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« Derrière les primaires, le parti de toute la gauche | Accueil | Astérix en créole »

Ils n'auront pas su "tenir"...

Bd_sr Il a suffit d'un appel pour que les signatures se ramassent à la pelle. Pendant que les Birmans enterrent leurs morts, que les Chinois comptent les leurs et qu'on n'a pas encore trouvé de réponses globales à la crise alimentaire qui marque la période où nous vivons, les socialistes, tout à leur congrès ont trouvé quelques sujets d'excitation dont la pertinence politique laisse songeur. Quelques sujets d'actualité ont émaillé le débat à gauche ces derniers jours.

Cela commence à l'extrême gauche avec la polémique sur le passage d'Olivier Besancenot dans l'émission de Michel Drucker. A la Ligue on s'en émeut. Après, Arlette a fait bien pire et puis de toutes façons, qui croit encore que le trotskisme est le dernier ordre monastique encore en activité dans la gauche radicale !

Cela continue avec la déclaration de Pierre Moscovici sur son avenir présidentiel - excusez du peu - auquel il songera sérieusement s'il n'est pas premier secrétaire du Parti socialiste cette année. C'est la deuxième faute qu'il commet. A un moment très mal choisi puisque l'entrée en lice ou en scène de Delanoë réduit d'autant l'espace du député du Doubs qui risque au bout du bout - pour reprendre une expression chère à DSK d'être mis K.O. debout.

Après on plombe dans les profondeurs de la médiocrité avec l'attaque en règle perpétrée par quelques sbires ségolo-royalistes à l'encontre de l'Hebdo des socialistes, qui n'en ferait pas suffisamment pour parler de l'actualité de Royal. Alors que cette semaine on a entendu pour la énième fois une attaque en règle de Sarkozy envers les médias qui ne font pas comme il aurait voulu qu'il fisse, on se souvient que "présider autrement" n'était pas le slogan de campagne de la candidate socialiste.
Certes l'Hebdo n'a pas la rigueur politique ou l'imagination éditoriale de l'Huma, de Politis ou du Nouvel Obs, mais il rend compte de l'actualité des socialistes sans austérité et avec une fidélité qu'on ne saurait lui reprocher. C'est toujours malvenu de la part d'un dirigeant politique de s'en prendre au journal de sa propre organisation. C'est un aveu de faiblesse et d'hypocrisie car depuis quand a-t-on besoin de l'Hebdo pour s'adresser aux militants alors qu'on lui préfère "la grande presse" ?

Mais le plus " marquant " assurément est l'opération "courage et clarté" de Delanoë. C'est le fameux appel.

Alors que la gauche en dehors du PS est en miette et ailleurs en Europe, les sociaux-démocrates accumulent les défaites, le socialisme français reste, pour beaucoup une espèce assez détestable sur laquelle on reviendra, un "socialisme des évidences" qui ne fonctionne qu'en vase clos avec une seule obsession, le maintien des équilibres et la capacité de tout justifier pourvu que rien ne change. J'ai la faiblesse de penser qu'il faut garder l'exigence intellectuelle et politique qui a fait de Socialisme & démocratie une force militante au delà du mécano d'appareil auquel ce courant pouvait ressembler au départ puisqu'il s'agissait alors, en 2002, de former « un pôle majoritaire ». Lorsque l'on veut créer un pôle d'emblée majoritaire, on est peu exigeant sur le fond et on cherche à ratisser large. C'est ce que l'on a tenté par le passé, c'est ce qu'a toujours fait François Hollande, c'est ce que font aujourd'hui Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, chacun à sa manière. Mais être majoritaire pour quoi faire ?

On n'en finit pas de déplorer la crise de leadership au PS. Mais dans une organisation démocratique, ce leadership ne se décrète pas. Il faudra, là-dessus, relire Max Weber, pour se souvenir que les événements permettent aux dirigeants de talent de se révéler.

Socialisme & démocratie, comment tout courant qui n'a jamais été minoritaire, nous n'a amais eu à construire un périmètre pour organiser les siens et rendre plus compliquer les comportements du « un pied dedans un pied dehors ». Bien sûr, tout ce qui permet de renforcer le désir et le plaisir d'être ensemble ou le sentiment d'appartenance est très plaisant, mais si un courant est une organisation politique, il y a aussi des exigences à satisfaire : nous sommes un intellectuel collectif, nous avons des objectifs de progression et une obligation de tenir le cap quel que soit le sens et la force des vents.

La facilité, pour ne pas dire la légèreté, avec laquelle en quelques jours certains sont passé dans un autre camp après plusieurs années en dit long sur leurs convictions, leurs intérêts et la fragilité de leur analyse. Car à bien des égards, Delanoë représente un autre camp. Il a toujours considéré que Socialisme & démocratie n'existait pas. Et pour cause, sur le fond, si peu nous différencient qu'il faut bien trouver les raisons de nos divergences. Et c'est précisément parce que leur caractère politique n'est pas le plus incontournable que la confrontation sera dure – c'est un grand classique. On est toujours plus virulent à l'égard des cousins que des voisins.

Il n'a pas réellement donné suite aux mains tendues alors que sur le fond, il va de soi que le maire de Paris est plus que compatible avec les sociaux-démocrates assumés du PS. Ceux-ci, à la suite de DSK qui avait estimé qu'au lendemain des élections, qu'il fallait s'ouvrir, ont fait des offres. Cela dit, il est plus difficile de s'ouvrir à des gens qui se ferment...

Delanoë, pour rassurer ceux que le pôle des Reconstructeurs inquiète ?

Il y a une perplexité sur la cohérence idéologique des Reconstructeurs parce que certains la réduisent – par commodité de langage probablement, mais du coup, cela prend un autre sens – à une simple alliance avec les fabiusiens.

On peut croire qu'il ne s'agit que d'un simple accord d'appareil. C'est faux. Si au PS tout se termine par un vote, en politique tout devrait commencer et se terminer par des textes. Avant l'empressement de signer le texte de Delanoë, je n'ai lu sur cette liste aucun message de désaccord profond ou de malaise sur les textes en débats dans le pôle des Reconstructeurs. Ou alors en fait, les textes on s'en fout. Et donc, les motivations sont autres…

On peut croire aussi qu'il s'agit de cynisme ou d'amnésie. S'agissant de cynisme ce ne serait ni la seule fois, ni la dernière... S'agissant d'amnésie, il faut être un peu sérieux. Il y a bien des endroits de Paris ou de France où quelqu'un a passé un accord avec un fabiusien ou un NPS contre son propre groupe uniquement pour son intérêt. Là, on est dans le vrai monde. Pour les plus anciens d'entre nous, l'antifabiusisme a été structurant parfois comme certains ont été formés à haïr les rocardiens jugés trop droitiers ou je ne sais quel autre courant du Parti. S'agissant des fabiusiens, quand on les jugeait sur le fond, en effet, ils étaient un courant moderniste pleinement européiste. C'est bien Fabius, à Bercy en 2001 qui voulait faire baisser les impôts. Donc sur le fond, la compatibilité avec une ligne social-démocrate était réelle si on laissait les querelles de côté. D'ailleurs avant qu'il ne quitte le perchoir auquel il s'ennuyait, Fabius envisageait d'aller… au FMI !

Mais bien sûr, le débat européen est passé par là. On av critiqué leur manque de sincérité. Leur « tacticisme ». Depuis, la parenthèse européenne est en train de se refermer avec la position du PS sur le Traité de Lisbonne. A-t-on vu des dissidences, des textes vengeurs ? non, plutôt un texte commun, le premier, signé par des ex partisans du « oui » et du « non ». A moins que certains veuillent continuer à garder le pied dans l'embrasure de la porte. Mais dans quel but ? S'il fallait dire un dernier mot sur l'affaire européenne, on ne voit pas ce qu'il reste d'une éphémère dynamique du "non de gauche" aujourd'hui. La prudence commande d'attendre les européennes de 2009 pour en avoir le cœur net. Mais qu'il nous soit permis d'en douter pour le moment. Tacticisme et haines recuites ? Je n'oublie pas pour ma part que Delanoë a clamé haut et fort qu'il refusait de choisir entre les trois candidats à l'investiture socialiste le 16 novembre 2006. Il l'a fait savoir. Quand on est un responsable socialiste, quand vient l'heure des choix, choisir de ne pas choisir est le pire des choix.

Tout le monde était d'accord à Socialisme & démocratie pour dire qu'il ne fallait pas se laisser entraîner dans le choc des présidentiables. Ceux qui « signent » renforcent ce choc car ils découragent ceux qui pensaient qu'il fallait d'abord finir de reconstruire avant de chercher quelqu'un à investir. Ils accréditent la thèse delanoïste que ce courant n'existe plus depuis que DSK est au FMI et qu'il n'y a pas de raison de « compter avec nous ».

On peut penser que si l'on tranche la question des présidentiables dès ce congrès là, on pourra comme dans les années 70 avoir un chef qui transforme le parti pour le mener à la victoire. Mais voilà, l'Histoire ne repassant pas les plats, peut-on imaginer que ce chef-là restera incontesté en cas de défaite aux européennes ou pire, aux régionales dans le parti tel qu'il est aujourd'hui ? Ne voit-on pas que le ou la battue n'aura de cesse de créer les conditions au détriment du Parti, de ses tâches et de son électorat, d'un match retour ?

Dans un parti socialiste qui, l'année des 40 ans de la constitution de la Ve République va à marche forcée vers sa propre présidentialisation, c'est un pari risqué.

Si on revient au texte, le texte de Bertrand Delanoë définit pas de périmètre car ce n'est pas son but. Il s'agit d'un texte « signable » par le plus grand nombre pour donner l'illusion d'une « majorité potentielle ». Encore faut-il une dynamique et qu'elle soit durable. Hors, dans le PS, certes il y a des gens qui théorisent de nouvelles donnes et des nouvelles idées, mais il y a essentiellement dans ce grand et vieux parti des cadres désireux de stabilité. Ce socle, ce marais ou ce ventre mou des premiers fédéraux qui savent qu'ils font et défont les majorités. Pour le moment on est dans l'attentisme. Ca ne s'agite pas partout. Et pour cause. La conquête du "marais" ne se fait pas à coup de grands textes ou de grands tournants idéologiques quoiqu'on en pense.

Dans la période, il ne faut pas se laisser impressionner par les mouvements des uns et des autres. Il y aurait un paradoxe, alors que nous avons remporté quelques petites victoires dans « la conquête de l'hégémonie culturelle » dans notre parti, que Socialisme & démocratie se délite. On ne compte plus les thèmes, concepts et propositions copiés et repris par d'autres jusque dans la déclaration de principe. Et maintenant, on mettrait au pilori tout le « bagage » pour quoi faire ?

La période qui vient sera décisive. Le choix d'une affirmation identitaire n'exclut pas de s'engager dans une démarche unitaire, c'est la meilleure solution pour ne pas se dissoudre et pour préparer la suite…
 

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C'est compliqué le PS, avec comme modèle plus le chaos avec ses attracteurs étranges qu'une pensée claire et compréhensible. Pourtant le but est simple, s'emparer collectivement du pouvoir pour améliorer les conditions de vie pour tous. Ensuite viennent les circonstances, la nation dans le cadre européen, avec obligation d'émerger économiquement dans la mondialisation pour arriver à mettre en place simultanément un environnement social satisfaisant. Toute la problématique passe par l'innovation. Marx en proposant un montage pervers a plombé la vision que devait avoir la gauche de son destin. Tourner cette page est long et difficile, car l'esprit et le vocabulaire de Marx ont structuré la pensée de gauche. Arriver à dire que la richesse est préférable à la pauvreté est pour certains du marais intellectuel impossible. Et pourtant, il faut écrire une page neuve.

Excellente analyse virulente !

Tout est dit : rien n'est fait.

Cependant la mollesse généraliste du texte de Delanoë laisse de la place à l'émergence d'une troisième force. Je pense qu'il peut réellement se construire quelque chose autour de Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg et Martine Aubry, (représentants de leurs courants)avec pour devenir majoritaire des accords sur la base des textes reconstructeurs avec notamment les fabiusiens.

Tout à fait d'accord, il faut juger et se lier par des textes.

Par contre tu parles des erreurs de Mosco. Quelle était la première ? Quant à la seconde, je ne suis pas tout à fait d'accord : c'était une boutade qui a pris de l'ampleur, qui n'était pas formulé ainsi, et qu'il a rectifié dans ses affirmations ultérieures;

Tout est dit !
En attendant, Le Liban est délaissé de tous...

Tout à fait d'accord rien à rajouter, certains tombent vraiment bien bas... à suivre

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