Ca commence. On entend parler de "vote utile" et on se doute de la personne à qui ça bénéficie. Le vote utile c'est celui qui n'est ni le vote blanc, ni l'abstention. Et cela seulement. Le vote utile, c'est celui qui fait qu'on choisit entre les trois candidats. Il faut choisir entre le conservatisme et la rénovation, entre une gauche à la hauteur de l'enjeu de la mondialisation et le "socialisme de l'intention", entre une politique de défiance à l'égard des élus et des partis d'un côté et une politique qui vise à renforcer la démocratie en assumant la fonction du politique.
On peut s'amuser de la contradiction qui existe chez Fabius que me faisait remarquer un ami : il fustige le brouillage entre la gauche et la droite et la "pipolisation de la politique", pour autant, il fait dans l'effet d'annonce en proposant à Nicolas Hulot d'être son "numéro 2". C'est très proche de la stratégie royaliste qui consiste à balancer des formules comme autant de slogans publicitaires pour une campagne qui ne valorise pas un projet mais un produit, pas une personne mais une icône.
Ce qu'on peut d'ores et déjà déceler c'est que si Royal gagne, le parti ne sera plus jamais le même. C'est une question sérieuse et importante. Ca vaut la peine de s'y pencher un jour.
De même qu'on doit s'interroger sur la dictature des sondages faits sur des sympathisants dont le profil, de l'aveu même des sondeurs, ne correspond pas à la réalité des électeurs socialistes.
Dans un autre ordre d'idée, l'irruption de Chevènement dans la campagne - le 36e homme, dénote que quelque chose s'est produit dans la campagne socialiste. Quoi ? Les conjectures sont ouvertes... L'homme fort de Belfort était prêt à se ranger derrière Fabius. Il va visiblement affronter de nouveau ses anciens camarades. Il partagera avec Le Pen, l'embarrassante qualité de doyen de la campagne présidentielle.
Face à tant de candidats de l'ordre, des valeurs et de la morale, il en faut un du mouvement et de la préférence sociale, c'est Strauss-Kahn.

Moi je prône "le vote inutile", à savoir le vote pour se faire plaisir : celui de DSK, pour ce qui me concerne !
Cela dit, ne croyez pas un mot de ce que dit Chevénement, qui n'a pas une seule des 500 signatures nécessaires à sa candidature.. A moins que..... A qui profite le crime ?
Rédigé par: Clara | 07 novembre 2006 à 18:48
mais clara (bonjour au passage), DSK c'est un vote utile à la gauche et non pas seulement à l'appareil socialiste rassemblé derrière une candidate !
Rédigé par: Julien | 08 novembre 2006 à 15:24
Le vote utile, tu l'as bien pratiqué lors des deux derniers congrès du PS.
Autre temps, autres moeurs, maintenant tu le villipendes.
Comme aurait dit le regretté Pierre Desproges.
Etonnant non ?
Rédigé par: valério vidilles | 09 novembre 2006 à 13:03
Ca n'a rien à voir. Lors des deux derniers congrès, mon courant avait choisi de participer à la majorité. Du moment qu'on pouvait y faire passer pas mal de nos idées, il fallait soutenir politiquement ce choix sur la durée. Là, il s'agit de trois orientations avec trois candidats qui ne sont pas interchangeables. S'il y a une contradiction, c'est entre l'idée que le vote n'a pas d'influence sur l'issue et le fait qu'en votant, on choisit...
Rédigé par: Pierre Kanuty | 09 novembre 2006 à 16:24