J’ai décidé de présenter ma candidature aux élections régionales en Ile-de-France de mars 2010.
Ce n’est pas une décision que l’on prend à la légère. Après près de 18 ans de militantisme et de participation à de nombreux combats syndicaux ou politiques, on arrive à un moment où on souhaite donner à son engagement une autre forme, celle du service plus direct à la collectivité. De ce point de vue, le moment politique et l’endroit où je souhaite servir ne sont pas anodins.
L’Ile-de-France
J’y suis né et j’y habite comme un Français sur six. Après douze années passées sur une île de France, la Martinique, je perçoit bien les enjeux et les opportunités d’une région qui « héberge » aussi plus d’un demi-million d’Antillo-guyanais. L’Ile-de-France, on n’y vient pas tout à fait par hasard. Héritière d’un vieux jacobinisme, la « région capitale » a longtemps constitué le passage obligé pour quiconque était, à un moment de sa carrière d’étudiant ou de travailleur, en quête d’un complément de formation ou d’un métier. Si on n’est pas Francilien comme on est Breton ou Auvergnat, on l’est par adoption dans une région, la première d’Europe qui concentre sur son territoire les défis que le reste du pays devra relever dans les années qui viennent : mutations du monde agricole, urbanisme, transports, mixité sociale, développement économique et efficacité écologique…
Bien que la construction de l’Ile-de-France fut avant tout administrative, le travail fait par la majorité socialiste a donné une visibilité à une région phagocytée par Paris en permettant de mieux défendre les intérêts des gens qui y vivent.
En 1998, la victoire de Jean-Paul Huchon a eu lieu dans un contexte très particulier. Pour assurer son maintien à la tête des régions, la droite n’a pas hésité, en certains endroits, à s’allier avec le Front national. Au sein du Manifeste contre le Front national, nous avions pressenti, avec d’autres, ce choix stratégique, défendu à l’époque par Bruno Mégret, inspiré en cela par l’exemple italien d’Umberto Bossi et Gianfranco Fini, alliés, déjà, à Silvio Berlusconi. En Languedoc-Roussillon, en Bourgogne, en Rhône-Alpes et en Picardie, ainsi, des « liaisons dangereuses » entre la droite et l’extrême droite eurent lieu.
En Ile-de-France, la tentation exista, d’autant plus que la droite était divisée sur la présidence. Il y avait Edouard Balladur, mais il ne faisait pas l’unanimité. Nous mobilisâmes la jeunesse lycéenne et étudiante de Paris et de banlieue, ce qui accentua la pression. Finalement, Jean-Paul Huchon obtint au troisième tour une majorité relative qui fit basculer l’Ile-de-France à gauche pour la première fois. Il est intéressant de noter qu’alors, la majorité des Franciliens n’avaient aucune opinion sur le bilan de la droite sortante…
Le mandat de Jean-Paul Huchon dans une situation difficile fut suffisamment convaincant pour qu’en 2004, une majorité claire de gauche fut choisie par les électeurs, ce qui donna enfin aux socialistes et à leurs alliés de gauche et écologistes les moyens d’aller plus loin dans les réformes. Cela dans un contexte où la droite, qui avait perdu la quasi-totalité des régions et la majorité des départements lors de ces élections de mars 2004, entama un mouvement de désengagement financier de l’Etat pour asphyxier les collectivités locales. C’est dans ce contexte de recentralisation que nous nous situons aujourd’hui. C’est dire si, la démocratie locale est en danger !
L’avenir de nos territoires
La démocratie locale a fait un grand bon en avant avec les lois de décentralisation Mauroy – Defferre de 1982 et donc nous sommes les héritiers. Cette décentralisation rapprochait les citoyens des institutions qui les gouvernent en renforçant la démocratie locale, plus efficace que les lourdeurs d’une administration centrale. En jouant d’abord la carte du désengagement de l’Etat sous couvert de soi disant « acte deux de la décentralisation », la droite a transféré des compétences, mais elle a réduit les finances. Elle peut ainsi accuser les collectivités locales dirigées par des socialistes d’augmenter les impôts. Mais quand l’Etat recule devant la responsabilité qui est la sienne de garantir les services publics notamment, il faut bien protéger nos concitoyens de la casse.
Depuis, on a franchi une nouvelle étape. Avec ce qu’on pourrait appeler le « centralisme démagogique » de Nicolas Sarkozy. Aveu d’échec avant les élections ou non, Sarkozy préfère changer les règles du jeu plutôt que se donner les moyens de gagner le match. Visiblement, il ne les a pas. Avec le projet du « Grand Paris » et l’annonce de la création des « conseillers territoriaux », sur fond de redécoupage des circonscriptions, c’est plus qu’un « bouclier électoral » qu’il tente de construire. C’est une opération à peine dissimulée de verrouillage. Nos territoires, notamment en Ile-de-France seraient donc administrés par un « machin » technocratique centralisé. Les collectivités seraient mises en coupe réglée et les assemblées élues, reléguées au statut de chambres d’enregistrement. Quel recul !
C’est cela qu’il faut empêcher car, on le voit, le seul argument évoqué, c’est celui, bien libéral, de l’économie. Comme dans les entreprises où, lorsqu’il faut réduire les coûts, on commence toujours par s’attaquer aux salariés. Ici, les élus ne sont pas bien sûr des salariés, ce sont des représentants du peuple. En réduisant la démocratie locale, on bâillonne un peu plus les hommes et les femmes, c’est-à-dire qu’on s’attaque frontalement à la République et cela, la gauche ne peut laisser faire. C’est tout le sens des élections de mars prochain, défendre la démocratie locale et poursuivre les réformes de la gauche dans nos régions qui sont devenus les ultimes remparts contre l’avènement de l’Etat-UMP.
En Ile-de-France, la bataille sera rude. La droite et la presse n’épargneront rien à la gauche. La moindre faiblesse, la plus infime division, le moindre désaccord, la plus discrète des tiédeurs, tout cela sera exploité et exagéré pour semer le doute dans un électorat sceptique et inquiet. Les socialistes auront un devoir moral : celui d’être porteurs du meilleur programme, mais surtout, de mener la meilleur des campagnes.
Ce n’est pas une décision que l’on prend à la légère. Après près de 18 ans de militantisme et de participation à de nombreux combats syndicaux ou politiques, on arrive à un moment où on souhaite donner à son engagement une autre forme, celle du service plus direct à la collectivité. De ce point de vue, le moment politique et l’endroit où je souhaite servir ne sont pas anodins.
L’Ile-de-France
J’y suis né et j’y habite comme un Français sur six. Après douze années passées sur une île de France, la Martinique, je perçoit bien les enjeux et les opportunités d’une région qui « héberge » aussi plus d’un demi-million d’Antillo-guyanais. L’Ile-de-France, on n’y vient pas tout à fait par hasard. Héritière d’un vieux jacobinisme, la « région capitale » a longtemps constitué le passage obligé pour quiconque était, à un moment de sa carrière d’étudiant ou de travailleur, en quête d’un complément de formation ou d’un métier. Si on n’est pas Francilien comme on est Breton ou Auvergnat, on l’est par adoption dans une région, la première d’Europe qui concentre sur son territoire les défis que le reste du pays devra relever dans les années qui viennent : mutations du monde agricole, urbanisme, transports, mixité sociale, développement économique et efficacité écologique…
Bien que la construction de l’Ile-de-France fut avant tout administrative, le travail fait par la majorité socialiste a donné une visibilité à une région phagocytée par Paris en permettant de mieux défendre les intérêts des gens qui y vivent.
En 1998, la victoire de Jean-Paul Huchon a eu lieu dans un contexte très particulier. Pour assurer son maintien à la tête des régions, la droite n’a pas hésité, en certains endroits, à s’allier avec le Front national. Au sein du Manifeste contre le Front national, nous avions pressenti, avec d’autres, ce choix stratégique, défendu à l’époque par Bruno Mégret, inspiré en cela par l’exemple italien d’Umberto Bossi et Gianfranco Fini, alliés, déjà, à Silvio Berlusconi. En Languedoc-Roussillon, en Bourgogne, en Rhône-Alpes et en Picardie, ainsi, des « liaisons dangereuses » entre la droite et l’extrême droite eurent lieu.
En Ile-de-France, la tentation exista, d’autant plus que la droite était divisée sur la présidence. Il y avait Edouard Balladur, mais il ne faisait pas l’unanimité. Nous mobilisâmes la jeunesse lycéenne et étudiante de Paris et de banlieue, ce qui accentua la pression. Finalement, Jean-Paul Huchon obtint au troisième tour une majorité relative qui fit basculer l’Ile-de-France à gauche pour la première fois. Il est intéressant de noter qu’alors, la majorité des Franciliens n’avaient aucune opinion sur le bilan de la droite sortante…
Le mandat de Jean-Paul Huchon dans une situation difficile fut suffisamment convaincant pour qu’en 2004, une majorité claire de gauche fut choisie par les électeurs, ce qui donna enfin aux socialistes et à leurs alliés de gauche et écologistes les moyens d’aller plus loin dans les réformes. Cela dans un contexte où la droite, qui avait perdu la quasi-totalité des régions et la majorité des départements lors de ces élections de mars 2004, entama un mouvement de désengagement financier de l’Etat pour asphyxier les collectivités locales. C’est dans ce contexte de recentralisation que nous nous situons aujourd’hui. C’est dire si, la démocratie locale est en danger !
L’avenir de nos territoires
La démocratie locale a fait un grand bon en avant avec les lois de décentralisation Mauroy – Defferre de 1982 et donc nous sommes les héritiers. Cette décentralisation rapprochait les citoyens des institutions qui les gouvernent en renforçant la démocratie locale, plus efficace que les lourdeurs d’une administration centrale. En jouant d’abord la carte du désengagement de l’Etat sous couvert de soi disant « acte deux de la décentralisation », la droite a transféré des compétences, mais elle a réduit les finances. Elle peut ainsi accuser les collectivités locales dirigées par des socialistes d’augmenter les impôts. Mais quand l’Etat recule devant la responsabilité qui est la sienne de garantir les services publics notamment, il faut bien protéger nos concitoyens de la casse.
Depuis, on a franchi une nouvelle étape. Avec ce qu’on pourrait appeler le « centralisme démagogique » de Nicolas Sarkozy. Aveu d’échec avant les élections ou non, Sarkozy préfère changer les règles du jeu plutôt que se donner les moyens de gagner le match. Visiblement, il ne les a pas. Avec le projet du « Grand Paris » et l’annonce de la création des « conseillers territoriaux », sur fond de redécoupage des circonscriptions, c’est plus qu’un « bouclier électoral » qu’il tente de construire. C’est une opération à peine dissimulée de verrouillage. Nos territoires, notamment en Ile-de-France seraient donc administrés par un « machin » technocratique centralisé. Les collectivités seraient mises en coupe réglée et les assemblées élues, reléguées au statut de chambres d’enregistrement. Quel recul !
C’est cela qu’il faut empêcher car, on le voit, le seul argument évoqué, c’est celui, bien libéral, de l’économie. Comme dans les entreprises où, lorsqu’il faut réduire les coûts, on commence toujours par s’attaquer aux salariés. Ici, les élus ne sont pas bien sûr des salariés, ce sont des représentants du peuple. En réduisant la démocratie locale, on bâillonne un peu plus les hommes et les femmes, c’est-à-dire qu’on s’attaque frontalement à la République et cela, la gauche ne peut laisser faire. C’est tout le sens des élections de mars prochain, défendre la démocratie locale et poursuivre les réformes de la gauche dans nos régions qui sont devenus les ultimes remparts contre l’avènement de l’Etat-UMP.
En Ile-de-France, la bataille sera rude. La droite et la presse n’épargneront rien à la gauche. La moindre faiblesse, la plus infime division, le moindre désaccord, la plus discrète des tiédeurs, tout cela sera exploité et exagéré pour semer le doute dans un électorat sceptique et inquiet. Les socialistes auront un devoir moral : celui d’être porteurs du meilleur programme, mais surtout, de mener la meilleur des campagnes.

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