On avait oublié cette figure imposée des congrès socialistes. Après un an tourné vers les Français avec une primaire réussie et deux campagnes victorieuses, voilà que le Parti socialiste va réunir un congrès pour définir une orientation politique adaptée à la nouvelle période. Ce sera aussi un congrès de bilan des trois années écoulées - trois années qui ont conduit à une victoire historique.
Même si le congrès de Reims fut un congrès dur, c'est là que tout a commencé. Rien n'aurait été possible sans l'acharnement de Martine Aubry et de la majorité qu'elle est parvenue à constituer. Une majorité dans laquelle les principales forces se sont retrouvées, conduisant, à travers des conventions, le Parti socialiste à devenir l'alternative et à le qualifier pour incarner l'alternance.
Le congrès de cet automne ne doit pas être abordé comme s'il ne s'était rien passé depuis Reims ni comme si les victoires du printemps allaient de soi.
La fièvre des contributions gagne les socialistes, un exercice à la fois narcissique et politique. Positionnement tactique ou effort d'élaboration intellectuel, c'est un exercice démocratique que de nombreux militants prennent au sérieux et cela produit souvent des textes de qualité, même si pour l'essentiel ils tombent dans l'oubli.
La principale erreur, déjà commise par certains, consiste à commettre des textes intemporels comme si leurs auteurs s'étaient tenus à l'écart du PS ces trois dernières années, croyant le retrouver comme ils l'avaient laissé.
Leur absence ne les qualifie pas pour faire d'un passé récent table rase et ignorer ces trois années pendant lesquelles les socialistes étaient tournées vers le reste des Français.
Car un des enjeux de ce congrès sera l'utilité pour nos concitoyens. Après une victoire, l'exercice est plus facile, mais le risque demeure.
Il convient de ne pas se contenter d'incantations, mais d'apporter des solutions praticables.
L'essentiel est aussi de faire la différence avec la droite. Depuis quelques jours en effet on la voit se déchirer. On voit certain de ses membres retrouver de la voix contre une droitisation qu'ils avaient laissé se développer avec un silence coupable.
Voilà pourquoi il faut être au niveau de la situation et ne pas aborder ce congrès comme une aire de jeu pour apparatchiks qui s'ennuient.
Cela relance aussi le débat sur la réforme des congrès socialistes. Mais ça c'est un autre sujet...
Envoyé de mon iPad

Excellente feuille de route pour le prochain congrès. malheureusement, il y aura aussi des sorties de route: "Dessine-moi un parti" est déjà au bord du précipice...
Rédigé par : Emmanjel | 27 juin 2012 à 01:12