En quelques jours, il semble que la droite soit renvoyée à ses pires heures de ces quarante dernières années. Un nouveau rebondissement dans l'Affaire Ben Barka qui rappelle que les services marocains avaient bénéficié du soutien des services français et des "officines" de police parallèle, proches du Milieu ; la condamnation surprise de Charles Pasqua dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola - qui en rappelle d'autres - et qui donne l'occasion à l'ancien ministre de l'Intérieur de dire qu'il pourrait parler, de nouveaux éléments qui pourraient relancer l'affaire Robert Boulin, ce ministre du gouvernement Giscard-Barre "suicidé" en 1979... Autant d'affaires qui ne concernent pas directement la droite d'aujourd'hui, mais qui rappellent ce qu'elle a été dans les années 60 et 70.
La droite des années 50 aux années 70 était ce mélange de conservateurs, de républicains, de résistants dans une époque où l'Etat-providence était défendu par tout le monde ou presque. Sous prétexte d'anticommunisme, tout justifiait qu'on soit "vigilant". Il faut le rappeler, le peuple de droite avait peur de l'arrivée de la gauche au pouvoir.
Les affaires politiques, les réseaux qui créaient ce maillage dans la société, l'industrie - la finance qui était encore jeune et parfois jusqu'au "Milieu", ne pouvaient évoluer sans bavure. Aujourd'hui c'est tout cela qui remonte, dans un moment où dans la majorité, couacs, tacles et claques se multiplient, tant entre dirigeants qu'au sein du gouvernement et des groupes parlementaires.
Nous sommes à mi-mandat, Sarkozy, jusque dans sa santé a un peu tiré la langue et maintenant, il s'agit de trouver un deuxième souffle. Mais si la défaite est sévère aux régionales, la sinistrose va s'étendre. Et voilà qu'il faut qu'une juge corse, Xavière Simeoni - ça ne s'invente pas - demande le renvoi de Chirac au tribunal. Outre le fait qu'un homme de 80 ans sera devant les tribunaux un an avant l'élection présidentielle, c'est tout le système de la droite française qui sera fragilisé.
Il restait à Nicolas Sarkozy la scène internationale pour faire diversion. Mais même la présidence française de l'Union européenne est aujourd'hui épinglée pour son opulence, contrastant fort avec un bilan mitigé. Alors, Sarkozy colle à Merkel, comme pour trouver ailleurs une inspiration qu'il comptait lui-même fournir...
Décidément, le temps est gris pour la droite.

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