Congrès de l'Internationale socialiste
Impossible de s’envoler vers l’Attique sans penser à ce grand pays d’où sont parties tant d’idées et dont l’histoire, y compris récente continue de nous mobiliser. Après trois heures de vol sur Olympic et l’arrivée à l’aéroport Venizelos on prend la route pour les hôtels où l’on dort et l’hôtel où se tiennent les travaux. L’internationalisme commence dès l’avion en avisant ici un camarade du PPP pakistanais arborant fièrement à la boutonnière les couleurs du parti de la regrettée Benazir Bhutto, ou là, un ancien ministre de Centrafrique… Pareil pour le petit déjeuner où l’on se croise pour, déjà, commencer à refaire le monde entre le café et les œufs brouillés.
La presse grecque, guère différente de notre presse nationale – toujours prompte à se payer les politiques, qu’ils le méritent ou non – a moqué le fait que l’Internationale socialiste, dont le président est également le chef du parti de l’opposition, le Pasok, Georges Papandreou. C’est que l’Internationale n’est plus simplement la lointaine héritière du mouvement ouvrier. On compte dans les 140 partis représentés et les 700 délégués, des anciens, actuels ou futurs chefs ou membres de gouvernements.
S'il y a une critique à faire, c'est probablement qu'en termes d'images, alors même que, comme le dit François Hollande, l'IS est la seule organisation qui rassemble des pays riches et pauvres en quantité quasiment égale. Mais, honnêtement, vu de l'extérieur, ça fait ressemble plus à Davos qu'à Porto Alegre ! A priori, une troisième voie est possible ! Mais la presse de toutes les façons, n'est jamais contente.
On pourrait penser que l'IS ploie sous le poids de son histoire et de ses contradictions. Héritière des organisations internationales ouvrières, elle n'est plus un endroit où l'on livre des débats idéologiques et où on définit une ligne en s'assurant que les partis membres la suivent. C'est un lieu de "coordination". Du coup, Dans l'IS, compte tenu des évolutions politiques ici et là, des signes qu'il fallait donner, on se retrouve avec, non seulement des partis socialistes, sociaux-démocrates ou travaillistes, mais aussi des mouvements de libération nationale et progressistes.
Surtout, l'évolution de plusieurs de ces partis pose problème et on constate qu'au sein même de l'Internationale, il y a des sujets difficiles : Chypre, le Proche-Orient, le Sahara occidental, la Russie, la Côte d'Ivoire, la Tunisie, l'Egypte, etc...
La faible visibilité également est un problème. Le congrès de l'IS a été médiatisé dans la presse grecque, mais entre la présidence française de l'UE et la libération d'Ingrid Betancourt, il y a peu de chances pour que la presse française en dise un mot. D'autant que l'actualité socialiste c'est "qui a signé la contribution de qui"... On est loin des enjeux qui ont été débattus pendant trois jours à Athènes : la crise alimentaire, la résolution des conflits, le réchauffement climatique...
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