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« Université d'été du Parti socialiste : choses vues et lues | Accueil | Et si ils se retrouvaient... »

Pour un ramadan au PS

Nul doute que l'été est fini. Si le soleil et le beau temps semblent se faire désirer, la sérénité des solférinologues et des solferinomaniaco-dépressifs est au plus bas alors que la rentrée politique se profile. C'est, une fois de plus, de la faute des médias. De la même manière que lorsqu'on fait un sujet sur une catastrophe ou un accident, il faut toujours utiliser l'adverbe "littéralement", il faut par définition juger que tout débat, tout mouvement chez les socialistes est la marque d'une crise, d'un déchirement, d'une tension.

A croire qu'à certains moments, les papiers s'écrivent tout seuls, malgré ce qu'on peut dire au journaleux qui n'écrit que ce qui l'arrange. Dès lors qu'ensuite le Parti s'appuie trop sur la presse pour s'adresser à l'opinion, il ne faut pas s'étonner que ladite opinion, contre laquelle les militants ne sont pas vaccinés, ait une vision superficielle, blasée, figée et sceptique par principe. Bref, dresser un tableau sombre de la rentrée socialiste sous prétexte que des personnalités du parti disent des choses qui ne sont si choquantes si surprenantes, c'est faire preuve d'un esprit bien petit. Si on regarde la situation du PS, à la veille de l'Université d'été, le paysage n'avait rien d'un champ de ruine. C'est plutôt une sorte de jachère, naturellement habitée de quelques "mauvaises herbes" mais qui n'attend que la meilleure des semences pour produire les meilleurs des fruits et les plus solides des racines. Au sortir, au contraire, le spectacle est désolant. Curieuse, cette capacité de réussir le "in" et de pourrir l'ensemble avec tout ce qui se passe dans le "off". Il y a là une responsabilité collective... On dira que c'est une manie.

Mais, rien n'est perdu. Depuis l'été, un début de clarification a eu lieu. Socialisme & démocratie, une fois de plus se retrouve, une fois de plus au centre des mouvements les plus significatifs et les plus intéressants. Il faut dire que le courant strausskiste revient de loin. Il y a un an, avec le départ de DSK, l'avenir était incertain car il n'était pas facile de passer mécaniquement à autre chose. Le temps de la présidentielle était derrière ou loin devant - pour Pierre Moscovici, il ne faut pas trop s'en approcher maintenant et il a raison. La tentation de la "rocardisation" avec l'autorité intellectuelle assombrie par l'aventurisme tactique était sérieuse et d'ailleurs, elle en a emporté certains. Il y avait aussi une crainte à ce que 2008 soit "l'année où nous n'étions nulle part". Au final, ça se passe mieux. l'affirmation de Moscovici comme candidat à la succession de François Hollande a donné un objectif politique en termes d'appareil. Restait à construire la dynamique majoritaire autour de cette objectif. L'existence d'une contribution est une première étape.

Le choix de l'unité et de l'ouverture est difficile car il faut savoir conjuguer l'Histoire au passé. On trouve toujours à redire à l'alliance avec tel ou tel, c'est précisément parce que ces différences existent que nous n'étions pas tous ensemble, mais nous devons être suffisamment sûrs de nous pour surmonter et réduire l'importance de ces différences. L'union est un combat, parfois contre nous même. Que n'a-t-on entendu sur les uns et les autres. L'autoritarisme de Delanoë et le classicisme de sa vision du parti, le ringardisme d'Aubry, la perversion de Montebourg, le danger des Fabiusiens etc... Bref, un grand sens de la justesse et de la politique.

Être majoritaire ne se décrète pas, cela se construit et cela prend du temps. Même décriée, l'initiative des Reconstructeurs à laquelle tous les dirigeants de SD ont participé au départ a été la plus importante dans le Parti. C'était aussi la plus audacieuse. Puisque le congrès de Reims devait être historique, autant envisager les choses dans une autre dimension. SD ne se trahissait d'ailleurs nullement puisque personne ne le demandait.

Bref, les "strauss-kahniens" ont été les initiateurs d'un mouvement qui associe globalement les amis de Montebourg, d'Aubry, de Collomb-Guerini-Valls et Fabius puisque tous ces gens-là sont prêts à travailler ensemble globalement. Le texte commun Moscovici, Aubry et Lebranchu constitue une autre avancée, ce furent là les seuls rapprochements. Il était plus que normal que tout cela évoqué, jusque dans la réunion du vendredi soir se matérialise. On ne pouvait dire une chose, l'annoncer, ne pas le faire, avancer puis reculer, bref, la détermination ne pouvait souffrir la moindre hésitation. Mais il ne fallait pas se précipiter. Cela dit, on y verra plus clair lorsqu'on connaîtra le fin mot de l'affaire. Le fait que Montebourg, présent à ce fameux déjeuner rétropédale ensuite laisse penser qu'il y a d'autres vérités à découvrir qui donneront une tonalité à la fin, beaucoup moins manichéenne.

Il reste que malgré tout, Pierre et Martine sortent renforcés car ils ont changé de catégorie. Le premier est dans la cour des grands et il pèse, la seconde peut rassembler autour d'elle au point d'inquiéter les autres, et franchement, cela s'est vu. Le "moscaubrycisme" c'est ce qui peut arriver de mieux au PS.

Pour le faire naître, il faut penser aux convergences. Puisque Pierre et Martine doivent se voir, s'ils se disent yeux dans les yeux ce qu'ils disent aux militants qu'ils veulent convaincre, ils ne peuvent que se joindre. Rappelons que dans les congrès socialistes, on débat sur les orientations, puis on vote pour les premiers secrétaires. Il ne faudrait pas en effet remplacer l'obsession présidentielle en obsession du premier secrétariat. Car pour être premier secrétaire, il faut un socle majoritaire. Pour être un premier secrétaire qui a de l'autorité, il faut de la cohérence à cette majorité. L'axe central peut être, sur le plan idéologique, ce qui a été entamé cet été. Pour le reste, puisque les portes sont ouvertes, qu'ont ne les ferme pas au nez du premier venu...

Alors, en ce début de ramadan, si on pouvait cesser le bazar car dans le flot des images et des petites phrases, il suffit de se glisser dans les conversations, voir, carrément de poser des questions pour s'apercevoir qu'il y en a pour tout le monde comme on dit vulgairement.

Il y a clairement un besoin de gauche, pour cela, il faut une majorité ferme, mais pas fermée.

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Commentaires

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Faut-il vraiment un socle majoritaire pour être premier secrétaire ?
Le flou est tel qu'on peut envisager un premier secrétaire qui ne soit pas de la motion majoritaire.

Même si le réflexe de prudence va jouer pour conforter la motion vainqueur.
Ce serait sans doute assez dangereux.

Les reconstructeurs ont été une démarche intéressante...
Au niveau local, ici en Haute-Garonne, les choses avancent avec les amis de Montebourg, et de Cathy Lemorton. Réunions communes, textes communs.
Je pense qu'on a une chance de prendre la fédé.

Sans doute un exemple à suivre.

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