Grand old party
C'est le nom que l'on donne au Parti républicain aux Etats-Unis. C'est l'impression que la presse a du PS avec les résultats du vote des militants et les tractations vont bon train. Impossible pour ne pas dire inintéressant d'en donner un compte rendu car c'est comme avant le dépôt des motions : tout change à chaque seconde. On peut observer quelques grandes tendances cependant. La tentation d'un front anti-Royal qui s'appuie sur 70 % du vote des militants, mais ça ne fait pas une ligne politique, le recours au débauchage pour exploiter les tensions potentielles à l'intérieur des motions et tirer profit de dirigeants socialistes qui, malgré les convictions qu'ils affichent veulent jouer gagnant à tous les coups.
Bref, pour les uns la question c'est "comment transformer les 70 % du 6 novembre en ligne politique sans donner le sentiment de bafouer le vote des militants". Pour les autres, c'est "comment reconnaître une victoire à Ségolène Royal tout en se préservant d'une "ségolisation annoncée" du Parti socialiste.
Tout cela est trop compliqué pour aboutir à quelque chose. Si la motion E a fait 29 % dans le vote des militants, c'est parce qu'il y a eu beaucoup de divisions et trop de tactique ailleurs. Si les strauss-kahniens ne s'étaient pas divisés, la motion sur laquelle ils auraient été tous rassemblées aurait probablement été en tête - et ils auraient été en mesure alors de revendiquer la direction du PS, ou à tout le moins, ils auraient pu constituer une force de référence incontournable pour le rassemblement comme peut l'être Martine Aubry, à ceci près qu'aujourd'hui, il y a trop de combinaisons multiples.
Le PS est-il, pour autant, au bord du danger ? J'écrivais récemment que Reims ne serait pas Rennes et je le maintient. D'abord parce que les socialistes sont "vaccinés" et qu'ils ne veulent pas donner à Sarkozy une victoire supplémentaire en se divisant vraiment. La plate-forme proposée par Ségolène Royal est suffisamment vague pour que tout le monde s'y retrouve et on sait bien que l'essentiel n'est pas là. Il est dans la question de l'espace politique de chacun. Personne ne croit que l'esprit de revanche ou la quête d'un match retour a disparu. Du côté de Royal, la tentation de la purge est réelle, mais cachée. En face, l'idée de lui rendre la tâche impossible en séduit plus d'un.
C'est là qu'on se dit qu'il doit faire bien meilleur à Washington à plus d'un titre...
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