« autoriser tout un chacun à causer dans le poste et dans les journaux ». Voilà une formule, employée par une lectrice à propos de la division dans le PS en 2005. Mais elle vaut pour l’ensemble du parti car le moins que l’on puisse dire, c’est que les socialistes communiquent beaucoup. François Hollande a coutume de dénoncer ce qu’il appelle la « polyphonie ». Parler à plusieurs voix pour dire, avec des tonalités différentes la même choses c’est pourtant plus harmonieux et efficace que dire tout et son contraire. Il vaudrait mieux en effet, mettre un terme à la cacophonie qui nuit à la cohérence du discours du Parti. Je pense d’ailleurs que c’est ce que François voulait dire. C’est que le PS doit apprendre à maîtriser sa communication : convenir ensemble d’un message, organiser la parole pour assurer la diversité, la mise en image sans tomber dans le centralisme. Les dirigeants politiques ont de toutes façons acquis à l’ère de la communication tous azimuts, une autonomie sur laquelle il est difficile de revenir. Il faudra donc que la prochaine direction sache se doter d’une vraie stratégie de communication et sache maîtriser et utiliser les outils de propagande.
Cela renvoie bien sûr à la question du leadership. En militant comme le fond les amis de la motion Delanoë-Hollande pour un chef au risque d’en faire une obsession et on a vu que la question du « premier secrétaire » ne pouvait pas être l’alpha et l’oméga d’une stratégie politique, on réduit le débat à une question de personne avec tous les risques que cela comporte. Même nous qui, dans la motion D parlons d’un nouvel Epinay, nous prenons ce risque si on se souvient bien qu’à Epinay, on assista certes à une leçon de stratégie politique, mais également, à la prise de pouvoir du Parti par un seul homme.
Réclamer comme un souhait, un chef, dans un contexte d’ailleurs où le Parti aurait pu réfléchir sur son rapport aux institutions cinquante ans après l’avènement de la Cinquième république pose deux contradictions. La première, les delanhonllandistes réclamant un chef, font en fait le procès des manquements de l’époque précédente. Croient-ils tant dans l’Homme qu’ils pensent qu’avec les mêmes, on ne recommence pas de la même manière ? La seconde c’est bien sûr, plus généralement la personnalisation du congrès. On a rarement vu une telle mise en scène des individus dans un congrès socialiste. On sait bien que Reims est une étape dans la carrière de Bertrand qui après avoir conquis l’Hôtel de Ville a besoin de ce sacre pour revenir en triomphateur rue de Solférino, en attendant de passer sur la rive droite pour aller à l’Elysée – encore que tout en restant sur la rive droite, il pourrait aller de l’Hôtel de ville au même endroit, c’est direct en métro !
Bertrand, soucieux de sa personne, obsédé par l’idée qu’il ne rallie personne, mais qu’on se rallie à lui, a été tellement de ce fait aveuglé le 16 novembre quand il a refusé de choisir, comme si pour lui, choisir le candidat socialiste pour 2007 signifiait s’effacer pour 2012. Il ne faut pas confondre les temps en politique. Lionel Jospin et Martine Aubry n’ont pas commis cette erreur.
L’idée de sa centralité dans le débat, il l’a clairement exprimée récemment en disant que finalement, entre lui et Hamon, il n’y avait rien d’autre dans le parti. De là à imaginer d’improbables accords motivés par le fait que « dans l’exécutif de la ville de Paris, il y a tout le monde »…
Si on dit personnalisation, certains pensent présidentialisation. On a déjà exprimé ici ce qu’on en pensait. Avec Pierre Moscovici nous ne voulions pas d’un congrès de désignation, mais il est évident qu’il sera une étape de ce processus. Quand on nous demande des engagements pour que Martine dise « publiquement qu'elle ne serait pas candidate pour 2012 », il serait bien de dire, au nom de quoi on décrète que quelqu’un est présidentiable surtout si cette personne n’a fait aucune déclaration dans ce sens. Aujourd’hui, deux socialistes ont fait des déclarations sur leurs ambitions pour 2012. Ségolène Royal au lendemain de la victoire de Sarkozy et Pierre au printemps dernier dans VSD. A l’époque, cela a pu ajouter un peu à la confusion, mais en soi, cela ne pose qu’une question qui n’est pas à l’ordre du jour et qui ne concerne que deux hommes, amis et proches : Pierre Moscovici et Dominique Strauss-Kahn. Mais l’essentiel n’est pas là. Pierre a eu raison de faire de la non-présidentialisation ou de la non désignation un drapeau. Il faut continuer de le porter, c’est toute la cohérence du non ralliement à la motion A dont la logique est de porter son champion sur la route de l’Elysée, une fois qu’il aura conquis Solfé. Nous revendiquons le droit de ne pas nous tromper de calendrier.
A propos du regroupement autour d’Aubry, il faut faire attention aux mots. La trahison des uns est parfois la fidélité des autres. Ceux qui ont trahi le parti ont été sanctionnés et réintégré dans une majorité politique. Si on pense que ce n’est pas suffisant, exigeons alors leur exclusion. On verra les effets secondaires d’une telle jurisprudence, notamment lors des investitures aux élections locales… Quant à ceux qui ont « trahi leur courant », c’est au dit-courant d’apprécier cela. Pour le coup, puisque SD ne s’est pas donné les moyens de peser en tant que courant rassemblé dans ce congrès puisque depuis un an, beaucoup avaient, pour des raisons locales, repris leurs billes, tirons en les enseignements pour la suite. Mais on ne peut pas non plus rénover avec les tenants de l’ancien régime qui n’ont pas le même rapport critique à leur propre bilan que les autres.
Là encore, l’essentiel n’est pas là. La situation économique, les crises financières et énergétiques ainsi que les limites du sarkozysme partiellement atteintes démontrent plus que jamais le besoin de gauche. Un besoin de gauche qui passer par une étape incontournable : changer à gauche.

sur la comm' , on peut se réjouir que le message sur le paquet fiscale matraqué à l'unisson perce.
Sur le leadership. Si Aubry gagne, elle sera évidemment porter sur la route de l'Elysée (aucune déclaration contraire à ma connaissance). Sauf, bien sur, si qqes uns lui font des misères dans le dos..
"Croient-ils tant dans l’Homme qu’ils pensent qu’avec les mêmes, on ne recommence pas de la même manière ?" miroir magique.
Après une motion se chosisit aussi sur une ligne. Celle de Delanoe a le mérite d'être social-démocrate et "européaniste" (il était d'ailleur identifié comme allié potentiel à S&D début 2009 comme Aubry), bien certes "pas audacieuse" contrairement à SR dans son genre.
Sur S&D, pq il ne s'est pas structuré ? pour que Camba, le superbe stratège, garde la main dessus à mon avis.
L'étape incontournable n'est maintenant plus le congré du PS, finalement anecdotique maintenant que les grosses 3 motions sont similaires, mais plutôt une victoire du PSE en mai 2009.
Pour le congré, le pauvre militant que je suis ressent un énorme gâchi, il n'y a que des mauvais choix.
Rédigé par: sangaku | 13 octobre 2008 à 10:31
Peu importe qui arrivera en tête et même quelle motion sera majoritaire !
Assez des petits arrangements entre amis et autres basses tractations, rappelons-nous que dehors, 4 millions de chômeurs/rmistes et 3 millions de précaires galèrent 24h/24 et que nous risquons tous un jour ou l'autre de venir gonfler leurs rangs !
Et que proposent les projets Royal/Aubry/Delanoë pour s'attaquer de front à ce pb ?
Des mesures de relance pour favoriser le retour de la croissance - génial - ça fait 30 ans qu'on en voir passer et on voit le
résultat!
Le seul projet réaliste sur ce plan est celui de B. Hamon, en particulier grâce au ralliement de Pierre Larrouturou qui va
permettre de lancer un vrai débat sur la RTT.
Malgré une croissance de + de 4%/an, le temps de travail moyen constaté hors chômeurs est tombé à 33,7h/semaine aux USA et à 32.1 en GB (contre 36,2 en France) ! Dans l’industrie et les services à haute valeur ajoutée, il est de + de 40h/s, mais ne concerne plus qu’à peine les 2/3 des emplois, le reste de la population active n’a droit qu’à des petits boulots de quelques heures/s. Et cette précarité est elle-même due à l’explosion de la productivité réalisée en 45 ans : multipliée par 5 (informatique, robotique, formation), alors que durant les 150 années pécédentes elle n’a été multipliée que par 2 ! Dans le même temps (45 ans donc) le temps de travail réglementaire est resté à 40h/s (idem dans tous les pays industrialisés sauf les Pays-Bas). Le temps de travail a donc été réparti de manière anarchique par le marché, entre d’une part ceux qui font jusqu’à 70h/s (et qui aimeraient faire moins pour la plupart), ceux qui ne récupèrent que les "miettes" de quelques h/s et enfin les chômeurs qui font 0h/s. Dans de telles conditions, par peur de tomber du "mauvais côté", la négociation salariale ne se résume souvent qu’à un "Si t’es pas content tu peux aller voir ailleurs" !http://nouvellegauche.fr
Rédigé par: MKL | 16 octobre 2008 à 16:22