C'était le moment de la confirmation de Ségolène Royal comme vice-présidente de cette institution. Mon ami Maurice Braud a succédé de son côté à Pierre Moscovici comme président du comité d'éthique. Le comité d'éthique de l'IS, de création récente, a pour objet de veiller à ce que les partis membres respectent la charte de l'Internationale socialiste. Bien qu'il ne soit pas évident de faire partager une même conception à plus de cent partis, le prestige de l'IS est suffisamment grand pour que son image et ses valeurs ne soient pas "prises en otage" par quelques organisations. C'est une des raisons pour lesquelles par exemple, lors de la prochaine élection présidentielle tunisienne, le PS soutient Mustafa Ben Jaffar alors que le RCD du président Ben Ali est encore un membre de l'IS, mais de plus en plus contesté.
Le conseil de l'IS est une réunion d'importance. Il y en a un ou deux entre les Congrès. Selon les lieux, les enjeux et la conjoncture, la présence des partis est plus ou moins importante et très marquée, bien sûr, par la région. Cette fois, la fréquentation ne fut pas énorme, mais, deux cents délégués ont représenté plus d'une centaine d'organisations.
Il s'agissait aussi, donc, des premiers pas de Ségolène Royal, dans sa nouvelle responsabilité politique. Jean-Christophe Cambadélis, le secrétaire international du Parti socialiste en était aussi, bien évidemment. Les fins connaisseurs pourraient dire qu'une vice-présidence - pour quelqu'un qui pense à la présidence en France - c'est purement symbolique, notamment à l'IS et que ça ne donne aucun pouvoir, ni aucuns moyens. Mais là n'est pas l'essentiel et surtout, la réalité peut changer...
En effet, Ségolène Royal a un goût revendiqué pour les questions internationales et, sa méconnaissance de arcanes de ces institutions en fait une volontariste, ce qui est une bonne chose. Elle n'est pas encore blasée.
Le Conseil se tenait donc dans la ville de Budva, sur la côte adriatique du Monténégro. Ce petit pays, une ex-république yougoslave, a su se tenir à l'écart des grands bouleversements qui ont secoué cette invention française qu'était la Yougoslavie. Le Monténégro est probablement la plus "serbe" des anciennes républiques yougoslaves. Cela tient à une histoire très ancienne. De fait, le pays, indépendant depuis 2006, bordé au nord par la Croatie, à l'est par la Serbie et le Kosovo, enfin au sud par l'Albanie, est, à l'instar des pays de la région, multiculturel et multiconfessionnel. Avec ses relations pacifiées, il n'a qu'un objectif, l'adhésion à l'Union européenne dont il a déjà adopté la monnaie.
Comme dans d'autres pays de l'ancien bloc soviétique, l'ancien parti communiste s'est mué en parti social-démocrate, mais le mouvement social-démocrate est lui-même divisé en deux partis, membres, tous deux, de l'Internationale. Ils forment régulièrement des coalitions majoritaires pour gagner les élections et gouverner ce pays de 600 000 habitants.
Tenir une telle réunion dans ce pays relevait bien sûr du symbole. 20 ans après le début des soubresauts qui conduisirent à la chute du bloc de l'Est, c'était un signe pour l'avenir. Comme l'a indiqué Georges Papandreou, pousser pour qu'en 2014, cette partie des Balkans adhèrent à l'UE, un siècle après avoir été le foyer de la Première guerre mondiale.
Voilà qui donnerait un sens à l'Europe et qui serait un symbole fort, même si certains n'y verraient que nouvelles complications économiques et institutionnelles...

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