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« janvier 2008 | Accueil | mars 2008 »

Les alliances avec le Modem : problème de maths ou question politique ?

Alors que l’on s’avance vers la dernière ligne droite des élections municipales, le Parti socialiste est confronté à une question essentielle : celle des alliances avec le Modem. Depuis l’automne on la voyait venir. Il ne s’agissait pas d’une réflexion de la direction du Parti procédant d’une tentative de caractérisation du parti de François Bayrou, mais d’un fait accompli devant lequel on se retrouvait après les choix faits dans quelques villes importantes du pays.

Un scénario semblable s’était produit entre les deux tours de la présidentielle, de manière désordonnée d’ailleurs. Tout cela levait brutalement le tabou des alliances avec le centre.

Le constat de départ est simple. La somme des voix de gauche – le Parti socialiste et ses alliés traditionnels – est insuffisante pour battre la droite. Avec un Parti communiste crépusculaire et des Verts groupusculaires c’est la fin à cette grande loi électorale de gauche vieille de 70 ans : l’alliance des forces de gauche rend la majorité accessible. « Rassembler à gauche », était le slogan classique des motions de congrès. Mais l’arithmétique s’est substituée à la politique. Certains esprits pourraient penser qu’entre les alliances avec le centre et la participation à des gouvernements de droite, tout est question de nuance, mais c’est faux.

Pour conserver la majorité ou pour la conquérir il faut trouver d’autres alliés, des voix autre part. Faut-il que ce soit au centre, vers la droite ?

L’irruption d’un Modem constitué sur les ruines de l’UDF chrétienne-démocrate enrichie de quelques transfuges des Verts ou du Parti socialiste et de « gens qui auraient voté PS si DSK avait été candidat » a rapidement changé la donne. Sans qu’on cherche bien longtemps à cerner ce parti, on a vu en lui le supplétif électoral idéal pour compenser par la droite ce qu’on perdait à gauche. L’antisarkozysme suffisait. Pourtant en Italie, Romano Prodi a appris à ses dépends que l’anti-berlusconisme, ça ne fait pas une politique.

À l’évidence, la pratique municipale constituera un précédent qui permettra de valider la pertinence de cette nouvelle alliance à ceci près qu’elle ne dit pas son nom.

Les adversaires de cette nouvelle alliance ont trouvé de nouveaux arguments à la lumière des pourparlers de nos amis du SPD en Hesse.

Mais il convient de considérer la situation allemande dans sa globalité. Le SPD, que certains jugent en réalité plus à gauche que le PS, quand il gouverne avec la CDU c’est sur la base d’un accord sur un contrat de gouvernement dans lequel sont précisés les éléments programmatiques pour assurer la gestion des affaires du pays.

Il faut savoir quitter l’arithmétique pour revenir à la politique parfois. Le SPD pâtit de la popularité du gouvernement Merkel que même ses amis de la CDU n’attendaient pas. Il craint que le bénéfice de ce succès ne lui revienne pas. Mais, les Allemands ne voient pas dans Die Linke qu’une alternative de gauche, ils y voient aussi, pour les uns, la trahison de Lafontaine et pour les autres, la survivance de l’ex-SED, le parti stalinien de l’ancienne RDA avec lequel d’ailleurs nos camarades travaillent dans les länder de l’est du pays. Pour les Français, c’était mécanique d’envisager une alliance SDP, Verts, Die Linke. Pour les Allemands, ça n’allait pas de soi.

En France, une discussion sur le Modem s’impose. Il faut en saisir la nature, les contours et les contradictions. Doit-on s’allier ici avec un parti qui là s’allie avec l’UMP et qui fera le contraire ailleurs demain ? Alors que du Congrès d’Epinay aux Assises de la transformation sociale, le Parti socialiste a théorisé ses préférences et choisis en conséquence ses alliances. Etant dans l’opposition suite à deux cuisantes défaites et en proie à une crise profonde, il prenait en compte le nouveau paysage de la gauche et recherchait de nouvelles dynamiques unitaires à construire.

La situation en 2008, quinze ans après est-elle meilleure ? La gauche est aussi en quête, mais cette fois, le PS ne prend pas d’initiative dans son camp. Si un « grand parti de toute la gauche » devait émerger, il occuperait un espace plus large que jamais, mais on voit petit en cherchant l’appoint d’une formation politique volatile. Le désir impérieux du pouvoir immédiat, s’il permet de gagner, doit nous préserver de la dépendance à l’égard d’alliés turbulents – ce qu’on a reproché aux Verts – qui demain pourraient nous tenir en laisse.

Ce qui se passe en Israël ou en Italie est assez éloquent de ce point de vue. Quoiqu’il en soit, la reconstruction du PS, ne pourra pas être complète sans reconstruction de la gauche, ce qui signifie une évolution assumée vers une forme de social-démocratie qui construit objectivement un centre gauche en posant la question au Modem à partir d’un PS influent et rayonnant, qui représente un nouveau débouché pour les déçus des aventures groupusculaires à gauche. La maison commune de la gauche dont nous avons besoin tiendra ainsi compte d’une arithmétique qui cette fois se mettra au service de la politique.

Bensaïd va-t-il adhérer au Parti socialiste ?

Alain Bergounioux et Henri Weber organisent depuis plusieurs mois des rencontres de la rénovation au siège du PS auxquelles ils invitent des intellectuels pour débattre de sujets divers.

La ruse des dates a voulu que Daniel Bensaïd, auteur de l'excellent Eloge de la politique profane, qui précède de quelques semaines une vive réponse à BHL sur la gauche, 40 ans après avoir rédigé son premier livre avec Weber, Mai 68, une répétition générale ? vienne, dans les lieux du PS débattre de l'actualité de la révolution au XXIe siècle.

Bien sûr, c'est amusant de voir le philosophe, théoricien de la LCR - qui d'ailleurs ce soir s'est plus revendiqué léniniste que trotskiste car il pense que Lénine était un formidable penseur du moment présent et notamment de la pluralité politique - débattre avec son ex complice qui, depuis, a "régressé" de la IVe à l'héritière de la IIe Internationale, qui est devenu sénateur, proche de ce qui a été considéré comme l'aile droite moderniste du PS. De l'autre côté, il y avait Alain Bergounioux, social-démocrate assumé, nullement impressionné, ni nostalgique de quelque radicalité que ce soit.

Une telle affiche ne pouvait être que stimulant étant entendu la curiosité enfantine qui anime ces papys de la politique à décortiquer la politique et à envisager les couloirs du possible.

Débat intellectuel trop éloigné des "vraies préoccupations des vrais gens qui veulent du concret tout de suite", peut-être, mais dans le même temps, la politique, quand elle est vécue comme un acte de consommation, se coupe de la possibilité d'envisager l'avenir et ses mutations. Or, gouverner, c'est prévoir.

Ce qui nous différencie de 1968, c'est qu'à l'époque, les révolutionnaires avaient une idée très nette du monde alternatif qu'ils jugeaient nécessaire à construire. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. L'autre monde possible et souhaitable n'est pas défini.

Mais quand on interroge Bensaïd sur les perspectives révolutionnaires du nouveau siècle, il déclare ne pas savoir à quoi elles ressembleront, ni même si elles déboucheront. On est loin du discours prophétique classique des trotskistes qui pronostiquent dans le moindre conflit les germes d'une crise ultérieure qu'il faut féconder pour qu'elle accouche d'une révolution à laquelle le parti révolutionnaire s'est préparé.

C'est une première rupture. Le philosophe concède que la pauvreté croissante met un terme à toutes les possibilités de grands récits collectifs qui permettraient de dessiner un autre avenir. Il déplore une privatisation de tout et une dépolitisation rampante qui se caractérise par une neutralisation de l'espace politique - le mot "gouvernance" c'est "le gouvernement moins la politique" c'est la bonne gestion sans accrocs.

D'ailleurs, il considère que la formation politique et l'organisation sont des questions qui ont changé de nature. Le parti doit être un parti de militants et pas simplement d'adhérents tant il est vrai qu'à l'âge de l'internet, autant on a là un formidable outil de lutte contre la bureaucratisation des organisations, autant c'est un instrument de démobilisation car aucune pétition en ligne ne remplace les rassemblements physiques de personnes dans des réunions par exemple. Par ailleurs, le cybermilitantisme, en diminuant l'espace du débat contradictoire peut conduire à des dérives plébiscitaires dans les choix à faire.

Il concède que les grands partis ne peuvent pas être des partis strictement de militants et qu'ils sont tôt ou tard confrontés à la question des formes diverses d'action politique.

S'agissant de la formation politique, il remarque que les jeunes des années 60 entraient en politique avec des cadres de références constitués dans une classe ouvrière qui avait une mémoire. De nos jours, c'est l'actualité qui constitue la référence, l'intuition et il faut s'armer d'imagination et de patience pour intéresser les gens, dans la formation politique, aux classiques. Il faut donc penser de nouvelles formes de formation politique.

Si dans la révolution il y a une dimension mythique, il dit avec Debord que "lorsqu'on n'a plus de perspective historique, on n'a plus de pensée stratégique".

La deuxième rupture intervient dans le fait qu'il reconnaît la pertinence de l'Europe et d'une nouvelle politique keynésienne pour inverser les tendances actuelles du marché. Au final, la divergence fondamentale entre sociaux-démocrates et révolutionnaires serait dans la formule de Bad Godesberg : "le marché autant que possible, l’Etat autant que nécessaire". Pour les révolutionnaires de la LCR, ce serait plutôt : "l’Etat autant que possible, le marché autant que nécessaire."

Alors Bensaïd, révolutionnaire par principe, mais réformiste pragmatique ? Non. Révolutionnaire pour mettre la barre haut afin d'avancer. Pour aiguillonner une social-démocratie qui doit trouver sa voie entre les écueils du blairisme ou du veltronisme ?

Peut-être. En tout cas, l'idée de révolution est morte de ne pas avoir de perspective alternative au système actuel que seul la social-démocratie, historiquement, a été en mesure de réformer sans catastrophes humaines. C'est tout le drame du trotskisme et du léninisme d'aujourd'hui. En s'obstinant à survivre, voire à supplanter les vieux partis staliniens, au moins en France, il ploie sous la contradiction qui existe entre un conservatisme nostalgique qui l'impuissante tant il est anachronique et un désir d'agir dans le monde tel qu'il dans un désir d'unité avec une gauche réformiste qui représente l'acteur le plus efficace pour la cause des travailleurs, pour peu qu'elle daigne se retrousser les manches puisque comme le dit Weber, il s'agit pour eux de s'organiser à la hauteur de la force qui les exploite pour construire le rapport de force favorable.

Coups de colère

les cons ça ose tout

Allez, j'y vais moi aussi de mon indignation devant ce qu'on ne peut même pas appeler la "présidentielle colère". On savait que Chirac au Salon de l'Agriculture c'était un style. Avec Sarkozy, c'est en effet la rupture. Au moins Chirac, quand il était en colère et qu'il pétait un plomb, ça donnait "what do you want ? Do you want me to go back to my plane ? This is not a method"... Mais il est vrai que Poutine est, lui aussi très coutumier de la vulgarité dans le langage...

Quelle âme torturée que celle de Sarkozy qui étale son opulence, sa violence et ses frasques un jour et qui, le lendemain, fait acte de contrition en flattant les papistes et les barbus islamisants !

Et puis comme par hasard, la parution opportune d'une édition du Parisien où Sarkozy parle aux Français - cette fois, il ne s'est pas invité chez eux comme Giscard.

Bref, il ose tout. C'est même à ça qu'on le reconnaît. Et pourtant, Sarkozy n'est pas con. Il est speed.

Bertrand Delanoë, oui bien sûr !

A Paris, il faut voter à gauche. Bertrand Delanoë est le meilleur candidat et en plus il est de gauche, même s'il ne faut pas le dire trop fort à en entendre certains. On a même vu un candidat se faire prier de retirer le logo du PS de son local de campagne. Dommage, le succès de Delanoë à Paris entre 2001 et maintenant est la preuve que les socialistes ont su changer jusqu'à la capitale. A un moment où certains pensent qu'il ne fait pas bon s'affirmer comme socialiste, c'était une belle preuve de fierté. C'est aussi en annonçant la couleur que la gauche pourra aussi convaincre "par la preuve" comme dirait l'autre. Parce que "tout se tient".

S'agissant de couleur, au moins, à Paris, la gauche se bât en rouge.

Il faut former les journalistes...

En tout cas, ceux qui suivent le PS. En quelques mois, ils ont tous changé. Croissandeau au Nouvel Obs remplace plus ou moins Bazin et Askolovitch, le blond Reveau d'Alonnes a pris la suite de Quinio à Libé et le très "gotainerien" Normand succède à Mandraud au Monde. Ils ont l'air moins arrogants, mais moins au courant aussi... Et vu que malheureusement, les gens se forment une opinion à partir de ce qu'ils lisent, il y a de l'information à donner, mais peut-être pas dans le sens habituel, au moins dans un premier temps !

Vers la réintégration de Georges Frêche ?

Visiblement c'est le souhait de certains dirigeants socialistes. En écoutant Bruno Le Roux, la chose est claire : "On doit reconnaître tout ce qu'a fait Georges Frêche et ne pas limiter son jugement que l'on porte sur lui à des déclarations, que nous avons condamné car elles étaient condamnables".

L'enjeu c'est les sénatoriales de l'automne pour lesquelles, les socialistes héraultais ont choisi le président de Région comme tête de liste. Peut-on avoir comme sénateur socialiste, en plus de Michel Charasse un vieux croûton qui a suffisamment bien servi et desservi le PS ?

On sait bien que la virtuosité rhétorique sur la rénovation et l'éthique s'arrête à la sèche réalité des chiffres : la fédération de l'Hérault, sans être celle des Bouches du Rhône ou du Pas-de-Calais, fait néanmoins partie des faiseuses de roi, mais subordonner le destin du parti à celui d'un vieux con raciste... On peut bien se gausser des propos d'un soutien à Cavada sur "le vote juif" à Paris, et ignorer les propos imbéciles de Frêche. On ne sera pas à une contradiction près. Mais alors s'il y a une différence entre la gauche et la droite...

Thriller a 25 ans...

Thriller Et Michael Jackson 50 ans bientôt. Il faut bien se décider à reconnaître que quand le temps passe, les rides apparaissent et que les jeunes de nos jours ne "kiffent pas" comme nous devant la parade des morts-vivants de ce qui apparaissaient alors comme une innovation en matière de clip. Dans les années 80, dans la lointaine Martinique, la Jacksonmania a aussi déferlé telle un cyclone. Climat tropical oblige, peu de blousons rouges zippés de partout, mais on recopiait le style. Les chaussettes blanches avec les mocassins, sous des pantalons pas trop longs, c'était classe à l'époque. Un mélange d'années 50-60 et de cet esthétique "Michael Jackson" qui, bien qu'elle fut tout en fragilité, passait bien. Et au milieu des cravates en cuir obligatoires dans certains milieux branchés, la combinaison "pantalon noir en viscose, chemise rose, nœud pap rouge" pour faire comme dans Billie Jean, "c'était fait'" comme on disait.

On avait, oublié qu'il y avait eu une vie avant Thriller dans la carrière de Michael Jackson. Mais à une époque où tout le monde n'avait pas encore de magnétoscope - les JVC coûtaient 10 000 francs en 1982 - il n'y avait qu'une seule chaîne - FR3 Martinique, on devait se contenter des miettes. Pas MTV, mais les Enfants du rock. Pour nous, la musique noire passait par un filtre blanc.

Billie Jean, Beat it et Thriller furent les tubes les plus entendus, mais les connaisseurs savaient quand dans cet album il y avait d'autres perles car tant qu'on pouvait se targuer d'entendre encore une nouvelle chanson du phénomène, on était au septième ciel. Bien sûr, tout était légende, tout faisait partie du machin : enfant star avec les Jackson five, qu'on adorait parce que leurs coups afro et leur musique rappelait nos oncles et leur pattes d'ef, le "vlap" que portaient encore les "Haïtiens" que l'on moquait pour cela cruellement. On se doutait que son enfance lui avait échappé, mais on ne s'interrogeait pas ce que cela signifiait. Les excentricités comme la chirurgie esthétique ou le fameux accident sur le tournage de la pub Pepsi ou le mystère qui entourait la relation avec Diana Ross, tout cela fait de Michael, l'anti-homme, une icône, et cela marchait.

Il restait un héros noir pour nos qui commencions à saisir le monde. Ca ressortait plus que les acteurs noirs qu'on voyait dans les séries TV, d'Antonio Fargas à Gref Germain.

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Si Ségolène Royal voulait…

Elle pourrait prendre le Parti socialiste. La victoire annoncée des municipales crée une situation d’apaisement car à moins de défaites symboliques, nul ne pourra incarner « la victoire » à lui seul. En l’occurrence, Delanoë ne sera qu’un maire réélu parmi d’autres. Ce serait le moment idéal de passer à l’offensive, de manière déterminée. L’impressionnisme du parti la sert. Il suffit qu’elle s’exprime pour que l’attention des médias soit focalisée sur elle quelques jours.

Mais si elle veut le Parti, elle doit l’épouser. Si elle veut l’épouser, elle doit le séduire. Ce n’est pas tout ou rien. Faire un pas vers lui pour l’emmener, après, où elle veut.

On est un peu comme dans la période de l’après Almunia au PSOE ou de l’après Kinnock-Smith au Labour où les amis de Zapatero et de Blair formaient un petit groupe qui s’est imposé, mais qui a été adoubé par les gros porteurs de mandat.

Il faudrait ensuite qu’elle fasse comme Jospin après 1995, où si ça la gêne trop, comme Alexandre : faire des chefs qu’elle a battu, ses généraux. Plus précisément, ne pas faire de purge, ne pas penser sa victoire comme une revanche, mais associer tout le monde dans un processus qui parle à tout le monde.

Il ne s’agit pas de « royaliser le PS », mais pour Ségolène, de se socialiser un peu plus tout en gardant sa spécificité pour associer son capital personnel à celui du parti sans lequel, elle ne peut pas aller bien loin.

En politique, on fait des compromis. Cela suppose une dissolution de Désirs d’avenir car le travail de fraction ne peut conduire qu’à la division et il serait paradoxal de participer à la rénovation du PS en gardant une organisation qui se pense comme concurrence ou alternative. Ce n’est pas « tout ou rien » ou « à prendre ou à laisser ».

Bref, la conquête du Parti socialiste obéit à une certaine grammaire, même si elle doit être revisitée plus tard.

Bien sûr, ce n’est pas un souhait, c’est une réflexion sur ce qu’elle pourrait faire. Est-ce souhaitable pour le Parti socialiste ?

Sur la base de ce qu’on a vu, lu et entendu jusqu’à maintenant, non car sinon, les Reconstructeurs auraient cherché à travailler avec elle, mais il n’existe pas de convergences suffisantes. Il y a même des divergences de fond importantes. Nous ne pensons pas que tout, au PS doive être subordonné à la présidentielle de 2012, nous ne pensons pas, comme Vincent Peillon qu’il faille fonctionner comme si Royal était « la candidat naturelle » du PS, ce qui arrive à Hillary Clinton devrait en faire réfléchir certains d’ailleurs. Nous ne croyons pas qu’il faille se défaire du PS pour battre la droite car on déposéderait la gauche d’une structure qu’il faut réformer, mais nullement démanteler.
Enfin, nous ne pensons pas que le combat idéologique contre la droite se gagne en multipliant les points d’accord sur le fond et en ne critiquant que les mises en œuvre. Il y a une divergence fondamentale sur l’analyse, sur les causes et les conséquences de la situation sociale, économique et politique du pays.

Bref, il ne s’agit pas de tordre la réalité ou de piper les dés pour gagner sans combattre. Il s’agit de restaurer la gauche dans ses valeurs et dans sa modernité pour opposer à la droite, non pas une version de gauche de son propre programme, mais un programme progressiste pour répondre aux dégâts causés par une politique conservatrice.

Trois arguments pour la reconstruction

Dans le Monde daté du 20 février, Michel Noblecourt, solférinologue émérite pointait la contradiction qu’il y a à voir dans le PS un parti d’élus, bien implanté à un échelon municipal, qui est bizarrement insuffisamment représenté dans ses propres instances de direction nationale. Si depuis longtemps, le PS est plus « social-démocrate » qu’il ne veut bien le dire par l’articulation quasi organique qui existe entre le pouvoir municipal, le tissu associatif et les réseaux partisans, il devra choisir au lendemain du 16 mars entre trois chemins.

Entre le local et le national, il y a le socialisme

Depuis un certain temps, à Socialisme & démocratie, la réflexion existe. Elle a d’ailleurs été évoquée par Emeric Brehier dans une récente livraison de la Lettre de Socialisme & démocratie.

D’un côté, la tentation du repli « localiste » sur la base d’une victoire aux municipales en 2008 qui rappellerait la victoire aux régionales de 2004. En possédant presque tous les pouvoirs locaux, on peut faire l’économie de la conquête du pouvoir national. Le PS, parti d’élus, achèverait alors son glissement électoraliste après avoir délaissé les travaux théoriques, il se vide de son sens, étant enfermé, tel un hamster dans sa roue, dans un cycle « élections – congrès – élections » qui sert de prétexte pour reporter aux calendes grecques toute clarification au nom de l’impératif de l’unité. Quitte à ne plus donner de sens à l’action politique et aux victoires que l’on remporte.

De l’autre côté, la tentation de la « subordination présidentialiste ». Prenant acte de l’inversion du calendrier et du quinquennat qui raccourcit les cycles, désormais au PS, tout doit être lié à la perspective de la présidentielle. Rien , ni les programmes, ni les projets, ne doit perturber la seule question qui vaille, comment gagner la présidentielle pour les uns, comment garantir sans contretemps le succès d’un tel – écrit à l’avance de préférence…

Déjà, certains, au risque d’un strabisme politique qui serait fatal, ont un œil rivé sur les primaires américaines et un autre sur les primaires italiennes. Celle-ci était d’une efficacité fictive, car le résultat était sans surprise, en outre l’instabilité chronique de la II e République a manifestement limité l’effet produit par l’investiture de Prodi en 2006. Quant à la constitution du Parti démocrate, elle participe d’une logique qui consiste à déclarer la mort clinique du parti pour le prendre plus facilement en s’armant de « l’ouverture » sans se soucier des contradictions que cela induit. Au final, constituer un grand parti de la gauche dont l’adhésion au PSE fait problème aux cadres du PD et voir le PSE envisager de changer ses statuts – voire son nom – pour donner corps à tout cela, voilà une question qui mérite d’être examinée avec plus de circonspection que de fascination.
S’agissant des primaires américaines, elles sont possibles avec des partis sans existence réelle entre deux élections. En outre, les candidats américains vont au bout du combat. Quitte à créer des affrontements que l’été ne fera pas fondre suffisamment pour qu’on les oublie de sitôt. Là encore une leçon. Le clan Clinton croyait en une candidature naturelle, il aura été puni de tant d’arrogance.
Si le Parti socialiste devient un parti présidentiel, il se videra lui aussi de son contenu car tout en lui, du ralliement des intelligences et des talents aux prises de positions se fera dans un seul but, garder en permanence ses chances de gagner l’Elysée. Seuls compteront les sondages et les avis des commentateurs quoiqu’en disent les valeurs de gauche ou les convictions intimes. C’est peut-être déjà le cas non ?

Autant « entre le plan et le marché, il y a le socialisme », autant, entre les pouvoirs locaux et les mandats nationaux, il y a aussi le socialisme démocratique, celui qui agit avec les corps intermédiaires, qui est en résonance avec le mouvement social et qui se nourrit aussi bien de l’interpellation populaire et de la réflexion des intellectuels que de la réponse à la demande politique. Bref, à l’heure du marché dominant, le socialisme n’est pas un produit manufacturé fabriqué dans une usine qui fournirait autant de marques que l’UMP ou le PS…

C’est un des constats d’ailleurs de la dernière période, celui de croire qu’hors du pouvoir, rien n’est possible. Dire cela, c’est ignorer l’histoire et la fonction de la gauche en France. Il n’y a jamais de pause dans l’organisation et le travail avec les salariés et toutes les couches de la société.

L’antisarkozysme trouve son débouché à gauche

L’appel de la Saint-Valentin serait-il le massacre des concurrents comme pour Al Capone en 1929 ? Où l’on verrait dans l’antisarkozysme pétitionnaire, l’alliance de gens qui se répartiraient l’après sur les décombres de l’existant ? S’il n y a pas grand chose à redire du texte, il faut parler du contexte. Une bonne partie de la droite a toujours voulu gommer les clivages entre la gauche et la droite. A gauche, Ségolène Royal a toujours voulu lutter contre « l’affrontement bloc contre bloc ». Et voilà qu’on retrouve dans un même texte, des socialistes que la presse a déjà investi comme futurs leaders du parti, des hommes de droite et Farnçois Bayrou dont la peau dépend désormais du sort qui lui sera fait à Pau. Même du temps de la lutte contre le Front national, on n’avait pas atteint ce niveau-là de dépolitisation.

Que des personnes isolées dans des partis à la dérive y voient un moyen de se maintenir dans l’arène politico-médiatique, on y est habitué, mais ce n’est pas le cas de nos socialistes signataires – d’être isolées… Si le sarkozysme est une dérive personnelle de l’exercice du pouvoir, il a été caractérisé, souvent d’ailleurs par des gens de gauche. L’hyperprésidence par exemple. Chacun convient qu’il faut lui opposer une alternative. Elle ne peut être que politique. C’est-à-dire la proposition d’un projet sur la base du rejet. Il faut donner une couleur à l’antisarkozyme. Ce n’est pas l’orange, mélange du rouge de gauche et du jaune des gens qui résistent mal aux intimidations du pouvoir. Ce ne peut être non plus le bleu roi de Villepin, l’ancien chef de la majorité toujours au pouvoir ou de Dupont-Aignan, le gaulliste anti-européen. Nous n’avons rien en commun avec ces gens-là.

L’antisarkozysme se porte mieux à gauche. On dira que sur certains points les démocrates ou les républicains peuvent se retrouver. Mais sera-t-on d’accord sur la laïcité, la question sociale, la répartition des richesses et la place du social en Europe ? Pas sûr… Avec le Modem, y-a—t-il suffisamment de convergences pour reléguer les divergences au second plan ? Il va bien falloir en parler un jour.

Les maires, maçons de la reconstruction

Ce texte risque de ressouder la droite à deux semaines des élections municipales. Les observateurs s’accordent déjà pour dire que la victoire de la gauche ne sera pas l’effet du désir de gauche, mais du rejet de Sarkozy. Pourtant, dans nos villes, les projets sont sincères et les candidats sont sérieux. Si bien que pour les socialistes, 2008 doit avoir la saveur renouvelée de 1977 où une nouvelle manière de faire de la politique au plan local avec de nouveaux acteurs avait démontré que le PS d’Epinay et celui des Assises du socialisme était non seulement capable de rassembler la gauche, mais aussi de créer le changement dans des villes de toutes tailles. La victoire à Paris et à Lyon avait démontré que dans les très grandes villes, tout était également possible.

Dans un pays où la majorité des gens vivent en ville, le rôle du maire est donc primordial. C’est un entrepreneur, un chef d’équipe, un inventeur, un intercesseur. Bref, une pièce maîtresse dans le dispositif de la gauche. Pas pour constituer une nouvelle noblesse, mais aussi dans le travail de reconstruction idéologique dont le parti a besoin. On a vu comment les maires des quartiers populaires pouvaient être à l’initiative. Il ne faut pas attendre les crises pour les mettre en première ligne. Ceux qui gagneront incarneront une nouvelle génération politique sur laquelle il faudra s’appuyer pour donner un contenu pratique au parti socialiste reconstruit si on veut commencer à ébranler sérieusement le château du sarkozysme.

Religion, laïcité, mémoire : la grande braderie

Il avait dit « pas de repentance ». Mais, finalement, il a dit tellement de choses, il parle tellement que tôt ou tard, il finit par se contredire. Pire, il viendra vite un temps où la parole présidentielle ne sera plus essentielle, mais superficielle…
A défaut de trouver le moyen de relancer et de faire durer la croissance, Nicolas Sarkozy a décidé de se réfugier sous les yeux de la France ébahie, dans les limbes de la croyance. Prenant exemple sur un Mitterrand en fin de mandat et bientôt en fin de vie, Sarkozy affirme croire, lui aussi aux forces de l’esprit. Curieuse référence de la part d’un président qui est persuadé qu’il n’en est qu’au début de son… premier mandat.
Le président est, depuis longtemps, un croyant. Il le confesse et il l’écrit. D’ailleurs, son dernier livre personnel, en 2004 abordait ce sujet. Il fallait donc s’attendre à ce qu’en cas de victoire, la mystique tente de de s’imposer à la république.
Comme Bush d’ailleurs, il y a un côté « born again » d’autant moins crédible qu’un président qui vit dans une opulence affichée, une désinvolture revendiquée, ce que Régis Debray nomme gentillement « l’obscénité démocratique », ne peut à la fois confesser sa foi et rechercher le luxe, ou alors, il a mal lu les Evangiles.
Pour Sarkozy, la religion soit plus visible. La place qu'il réserve à la religion dans la société est une vraie rupture dans la République, comme sa conception de la laïcité. Après le discours du Latran, de Ryad ou de Dakar, le sarkozysme se fait encore un peu plus précis. Il a achevé son tour du monde des monothéïsmes devant le Crif. Mais c’est un peu court comme symbolique. Le Vatican ne représente que les catholiques dont il faut toujours rappelé qu’ils ont constitué une force politique qui en tant que telle, s’opposa à la République dès les origines et qu’il fallu une encyclique papale en 1892 pour que les catholiques, jusque là royalistes, se rallient à la République. Il faut rajouter à cela, la doctrine sociale de l’Eglise qui, encore une fois avec un retard sur la réalité des faits se décide à condamner « la misère et la pauvreté » tout en dénonçant « le socialisme athée » et les « excès du capitalisme ». On le voit bien la doctrine « sociale » de Sarkozy quand il faut défendre les ouvriers mis à la rue par Mittal ou le scandale de la Société générale puise dans les classiques, mais pas ceux de la République. Le même qui critique la « gauche du Café de Flore » pourrait tout autant fustiger les patrons qui exploitent ou qui boursicotent en allant fidèlement à la messe. On n’est pas à une contradiction près…
Ryad, n’est pas loin du centre de l’islam, mais la capitale de la monarchie saoudienne est aussi le centre d’une version particulièrement rétrograde de l’islam. Les droits des femmes, la liberté et le droit de ne pas avoir de religion sont loin d’être des acquis bien ancrés dans le sable du Hejdaz… Au contraire, les princes du pétrole sont aussi riches qu’ils sont rétrogrades.
Quant au Crif, tout le monde sait qu’il ne représente pas toute la communauté juive dans sa diversité ou son dynamisme, au passage, ce n’est pas à proprement parler une institution religieuse. Mais l’essentiel n’est pas là.
La question du parrainage d’un enfant victime de la Shoah par des élèves ou des classes de CM2, fait polémique. Bien sûr, c’est un sujet sensible. Bien sûr Sarkozy sait ce qu’il fait. Cette dernière trouvaille n’est pas simplement la matière d’une nouvelle polémique dont la France raffole.

C’est ignorer le contenu des programmes scolaires et la réalité du travail des enseignants que de réinventer un devoir de mémoire accompli depuis longtemps et sur lequel la vigilance demeure.

Dans la France métissée que dira-t-on au petit Maghrebin dont le grand-père a combattu dans les rangs du FLN ou au petit Antillais descendant d'esclaves qui diront "mais la Shoa ce n'est pas mon histoire, je n'en suis pas tributaire ?" On le collera pour apologie de crimes de guerre ?

S'il faut faire vivre la flamme de la mémoire, c'est pour que cela fasse sens et donc que toutes les mémoires blessées soient pareillement honorées. C'est comme cela que la République continuera d'être une et indivisible.

Alors que, depuis plusieurs mois, les Français trouvent la vie de plus en plus chère et que le gouffre entre les effets d’intention et les résultats du gouvernement devient abyssal, Sarkozy tente une fois de plus une diversion. Comme s’il fallait éloigner le peuple du réel pour lui masquer son incapacité à le transformer. Sauf qu’en France, depuis bien longtemps, le peuple a décroché de l’opium.
Il faut replacer cette idée dans un contexte plus large, celui de la conception sarkozyenne de la laïcité et de la mémoire nationale. En outre, le phénomène n’est pas isolé. En Espagne, alors que la campagne pour les élections législatives bat son plein, le Parti populaire dont le rapport au franquisme n’a jamais été clair a repris le discours anti-immigration de Sarkozy dans sa plate forme. L’église catholique a repris une offensive politique contre les réformes de Zapatero et Aznar, bien qu’il soit moins présent dans la vie politique de son parti s’est lui-même radicalisé.

Puisqu’on prétend que les idéologies sont réductibles aux barbaries du siècle passé et que le libéralisme lui-même n’est pas une idéologie, il faut bien remplacer « l’espoir » par la quête de l’espérance. On construit l’idée que la laïcité est une hérésie dont toutes les religions furent victimes pour estimer que « religion et république sont complémentaires ». Bien sûr qu’en France plus qu’ailleurs, le rapport au religieux est plus conflictuel. Mais si les tenants de la « religion majoritaire » ne s’étaient pas transformés en ennemis de la liberté et de l’émancipation sociale, il n’y aurait pas eu tant de méfiance.

La laïcité est un acquis majeur et pas que pour la gauche. Elle garantie l'égalité de ceux qui croient et de ceux qui ne croient pas. Le fait pour Sarkozy de jouer les révisionnistes en parlant du "fanatisme" qui menace la laïcité démontrer son opposition à cette valeur. Si le Président doit représenter tous les Français, nul doute que certains sont plus égaux que d’autres par lui dans ces circonstances.
La République ne peut sous-traiter aux religions des domaines qui relèvent de sa propre compétence. Souhaiter que le religieux prenne plus de place dans l’espace public pose un problème politique car au nom de quoi se fera la régulation entre croyances qui ne souffrent pas toujours les compromis ?
Cette fausse quête mystique est une mystification et une menace. Une mystification car derrière la fausse religiosité il y a un vrai conservatisme à l’œuvre. Une menace car c’est tout le contrat social et l’héritage de la Révolution française et de la République qui serait en danger dans la mesure où toute religion cherche à imposer, c’est sa nature, à terme, ce qu’elle perçoit comme principes divins par-dessus les droits humains. Autant cela se comprend dans la communauté des croyants, autant dans une communauté de croyants et d’incroyants qui jouissent tous de l’égalité des droits, c’est inacceptable.

Voilà pourquoi, sur ce sujet aussi, la gauche doit se réveiller car manifestement, une fois de plus, le Président de la République continue, même après les soldes, de brader la République.

Le néo-poujadisme, nouvelle trouvaille de la droite parisienne ?

Les effets du buzz étant ce qu'ils sont, j'ai regardé la vidéo de Stefanovitch, où, avec Cavada au premier rang, déverse son venin poujadiste contre les juifs et les homosexuels favorisés par Delanoë.

Yvan Stéfanovitch dit si souvent qu'il est journaliste, que c'en devient suspect. "J’utilise d’abord une vieille technique journalistique qui consiste à fréquenter les bistrots installés autour de l’organisme sur lequel j’enquête" dit-il dans un entretien au site "contribuables.org". Stéfanovitch est comme Montaldo hier, un Torquemada aux petits pieds aux passions obsessionnelles. Qu'il écrive, passe encore - qu'il fasse campagne pour la droite parisienne, voilà qui étonne. La droite parisienne est-elle si aux abois que cela, qu'elle verse dans le néo-poujadisme pour tenter de grappiller quelques voix ?

Et Jean-Marie Cavada, qu'ados, nous regardions avec passion décrypter la Marche du siècle est finalement devenu avec la politique ce qu'il est vraiment, un hyper cynique, sûr de lui et manipulateur.

Il a déclaré ne rien avoir entendu... Ne serait-ce pas un cousin éloigné de cet arbitre du match entre Metz et Valenciennes ce week-end ?

Il y a quelque chose de nauséabond dans le propos de cette vidéo. Au-delà de la curieuse et morbide comparaison du montant des subventions données par la ville en fonction du camp d'extermination dont on a réchappé, il y a ce truc immonde où visiblement, il n'y en aurait que pour les juifs et les homosexuels. Pire, "le vote juif" et les "4x4 qui polluent et qui causent les embouteillages"...

Stefanovitch ou Philippe Henriot réincarné !

Je voterais bien pour un "tocard" moi !

Ca y est, la Panaf s'est lâchée. A l'heure où nous sommes tous filmés ou podcastés, où chacun a, au bout de son mobile un monde sous surveillance, la candidate de la droite a perdu une occasion de se taire. j'aimais bien, je l'avoue, l'allure de cette femme de droite, belle-mère idéale, aux apparences de bourgeoise branchée. Mais puisqu'on ne peut réduire une personnalité politique à son look, il faut bien lui prêter attention et la juger sur pièces.

Françoise de Panafieu, c'est la fille Missoffe. Le ministre a qui Dany avait demandé du feu à côté de la piscine de Nanterre. Le même Dany dont on a dit qu'il avait eu une liaison avec la petite Françoise. Elle a démenti. Ceci dit, on imagine le côté exotique ou "revanche de classe" qu'il y a - cela dépend de quel côté on se trouve - à imaginer un jeune anarchiste jouissant sans entrave avec une jeune bourgeoise au charme discret à une époque où les Valseuses choquaient les bonnes âmes...

Elue depuis 20 ans, produit fidèle du système Chirac-Tiberi, Panafieu est finalement ce qu'il reste du duel Séguin-Tibéri de 2001. Comment faire confiance à une personne qui a grandi avec le système Dominati-Tiberi ? Qui n'a jamais rien trouvé à redire de la manière dont le RPR s'est servi de la Mairie de Paris ?

La députée maire du 17e qui a changé de circonscription quand elle a vu venir le danger - quel courage ! - qui a voté contre la loi sur la parité et pour les test ADN, n'a jamais été capable de créer les conditions d'une dynamique UMP à Paris. On peut bien se moquer de la fête du slip qui se déroule à Neuilly, mais à Paris c'est pas si différent. D'ailleurs, elle a bien compris depuis longtemps que Sarkozy, comme Hannibal évitant Rome, avait, depuis longtemps décidé de faire l'impasse sur Paris...

Souhaiter la victoire de Delanoë ou refuser d'être associé à la défaite de ses amis, cela revient au même.

Donc, les mots furent bien ciselés s'agissant du candidat socialiste. Mais les tocards, c'est quoi en fait. D'après les dictionnaires, un "tocard" c'est un mauvais cheval, ou une personne incapable.

Delanoë incapable ? Alors que l'UMP a su mettre en place dès 2001 d'ailleurs, une machine de guerre pour gagner les municipales et ensuite les législatives et la présidentielle deux fois de suite, la droite parisienne est encore toute fissurée des tensions passées. Au sein même du parti de l'ordre, règne le désordre. Dissidences dans tous les sens, turbulences sans vacances, la droite n'est en rien exemplaire pour le pays.

Si Panafieu proposait que tout Paris deviennent comme le 17e avec le même niveau de vie et la même qualité que dans les abord du parc de Monceau, ce serait bien, mais on se doute que pour elle, ce sera Passy pour les nantis et Clichy pour les autres...Bref, avec elle, ce sera le statu quo ou pire, la réaction.

Quand vient le Têt, les faits sont têtus...

30825 C'est l'année du rat. En général, je n'y accorde aucune importance, mais c'est l'année du rat et nous sommes en 2008. La fête du Têt en 1968 fut l'occasion pour les Vietcongs de lancer une offensive de grande envergure contre le sud Vietnam et de porter la guerre à un paroxysme en termes de difficultés pour les Américains. C'est le moment où la contestation fut aussi la plus forte et, ironie du sort, le mouvement de protestation contre la guerre s'en prit à la convention démocrate qui se tenait à Chicago. Ceux qui ont vécu 1968 se souviennent de la violence avec laquelle la police chargea la foule. Il est vrai que la ville était encore sous la férule de Richard J. Daley, le maire démocrate, figure historique de la ville.

Hillary et son mari appartiennent à cette génération de la gauche contestataire des années 60. Barack Obama était encore un enfant.

Aujourd'hui, il y a aussi une guerre lointaine, là-bas en Asie, une Amérique qui doute, une protestation d'ampleur différente. Les choses sont différentes. En 1968, les démocrates ont payé cher l'engagement au Vietnam. Certes, Bob Kennedy caracolait dans les primaires, mais son assassinat en juin a stoppé net l'élan sur lequel les démocrates surfaient depuis huit ans, depuis l'élection et la présidence de JFK. La croissance était là, la question raciale, telle qu'elle se posait depuis la fin de l'esclavage, était en passe d'être résolue avec la victoire du mouvement des droits civiques... L'anticommunisme caricatural des républicains et les maladresses de Nixon faisaient le reste. Mais déjà à l'époque, ce qu'on appelait "le complexe militaro indusctriel" et les empires pétroliers texans avaient leur mot à dire dans les affaires du pays à l'extérieur.

Le Mur tombé, c'est l'anti-islamisme hystérique des républicains qui a pris le pas, malgré des accointances très contrastées avec les pétro-monarchies du Golfe et notamment l'Arabie saoudite. La droite américaine a tiré les conclusions de l'état dans lequel les "hippies" ont mis la société selon elle. La déchéance morale et le vice. Reagan a été une première victoire et Bush junior une deuxième puisqu'avec la victoire de Clinton, on avait, en quelques sortes, assisté à la revanche des soixante-huitards. Ils ne prônent plus l'amour libre - sauf à la Maison blanche auraient dit des esprits débiles - les hippies sont devenus parfois des yuppies - certains ont fondé de grandes entreprises qui font plein de profit.

Bush junior ce fut donc une deuxième révolution conservatrice, une autre contre révolution. Si le communisme pouvait trouver cachés dans votre maison, des ennemis de l'intérieur, l'islam ou plus précisément "le terrorisme" avait un visage, une couleur et des consonances dans les noms.

Mais si on voit là un lien de plus entre la guerre du Vietnam et la guerre d'Irak, des conflits longs, injustifiés, où le système militaire est inadapté à la nature même du conflit - on avait expérimenté en Indochine déjà "la guerre subversive" et les officiers qui servent en Irak ont droit à des projections pédagogiques avec La bataille d'Alger, force est de constater qu'aucune leçon n'a été tirée de l'expérience.

Européennes 2009 : c'est notre affaire !

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