans une circonscription taillée sur mesure et verrouillée n’a pas osé le pari de Paris. Il a reculé.
Dati tente sa chance avec cette part de folie qui fait son charme et sa notoriété, sans qu’on sache jamais ce qu’elle veut pour la capitale.
Cette invention du début du sarkozysme rencontre la porte parole de la fin du sarkozysme. Ce moment où nous avons eu mal à la France et qui fut rejeté par les Parisiens à toutes les élections depuis 2007.
L’apport du sarkozysme à Paris ? Pour la première fois, la gauche est majoritaire en voix dans la capitale de la France !
Là où la droite s’en remet aux importations, la gauche profite de son implantation.
C’est une nette différence de style car quoi de commun entre un Lellouche, sanguin qui voulait dans un passé pas si lointain tour à tour « stériliser les homosexuels » et « fusiller Mélenchon » ou un Legaret pour qui Hidalgo est une « potiche » et en NKM une « opération marketing » et l’équipe des socialistes parisiens qui saura faire vivre un héritage et poursuivre le changement ?
NKM a trahi ses électeurs de Longjumeau. Elle restera leur députée probablement, renouant avec une vieille pratique, celle d’un Chirac qui ne cessa jamais d’être député de Corrèze tout en étant maire de Paris ! Bel exemple de modernité !
Elle pouvait plaire, cette brillante personnalité politique, mais elle a démontré, notamment lors des élections de 2012, qu’elle n’avait pas d’états d’âme à soutenir le président des riches, dont les guéâneries et autres indignités guainoesques ont divisé la France.
Cela a le mérite de planter un débat clair : entre le conservatisme des idées et des comportements d’un côté, et le progressisme des convictions et des projets de l’autre. La gauche a appris de ses divisions là où la droite les entretient encore. Avec de vouloir reconquérir la France, il va falloir qu’elle reconquière ses valeurs républicaines… En attendant, désormais, le retour en arrière a un visage et un nom, la poursuite du mouvement en avant se fera par la défaite de ceux qui ont déjà perdu en 2012.

Je suis tout à fait d’accord. Il faudra que l’on nous explique au nom de qui NKM se présente à Paris et quels y sont ses faits d’arme ?
L’UMP est prise au piège de la médiocrité de son appareil avec d’un côté NKM, et de l’autre R. Dati, deux cumulardes qui n’ont pas spécialement brillé par leur présence politique locale. Je serais scandalisé si j’étais Longjumellois, comme je le serais d’entendre une européputé de droite se plaindre de son mandat devant des caméras de télévision…
En outre, cette confrontation masque l’affrontement à peine dissimulé des 2 frères ennemis de l’UMP par candidates interposées. C’est le grand bon en arrière.
On perçoit déjà une grande expérience et légitimité de chacune à parler aux parisiens des sujets de fond attendus (logement d’urgence, Grand Paris et transports (combien coûte le ticket de métro, au fait ?), cantine scolaire, propreté, etc) !
Quant aux propos des seconds couteaux en arrière campagne (Lebel, Legaret et autres…), ils ne nous détourneront pas de nos ambitions pour Paris : conserver nos arrondissements et conquérir enfin le 1er, le 17ème ou le 8ème.
Le PS doit continuer à avancer sur toutes ces questions car nous disposons de ressources, d’expertise et avons montré depuis bien avant 2008 notre capacité à gouverner les collectivités locales. Et souvent à porter nos projets au-delà de la commune ou de la Région. Si nous restons unis, cette compétence fera la différence.
Les Parisiennes et les Parisiens savent finalement qu’il ne peuvent pas confier leur quotidien au gré des parachutes.
Michel ROSE
Rédigé par : Michel ROSE | 15 février 2013 à 22:34