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« août 2007 | Accueil | octobre 2007 »

Mister MD...

Ca y est. le FMI a un nouveau directeur général. C'est un socialiste français... Le Parti socialiste a été très avare de réactions sur cette nomination, un peu comme s'il fallait osciller entre l'indifférence, la jalousie ou une certaine gêne de voire un dirigeant du Parti qui n'a pas les faveurs de tous, accéder à une si haute fonction, à la tête d'une institution décriée à juste titre. Mais cela, c'est le petit bain. Car bien évidemment, l'essentiel est ailleurs.

Pour des socialistes, partisans d'une mondialisation solidaire et qui pensent pour cela qu'il faut démocratiser les instruments de régulation que sont la Banque mondiale, le FMI et l'OMC, quand l'occasion se présent pour un des nôtres de prendre la tête d'une de ces institutions, on ne peut se dérober. Bien sûr, le FMI ou l'OMC, dirigée par Pascal Lamy, ne sont pas devenu des organismes noyautés par le PS. Ni Dominique, ni Lamy ne prendront leurs décisions sur la base de votes intervenus au Bureau national du PS entre deux débats sur la place d'une virgule dans un communiqué de presse ! Mais on peut se prendre à rêver au dialogue.

Car enfin, puisque le Parti socialiste se réclame du réformisme, de la même manière qu'il tente de conquérir les instruments du pouvoir dans les collectivités territoriales et au niveau parlementaire pour influencer sur les décisions publiques afin qu'elles servent la cause de la justice et de l'égalité, de même, il n'est pas interdit de le souhaiter et de créer les conditions de l'obtenir au niveau mondial.

C'est aussi voir grand, sans s'illusionner... Nous ne sommes plus à l'époque de Bretton Woods. Le consensus de Washington n'a plus de sens. L'ordre ancien qui voulait que les pays du nord dominent les pays du sud n'est plus. Le développement partagé et durable veut que le FMI cesse d'imposer la loi de la finance venue du nord aux besoins de croissance exprimés au sud.

DSK a indiqué les réformes qu'il voulait faire. Elles vont dans le bon sens. Si le PS veut être utile, il doit soutenir ces réformes et inciter le gouvernement ainsi qu'agir dans le PSE pour que la France et l'Europe soutiennent ces réformes. On le voit sur les accords de partenariat économique, les pays ACP ne voient plus la différence entre les Etats-Unis et l'Europe dans le caractère agressif et égoïste d'une politique de développement !

Bonne chance mon cher Dominique !

Brèves du monde

Politique étrangère : la chiraquisation de Sarkozy

Le discours de Nicolas Sarkozy rappelle celui de Chirac à Johannesburg sur « la maison qui brûle » Il est dans la tradition universaliste française qui consiste à énoncer de grands principes sur la justice, la lutte contre la pauvreté ou encore la nécessité de « moraliser le capitalisme financier ». La prise en compte de la dimension écologique est une bonne chose, mais il faut passer des discours aux actes et évoluer vers une diplomatie plus multilatéraliste, c’est-à-dire que la France prenne en compte les Nations Unies car pour le moment, depuis son arrivée au pouvoir, une très grande partie de l’activité du président a été de multiplier les signes en faveur de l’administration Bush.

La vraie rupture avec la diplomatie de Jacques Chirac serait de passer aux choses concrètes. Sinon, ce serait du chiraquisme jusqu’au bout : des discours et rien derrière.

Appeler de ses vœux un New deal écologique va dans le bon sens à condition que l’on s’adresse aussi aux Etats-Unis qui sont le principal opposant à ce New deal par leur refus de ratifier le protocole de Kyoto.

Sur la question du nucléaire, Sarkozy veut exporter du nucléaire dans un objectif commercial. Mais a-t-on les garanties que le programme de développement de nucléaire civil ne permette pas d’évoluer vers le nucléaire militaire ?

Au PASOK aussi on rénove

Après la défaite des socialistes grecs aux élections du 16 septembre, le PASOK se penche sur son diagnostic. Pour les Grecs, les élections anticipées (la décision fut prise en plein été) cachent mal un scandale, un de plus, touchant les amis de Caramanlis. Le total gauche a progressé, la majorité n'a qu'une courte tête, mais la muavaise nouvelle c'est l'entrée de l'extrême droite au Parlement. Papandréou a désormais un concurrent, soutenu par l'ancien premier ministre, Simitis, il s'appelle Evangelos Venizelos, un ancien ministre de la culture. L'homme, un colosse de 50 ans, est un juriste et un universitaire. Il a étudié à Paris II. D'ici le 11 novembre, on sera fixé.

Vers le Parti démocrate

La gauche italienne fait sa mue. Après avoir fait de l'antique PCI, un parti authetiquement social-démocrate, les démocrates de gauche vont se dissoudre et former le 14 octobre le Parti démocrate (PD). Une grande formation politique de centre gauche comme on dit là bas. Cela permettrait de renforcer la cohérence de la majorité de Prodi. Des anciens de la démocratie chrétienne, rassemblée aujourd'hui dans la Margherita, quelques écologistes, une majorité de gauche. L'entreprise est fortement contestée par un résidu de socialistes et de communistes issus d'une énième scission des anciens PSI et PCI.

D'ailleurs, la formation du PD pose un problème politique. Où sera le centre de gravité ? Si le PSE a d'ores et déjà modifié ses statuts pour anticiper l'adhésion du nouveau parti, certains dirigeants du PD ne veulent pas que les parlementaires européens soient membres du groupe PSE... On avait déjà vu cela avec l'Ulivo. Dans le but de clarifier le clivage droite gauche, il ne faudrait pas se louper.

S'inspirant de la démarche qui avait conduit à l'investiture de Prodi, le PD va associer les électeurs italiens à la construction de la direction. De l'échelon national aux antennes locales, les Italiens, moyennant un euro et l'adhésion à une charte, ils pourront élire la plupart des dirigeants du futur PD.

Que faire de l'Iran ?

Depuis bientôt trente ans, l'Iran fait l'actualité, presque toujours de la même manière. Sanctuaire d'un islam radical d'un genre particulier, le chiisme, foudre de guerre, financeur et instigateur de groupes et d'actions terroristes. Bref, l'ancienne Perse, foyer du manichéisme est, pour le coup, devenu le symbole du Mal, cela sans nuances alors qu'une fois de plus la vérité est moins tranchée.

Dans nos souvenirs, l'Iran c'est d'abord le pays du Shah. Paradis des fans des têtes couronnées avec les amours du monarque absolutiste égaré dans un monde où la démocratie libérale luttait contre le totalitarisme stalinien. Mais derrières les "unes" retouchées de Paris-Match affichant les malheurs de Soraya et de Farah Diba, la réalité du pays est plus rude. La Savak, la police politique, savate les opposants au régime qui sont pêle mêle les démocrates, les communistes et le clergé. Le régime totalitaire du Shah est soutenue par les Américains jusqu'à ce que celui-ci soit abandonné de tous. C'est dans ce soutien sans faille et le ralliement autant tardif que dérisoire à la cause de Khomeiny que se trouvent les racines de l'antiaméricanisme du peuple iranien.

Puis vint la révolution islamique. La révolution fut d'abord iranienne. Pendant quelques mois, dans une belle anarchie, la liberté est vraiment là. Mais la transition que Shapur Baktiar pouvait incarner échoue car l'organisation des religieux, quadrillant le pays incarne la vraie alternative. Après la corruption et la pauvreté engendrées par l'Occident, il faut un renouveau moral. C'est dire combien, alors que les Etats-Unis de Reagan s'engagent dans une révolution conservatrice, la révolution islamique est elle aussi, dans un genre plus tragique, une révolution conservatrice. Paradoxe... Les religieux prennent le pouvoir, instaurent une purge et la chape de plomb s'abat sur une société iranienne qui étaient une des plus cultivées de la région.

D'ailleurs, malgré le contrôle sévère des Pasdaran (Gardiens de la révolution), aucune révolution ne dure sans que la répression finisse par toucher les premiers acteurs et sans que malgré tout, la liberté s'obstine et que la créativité éclose. Ainsi, Kiarostami que le régime ne parvient pas à museler totalement...

Lire la suite "Que faire de l'Iran ?" »

L'hybris du petit homme

Autant, il est toujours risqué de faire des jeux de mots sur la taille du Président, autant la formule savante de Lionel Jospin sur Nicolas Sarkozy est juste, comme souvent. En ces temps où le grec disparaît des programmes scolaires, il ne reste plus que se ruer sur Wikipedia pour découvrir le sens de ce mot de la mythologie grecque... Et on en apprend des choses. Le vertige de la démesure, la méganique de cet orgueil qui bouffe l'intérieur et qui précède toujours une catastrophe.

Le sarkozysme c'est aussi cela. Le culte du "moi". L'obsession de l'omniprésence. Rien ne pire dans une démocratie quand rien, notamment du côté des médias, ne semble vouloir ou pouvoir y opposer une résistance salutaire. La saturation n'est pas loin. Les tics du personnage que ceux qui l'observent bien ont remarqué, démontrent une nervosité qui n'est pas la meilleure des alliées pour gouverner un pays comme la France.

On a parlé prononcé les mots d'absolutisme, de bonapartisme, de monarchisme même. Ce qui est sûr, c'est que cela pose un souci à terme a la démocratie simplement parce que tôt ou tard se posera la question de la liberté. Rien que cela. Car, la concentration de tout le pouvoir entre les mains d'un seul homme, le rôle du gouvernement réduit à celui de "collaborateurs", l'inféodation des médias tout cela conduit à un problème. Celui de la liberté, de la censure et des abus de pouvoirs. Car aucun dirigeant politique n'accepte de réduire de lui-même son propre pouvoir. De plus, tant que tout lui réussi, rien ne s'opposera à lui. Jusqu'à ce que...

L'affaire de bourrelets dans Paris-Match et celle de la fiction TV qui revient sur la prise d'otages dans une école de Neuilly prouvent qu'avec Sarkozy, en effet, "tout devient possible", pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

Alors qu'on salue Marcel Marceau dont le silence était une des conditions de son succès, il nous reste donc speedy Sarkozy...

Mais d'un autre côté, n'a-t-on pas aussi, les dirigeants que l'on mérite ?

"Bon élève, des capacités... Peut mieux faire"

La victoire des Bleus contre les Irlandais n'a qu'un mérite. Celui d'exister car le match ne fut pas du niveau qu'il faudra pour aller au-delà des quarts. On ne va pas chipoter, la France ne devait pas perdre et elle n'a pas perdu. Mais on va quand même rejoindre la cohorte des 62 millions de sélectionneurs - au passage moins fort en gueule quand il s'agit de rugby que de foot. Le match a montré quelques éléments pathogènes du XV de France qui risquent de nous coûter cher. D'abord, Chabal. Finalement, il n'a pas changé de look, malgré ce qu'il avait laissé croire hier. On a fait des louches sur le fait qu'il jouerait dès le début du match. Mais "The Cave Man" n'a pas brillé par sa puissance physique sur le terrain. Sa capacité de motivation a joué pleinement, mais pour le show, ce n'était pas la même chose que la semaine dernière. Une preuve supplémentaire, que l'homme peut être l'ombre de son image. Un enseignement à tirer pour ceux qui aiment jouer aux cow-boys et aux indiens en faisant de la politique.

Car les Irlandais ont bien joué eux aussi les mouches du coche avec ce jeu aérien pendant une bonne partie du match. Et puis quoi ! Quatre essais, ce que tout le monde voulait, ça a semblé la mer à boire alors que nous avons mis le Trefle en danger plusieurs fois. Tout cela sans concrétiser aussi souvent qu'on l'aurait souhaité.

Ce n'est pas si mal. On ne sait pas si, comme le dit Bernard Laporte, c'est la patience qui a payé, mais ce qui est vrai, c'est que les Bleus ont encore des efforts à faire pour ne pas faire de fautes qui, fasse aux machines de guerre que sont les Boks ou les Blacks, ne pardonneraient pas.

Il est vrai qu'on a un sentiment de "service minimum" c'est-à-dire que ce n'est pas la démonstration de force, de maîtrise et de fluidité dont on rêve. C'est aussi pour cela qu'on parle probablement de "french flair". Du bordel peut parfois emmerger le beau jeu.

Décidément Jean-Baptiste Elissalde est bien celui qu'on attendait. Vivement le 27 octobre prochain pour voir le face-à-face avec Pichot lors du match de reprise entre l'ASM et le Stade Français, mais ça, c'est une autre histoire...

L'après Strauss-Kahn... Déjà ?

Le grand oral a eu lieu ce jeudi à Washington et la presse annonce "DSK renonce à ses ambitions présidentielles". De quoi en rajouter dans le côté panier de crabes pour le seul courant du PS qui s'était mis à bosser consciencieusement ces dernières années sur le fond. Pour être pleinement directeur du FMI, on ne peut pas dire "je veux juste un CDD, parce que j'ai un truc de prévu après". Ensuite, la politique est pleine de surprise. Ce qui est sûr, c'est que la structure qu'il a lui même mis en place risque d'être contestée du coup et on risque de voir fleurir un bouillonnement du n'importe quoi alors qu'il y a du pain sur la planche, si on peut dire...

Il ne s'agit pas de dire que ça ne change rien, mais d'affirmer que ça ne change pas tout. La question du moment n'est pas de savoir qui sera candidat en 2012, ni même qui sera premier secrétaire en 2008, mais plutôt de se donner les moyens de mener à bien le travail de fond qui a été entamé sauf à penser que tout cela c'est de la flûte.

C'est difficile en effet de continuer à faire de la politique avec des gens qui n'y croient pas.

Le risque qui menace c'est la rocardisation : un magistère moral incontesté et un aventurisme tactique permanent. Avoir raison sur le fond tout en aidant les autres à faire de nous les dindons de la farce.

Comment prévenir ce risque ?

Veillée d'armes

Il ne fallait pas perdre devant l'Argentine, on ne pouvait que gagner face à la Namibie, devant l'Irlande, il faudra être au rendez-vous. On a pris un peu d'assurance, mais le XV va rencontrer une équipe qui a elle aussi été piquée au vif lors de ses derniers matches et qui a donc quelque chose à prouver. C'est la rencontre du french flair et du fighting spirit.

Tiens, Chabal a même rendu visite au barbier et au coiffeur pour l'occasion. De ce match dépend la qualification pour les quarts? Autant dire que l'enjeu est de taille. Au diable les lectures du courrier. Pas la peine de faire un aller retour à Valmy dans la journée pour se mettre en condition ou autres pitreries sarkozyennes...

Groupé pénétrant

"Quand on a le micro, on est majo". C'est ce qu'on apprenait à l'UNEF. Sarkozy n'y a pas été, mais manifestement, il fait pareil. Majo à l'assemblée, majo dans les sujets d'actu politique traités par les médias, majo en cote de popularité, il dispose de la meilleure conjoncture pour faire ce qu'il veut et passer en force avant qu'il ne soit trop tard - c'est-à-dire qu'une élection soit trop proche pour qu'on prenne des risques inconsidérés.

Ses discours sur la fonction publique et sur le social choquent ceux qui pensaient que l'homme se serait gauchi un peu en humant l'air de l'Elysée. Et pourquoi d'ailleurs ? Il sait que la gauche est dans une situation d'impuissance telle, que même la plus impopulaire des réformes ne le mettrait pas en danger. Certes, il arrivera un jour où il aura trop présumé de sa force, mais on n'y est pas encore.

Ainsi, sur les tests ADN hier comme sur l'abolition prochaine des 35 heures demain, on va y aller en force.

Dans une séquence de saturation médiatique, le temps de cerveau disponible pour le débat n'existe plus. Il faut y aller. De toutes façons, vous êtes d'accord sur le constat et il n'y a pas d'autres solutions possibles. Pourquoi ne ferait-on pas comme dans tous les autres pays ? Voilà les ficelles de la rhétorique.

Donc, il fonce seul dans la mêlée avec un gouvernement fantoche à la tête duquel, le premier ministre semble avoir autant de pouvoir qu'un président de la IVe république ! Non, c'est pour rire... Mais on n'en est pas loin quand on nous explique que cet homme dont les pouvoirs sont définis par la Constitution, devra "trouver lui-même son style et ses marques".

Le souci est que l'Histoire a montré que le bonapartisme précède toujours une crise majeure...

"meurones asynchrones"

"Racisme"

Si le Mrap s'ennuyait, il pourrait s'émouvoir de la banalisation du "racisme" par Ségolène Royal pour qualifier les coups de griffe qu'elle a reçu de la part de Lionel Jospin. C'est fou, cette manie de se prendre pour l'improbable fruit d'un accouplement entre Jésus à Jeanne d'Arc. C'est finalement qu'on n'avait pas tort de lui prêter quelque problème d'identification avec les icônes du papisme. Autant l'attaque fut dure, autant la réponse fut mystique...

Journées parlementaires

A quoi servent les journées parlementaires ? On se le demande. Il n'y a plus la mise en scène qui faisait que durant deux ou trois jours, on marquait le coup en faisant les choses en grand. Là, c'est l'économie maximum - quand on sait ce qu'un groupe parlementaire peut dépenser... Du coup, l'opposition en sa rentrée, cela fait plus que "cheap". Mais il n'y a pas qu'elle, l'UMP, cette année, n'en a même pas. Il faut dire que la majorité parlementaire n'est déjà pas grand chose à côté du gouvernement alors quand en plus ledit gouvernement n'existe pas lui-même...
Mauvais point à ceux qui pensent qu'il faut toujours se placer sous la coupe des médias. Prendre des journalistes comme modérateurs de débats et se payer les services d'un caricaturiste qui est sensé amuser la salle de ses coups de pinceaux... Le mélange des genres fait rarement du bien à la politique.

Affluence maigre par ailleurs. Difficile d'avoir l'autorité minimale pour faire en sorte que nos parlementaires prennent cette journée au sérieux alors qu'il était possible de faire une démonstration de force puisque c'est bien dans les hémicycles que se trouvent les premières lignes du combat contre la droite. Quand on s'accomode trop de son statut, ça finit toujours par se voir. Seul point positif, le groupe a fait ce que le PS a toujours refusé de faire : organiser un débat avec Pascal Lamy, mais on y reviendra.

ADN...

Les déjeuners avec les copains gascons ont toujours du bon. Des fois, on se retrouver à côté d'anciens ministres UMP et on peut donc les entendre. Ainsi, un ancien ministre l'agriculture expliquait hier à sa voisine tout le mal qu'il pensait de cette affaire de tests génétiques. Il associait cela à un retour au droit du sang.
Arnaud Montebourg a excellement bien défendu la position du PS sur le sujet en expliquant que dans un pays comme la France avec le passé que nous avons, notamment sur la "sombre et difficile" période de Vichy, (où la France avait décidé sans injonction de l'Allemagne nazie l'étoile jaune) c'était quand même difficile d'oser penser la chose possible. Et en effet, que diraient les gens mariés à des "étrangers" ? Quand on ne sait pas faire la différence à l'œil entre un antillais et un nord-africain ou un noir africain, comment on fait ? Et puis ces affaires de fichage, on sait comment ça comment, on ne sait jamais comment ça finit, surtout quand, un jour un petit apprenti sorcier commence à invoquer des impératifs de "sécurité nationale"...

Comme disait un homme politique que Montebourg a raison d'admirer :" gouverner c'est prévoir"...

L'affaire du Chlordécone : de la responsabilité politique

D'une ampleur comparable à l'affaire du sang contaminé, le scandale du chlordécone a aussi des ramifications politiques car il y a bien un moment où, en connaissance de cause, une décision a été prise quelque part dans un ministère ou une quelconque administration pour autoriser ou fermer les yeux sur l'importation et l'utilisation en toute impunité et en toute opacité de ce poison. Il y a bien un moment, certain savaient les conséquences de l'usage de ce pesticide sur la santé publique et où quelqu'un a caché l'information ou s'est arrangé pour que ce qui gène soit étouffé.

Plusieurs ministres sont montés au créneau pour ne pas donner le sentiment d'indifférence qui a donné depuis que la chose est connue aux Antilles, c'est-à-dire depuis au moins trois ans. A l'époque "on savait". Le chlordécone a été interdit depuis les années 70 aux Etats-Unis, mais autorisé en France jusque sous le gouvernement Rocard. Manifestement après 1993 - on a continué en connaissance de cause.

Il faut attendre 1999 pour voir les premières mesures scientifiques de l'eau et des sols réalisées. Déjà en 2005, les pouvoirs publics n'avaient pas réagi aux premières alertes des associations environnementalistes.

La sortie du Rapport Belpomme permet enfin de porter l'affaire devant l'opinion publique, mais on voit que le gouvernement et la présidence de l'Assemblée nationale chercher à relativiser la portée et les conclusions de ce rapport. Pourtant, quand on sait combien le calendrier parlementaire est chargé, quand on sait combien la marge de manœuvre du Parlement est réduite, y compris pour la maîtrise de son propre ordre du jour, on se dit qu'il faudra attendre encore... En attendant, la vie continue, les cancers et autres contaminations aussi.
Tout serait beaucoup plus simple si les pesticides étaient biodégradables ! Mais ce n'est pas le cas. Leur toxicité est élevée.

Entre des producteurs peu consciencieux de la protection de l'environnement et des dirigeants politiques soumis à toutes les pressions, ce sont encore les consommateurs, qui entre deux bouchées sont des individus, qui trinquent. Peut-être qu'avec les franchises médicales de Sarko, on trouvera une solution pour les guérir... Mais ça, c'est une autre histoire !

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Européennes 2009 : c'est notre affaire !

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