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« Episode 3 : Le grand malheur des motions de congrès… | Accueil | Episode 5 : Quelques réponses dans le débat actuel »

Episode 4 : Premiers arguments

Signataire de la contribution Besoin de gauche, j’ai pu constater en écoutant mes camarades ralliés à la motion Delanoë-Hollande, qu’au final, deux des trois exigences que nous portions ont été oubliées dans le ralliement au maire de Paris. Les amis de Bertrand sont opposés aux primaires au titre de la peur de la dilution du PS. S’ils gagnent ce congrès, ils présidentialiseront un peu plus leur champion. De fait, ils auront pris un temps d’avance.

Le dispositif politique et de communication est déjà en place depuis un certain temps. Il fallait attendre la victoire aux municipales, le sacre de Reims est aussi nécessaire. Ce serait être hypocrite de ne pas le reconnaître.

Un autre argument que l’on entend, qui n’est pas un argument « de fond », quoique, c’est celui de l’anti-delanoïsme. Des camarades, un peu zélés m’ont invoqué cela. « On ne veut pas donner le sentiment d’être contre Bertrand ». J’imagine que certains cadres du parti, à des niveaux locaux, utilisent cet argument « pour aller vite ». Mais, que les choses soient claires. Ce n’est ni un vote d’allégeance, ni un vote de défiance qu’il faut faire le 6 novembre prochain. Paris n’est pas le parti et vice-versa. Nous avons tous souhaité que Bertrand soit le candidat des socialistes, puis celui de la gauche pour Paris et nous avons fait campagne pour lui. Au sein du PS, le centralisme ne va pas de soi, qu’il soit du point de vue des pratiques politiques que de la situation géographique. La ligne claire partait notamment de ce girondinisme bien ancré chez les élus locaux du PS… Par ailleurs, la décentralisation est aussi une idée de gauche.

On ne peut vouloir gagner Reims en rejouant Rennes. Or, en continuant de stigmatiser les amis de Laurent Fabius, c’est à nouveau un vieux débat que l’on ressort. Des haines recuites, vieilles de dix-huit ans, que Fabius eût tort d’ailleurs de légitimer avec l’affaire du référendum. Mais pour le coup, si son « non » fut tactique, si indiscipline reste comme une tâche indélébile pour des socialistes qui passent plus volontiers sous silence le fait qu’à ce moment, l’autorité du parti refusé de s’exprimer. Est-on si dur avec des socialistes qui passent outre régulièrement les règles communes, notamment au moment des élections. Il y a tant d’endroits où l’on ferait bien de faire un peu le ménage… Dans tel endroit où ce sont les exclus du parti qui lui imposent quand même leur règle ; tel autre où, les dissidents battent les candidats officiels avant de réintégrer la maison commune… De toutes façons, pour les fabiusiens, la sanction a fini par tomber et, amnistie suprême, ils furent de la synthèse du Mans. On a voté une nouvelle Déclaration de principes, de nouveaux statuts… Ils continuent de siéger dans les assemblées démocratiquement élues… Alors quoi ?

Curieuse conception de l’unité que celle qui consiste à ne vouloir s’unir qu’avec soi-même finalement.

Alors on en vient à poser la question de la confiance. De la fiabilité de tel ou tel. Dans un parti comme le PS où tout le monde passe des accords avec tout le monde, c’est là une belle excuse. Après tout Fabius d’avant 2004-2005 était dans le sillon réformiste, social)-démocrate qui est aujourd’hui dominant. Les rescapés du congrès de Rennes qui dénonçaient le droitier ne sont pas plus à gauche aujourd’hui. Si donc c’est à cause de l’Europe, les partisans du « oui » les plus sincères, n’ont jamais estimé que l’Europe telle qu’elle est était parfaite. Aujourd’hui, tout ce que nous avons développé comme propositions sur la création d’un conseil de sécurité économique, les nationalisations temporaires, le développement d’un état stratège ou le renforcement du budget de l’Union européenne se retrouve au cœur de l’actualité et seuls quelques gauchistes font encore de la résistance histoire d’occuper un espace…

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Non, Pierre, ce n'est pas parce que Laurent Fabius était pour le non que je ne peux m'allier à lui. C'est parce qu'il a publiquement fait campagne contre le votre ultra majoritaire des camarades du parti ; et avec cette attitude, il a autorisé tout un chacun à "causer dans le poste et dans les journaux" même s'il ne représente que lui.
C'est ce type d'attitude qui casse la solidarité d'un groupe, et qui a ouvert la bonde. On peut être minoritaire, mais dans ce cas on ne représente pas son parti.
Voilà mon sentiment. (Je ne reviens pas sur l'erreur qui a été de ne pas le sanctionner immédiatement, qui s'explique par une conjoncture particulière à l'époque et qu'il serait trop long d'expliquer ici)

A l'époque, je pensais dès le début que le référendum interne était une bêtise. Pour une fois Hollande a fait preuve d'audace et de volontarisme et a foncé bille en tête. Dès fois qu'on puisse à l'occasion éliminer quelques gêneurs...

Moi non plus je n'ai pas aimé quand même à l'époque les camarades qui adoptaient une position inverse à celle du Parti, voire arrachaient nos affiches pour mettre celles du non. Et cela à l'époque concernait Mélenchon, Emmanuelli, Hamon, Fabius, Montebourg, etc. (encore que ce dernier soit resté soft).

Qu'a fait la direction du Parti ? Presque rien. Même pas une mini éventualité de sanction sur la seule chose qui compte, à savoir les candidatures sur les listes à venir.
Mieux, la réponse au Mans a été de faire une grande synthèse avec Laurent Fabius.

Compréhensible car tout cela représentait quand même au moins 40% du Parti ? Pourquoi pas, mais alors arrêtons la comédie aujourd'hui.

Qu'a dit à l'époque Delanoë ? Qu'a fait Delanoë ? Comment s'est-il positionné sur cette question lors des primaires entre Royal, Fabius et DSK ? En renvoyant tout le monde dos à dos.

À qui, dès lors, va-t-on faire croire que les gousses d'ail anti-Fabius qu'on sort maintenant sont autre chose qu'un leurre ?

N’est-ce pas Lionel Jospin qui disait “ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare” lorsqu’il évoquait la gauche plurielle ? J’ai le sentiment qu’a fortiori au sein même de notre parti nous trouverons la volonté de travailler tous ensemble.

Une chose qui me dérange dans la motion aubry, c'est qu'elle est présidentiable.
J'aurais voulu l'entendre dire publiquement qu'elle ne serait pas candidate pour 2012.

Donc vis à vis de ce critère (no presidentiable), aucune des 3 motions n'est satisfaisante.

2e critique : baser une "reconstruction" sur certains qui ont trahi le parti et d'autres qui ont trahi leur courant, c'est de mauvaise augure..

Enfin, ne nous voulons pas la face. Camba et Fabius veulent mettre Aubry en leader pour mieux la dezinguer après et mettre leur champion en sauveur pour 2012 (le sage vs l'expert).

Reste une question qui a trahi DSK en cherchant à prendre sa place ?

Sympathisant socialiste (et du courant DSK), je n'ai pas pris ma carte pour le congrès.(pris de court, manque d'envie...)

L'implosion du courant, s'il elle était prévisible, m'a d'un certain conforté dans mon choix dans la mesure où j'aurais eu du mal à m'y retrouver.

J'espère que le fond sera traité dans ce congrès, car ce qui nous manque actuellement, ce n'est pas des militants, des élus ou des sympathisants près à voter pour nous, mais c'est bel et bien un projet politique de fond alternatif et crédible.

Au moment du choix, pensez aux français camarades, quel que soit votre courant ou chapelle, pensez au fond, pour travailler utilement à la victoire de 2012 !

Pouvez vous préciser qui sont les gauchistes et pourquoi ? .. J'ai du mal à saisir.

Jacques, ce qui nous manque surtout ce sont des militants non élus ou non dépendant d'un élu.
Car la conviction s'efface bien souvent trop vite devant la précarité de son avenir professionnel..

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