La droite restera donc majoritaire au Parlement européen. Mais elle se durcit. La gauche, même rassemblée ne n'est pas majoritaire, sauf à dépendre... les libéraux. Une droite dure car l'extrême droite perce un peu partout. Elle double ses voix en Autriche, elle fait un résultat important en Finlande, en Hongrie, en Roumanie, en Grande-Bretagne et elle est même la deuxième force aux Pays-Bas... L'Italie n'est pas en reste. Malgré le caractère choquant du berlusconisme, la gauche reste faible et le cavaliere invincible.
Par delà les analyses désormais classiques sur le fait que les enjeux n'étaient pas assez perceptibles et que ce sont les questions nationales qui se sont imposées dans la campagne, d'autres réalités sont à noter. Sur fond de crise, la demande de régulation s'est exprimée en demande d'ordre car la crise économique génère du désordre social et les questions de sécurité et d'immigration sur lesquelles la droite surfe font toujours recette notamment lorsque la gauche n'a pas d'alternative.
Tous les modèles de social-démocratie ont été sanctionnés si on regarde d'un peu plus près. Les plus à gauche, en Belgique, les plus à droite, ailleurs, les plus populistes, les plus classiques, les plus archaïques, les plus modernistes... Ce que l'on voit aussi c'est que la contestation de gauche de la social-démocratie s'exprime soit par l'absention, soit par le vote écolo. Mais partout, l'abstention est forte. Il faut donc aussi regarder les comportements de ceux qui sont allés voter. A l'évidence il s'agit là d'une frange de citoyens consciencieux, d'électeurs fidèles et de militants. Cette catégorie est "conscientisée". Elle a donc fait un choix.
Au risque de passer pour un odieux populiste élitiste et ennemi de la démocratie, je pense que l'on peut déceler des comportements curieux chez les électeurs socialistes. 40 % de ceux qui votent pour le SPD ne se sont pas déplacés. En France, ils ne se cachent pas pour dire qu'ils ont voté "Europe écologie". Et certains ont d'ailleurs probablement, à un moment ou à un autre, participé à la campagne du Parti socialiste... Il y a donc eu une intention assumée de ne pas voter socialiste et pas forcément par déception ou par incapacité de "percevoir le message du PS". Bien sûr, ceci, comme l'idiote polémique sur le bulletin de vote, n'explique tout dans le résultat, mais il faudra bien qu'un jour on se penche sur cet électorat stratège qui, par temps d'abstention, pèse si lourdement sur une élection.
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