21 conditions...
Enfin elle est sortie ! La nouvelle déclaration de principes du Parti socialiste - la cinquième - a été présentée à la presse hier, 21 avril, les militants la recevront, les fédérations pourront l'amender. C'est le résultat d'une commission animée par Alain Bergounioux et Henri Weber. Il sera intéressant de voir la manière dont les gens réagissent. Cette "carte d'identité du Parti socialiste", n'est ni un projet ni un programme. C'est un moment, il le fallait, de définition. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. Aussi, puisqu'en politique les mots ont un sens et que tout ne relève pas de l'évidence, il faut dire ce que l'on est, ce que l'on veut faire, pourquoi, comment et avec qui.
Aucun des journalistes présents hier au point de presse n'a tiqué sur le chiffre magique. "21" articles. Référence au siècle ? Non, petit clin d'oeil à un passé dont le déroulement a durablement mis les socialistes sur le divan de l'histoire par rapport aux autres formations de la gauche. D'après ce que j'ai compris, on avait abouti à 19 articles. Deux petits malins se sont imaginés qu'il serait "amusant" d'arriver à 21. Deux articles manquaient. Lesquels ? l'Histoire le dira. Pas par nostalgie, mais pour affirmer que la séquence ouverte en 1920 est finie. Rappel pour mémoire : en juillet 1920, le IIe congrès de l'Internationale communiste définit 21 conditions pour y adhérer. La révolution bolchevique inspire l'ensemble du mouvement ouvrier, mais les prémonitions de Kautksy ou Luxemburg ne suffisent pas à modérer la tendance à la "bolchevisation". On connaît la suite, le Parti socialiste -SFIO réuni en congrès à Tours se divise. 75 % des congressistes décident d'obéir à ces 21 conditions. Cette scission à Tours ouvre la voie vers le Parti communiste et une division durable de la gauche française. Il n'y a que lorsqu'elle a su s'allier, qu'elle a pu vaincre.
Aussi, puisque "le Parti socialiste ne se résigne pas aux divisions de l'Histoire", n'est-il pas le moment de créer les conditions d'une union durable pour vaincre durablement ?
Le texte consacre la social-démocratisation du PS en rompant avec l'idée de révolution qui, au XXIe siècle ne correspond à rien. Il permet au Parti socialiste d'assumer son adhésion à une certaine forme d'économie de marché, puisqu'elle est multiforme - la nôtre, sera sociale et écologique. Nous sommes qui nous sommes et nous ne nous en laissons pas compter - ni par les conservateurs qui sous couvert de modernité sont de faux réformateurs, mais de vrais réactionnaires, ni par la gauche radicale qui sous couvert d'authenticité refuse l'unité d'action politique réformatrice, préférant un sectarisme élitiste, justifié non pas par l'analyse du présent, mais par un passé dépassé (mais pas par elle).
C'est à partir de ce texte que la reconstruction est possible. Il ne faut pas faire comme s'il n'existait pas...

Peut être qu'un jour on fera un congrès réunifiant les partis frêres-ennemis, non ?
Rédigé par: Pablo | le 22 avril 2008 à 18:54
c'est bete de renoncer à la Révolution, à un moment où on a 4 millions de chomeurs en France, l'Euro à 1.60 Dollar, l'inflation qui redémarre et une crise énergétique qui s'annonce.
4 millions de chomeurs, 8L de lait pour une heure de travail, la machine à vapeur qui renchérit et des produits d'importation bon marché : ça rappelle quelque chose à quelqu'un ?
le Belge
Rédigé par: Belgo4.0 | le 23 avril 2008 à 06:59
Deux problèmes : c'est long, trop long et ce système de points est tellement scolaire que l'on se demande si nous savons rédiger.
Rédigé par: abadinte | le 24 avril 2008 à 13:31
Amusant Pierre, tu trouves que cela consacre la socdemisation du PS, FOG trouve que cela consacre la "royalisation" du PS et Fabius est fier que son mot valise "sociale écologie" soit repris: bref, chacun se congratule...
Et si finalement on était d'accord ? ;)
Rédigé par: FP NICOLAS | le 30 avril 2008 à 19:31